JOSPIN DEGAINE CONTRE ROYAL

Jospin, souvenez-vous, c'était le chantre de la "gauche plurielle", cette coalition de fortune liée par l'assiette au beurre que constitue une participation au gouvernement. Le premier ministre n'a jamais tari d'éloges sur cette formule quasi magique, jusqu'à son élimination au premier tour de la présidentielle de 2002. Car, contrairement au bourrage de crânes régnant en ce dimanche noir, ce fiasco n'était pas dû au Front national, mais à la dispersion des voix de la gauche plurielle: Le Pen avait fait le plein de ses voix, et Jospin le vide. Et c'est cet imbécile qui se permet de flinguer Royal, parce qu'elle a atteint le 2 tour, ce qu'il n'a même pas été capable de réussir.

Jospin monte une gauche plurielle qui ne faisait plus "l'union" autour de François Mitterrand sous "bénéfice d'inventaire" que l'on attend toujours, mais qui serait "plurielle" autour du modeste qui ne ment jamais, comme son engagement le soir du 21 avril de quitter la politique!

Un rappel des faits: à la présidentielle de 2002, la gauche plurielle sans compter la gauche qui vomit la social-démocratie qu'elle qualifie de social-traîtres (en jaune), c'était 4 candidats (en rouge), tous concurrents au "petit père de la gauche plurielle". Lionel Jospin a été victime, d'abord de lui-même, et si vous en doutez, faites la somme des 5 rouges! Il aurait dû être le premier, il n'a été que le premier des viennent ensuite. Les chiffres qui tuent: Jospin, 4'610'113 et Royal, 9'501'295! Qu'il rentre à l'île de Ré, refuge de la gauche caviar!

La présidentielle de 2002, l'enterrement de première classe de la "gauche plurielle". RIP!

 premier tour 21 avril 2002
voix
% des inscrits
% des exprimés
voix 2007
% des exprimés 2007

Jacques Chirac

5 665 855
13,75

19,88

11.450.302
31.18 Sarkozy
Jean-Marie Le Pen
4 804 713
11,66
16,86
3.835.029
10.44
Lionel Jospin
4 610 113
11,19
16,18
9.501.295
25.87 Royal
François Bayrou
1 949 170
04,73
06,84
6.820.914
18.57
Arlette Laguiller
1 630 045
03,96
05,72
488.119
1.33
Jean-Pierre Chevènement
1 518 528
03,69
05,33
-
-
Noël Mamère
1 495 724
03,63
05,25
576.758
1.57 Voynet
Olivier Besancenot
1 210 562
02,94
04,25
1.498.835
4.08
Jean Saint-Josse
1 204 689
02,92
04,23
-
-
Alain Madelin
1 113 484
02,70
03,91
-
-
Robert Hue
960 480
02,33
03,37
707.327
1.93 Buffet
Bruno Mégret
667 026
01,62
02,34
-
-
Christiane Taubira
660 447
01,60
02,32
-
-
Corinne Lepage
535 837
01,30
01,88
-
-
Christine Boutin
339 112
00,82
01,19
-
-
Daniel Gluckstein
132 686
00,32
00,47
-
-

Le quatrième de couverture de "Jospin & Cie: Histoire de la gauche plurielle, 1993-2002"

1993, le PS est en déroute. Lionel Jospin est seul, ignoré. Il annonce une traversée du désert, mais dans le secret, il travaille. Il veut revenir. Des Verts aux communistes, il consulte, rencontre, négocie et élargit son tour de table à toute la gauche. La dissolution de 1997 le met au pied du mur. Et le sauve : pas le temps de s'épuiser en accords programmatiques. La gauche plurielle naît en juin de la même année. De l'intérieur, Jospin & Cie raconte la genèse, la fortune et les vicissitudes de ce drôle d'attelage.

(suite) Le pacte secret avec Robert Hue (*), couché sur deux feuilles de fax. La rencontre avec Dominique Voynet qui - horreur - n'a pas lu ses livres. La tentative - avortée - de Jean-Pierre Chevènement, juste avant sa démission, de rallier Jacques Chirac à sa vision de la Corse et de la République... Après cinq années de pouvoir et à l'approche de l'élection présidentielle, Lionel Jospin savoure une victoire symbolique : sa gauche plurielle a duré plus longtemps que l'Union de la gauche de François Mitterrand. Mais la machine à gagner des voix donne des signes de faiblesse; en cas de victoire ou même de défaite aux élections présidentielle et législatives, les statuts de la compagnie auront besoin d'être modifiés. Cécile Amar, journaliste politique à BFM. Ariane Chemin, journaliste politique au Monde.

(*) Attaqué sur le fait qu'un trotskiste, Jospin, collabore avec un stalien comme le nain de jardin (Hue), il avait déclaré que c'était très bien. Pour le pouvoir, certains sont prêts aux pires villénies.

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