"Chirac a cédé" dans l'affaire Mahathir, selon le Maariv
Le site en anglais de Maariv étant fermé, les faits sont rapporté par le Courrier International
Pour avoir un rapport plus complet, l'article des DNA
Antisémitisme : haro sur Chirac en Israël

JERUSALEM, 20 oct (AFP) -

Le quotidien israélien Maariv, qui avait accusé dimanche le président français Jacques Chirac d'antisémitisme, a estimé lundi que celui-ci avait "cédé" en envoyant une lettre au Premier ministre malaisien Mahathir Mohamad condamnant ses propos jugés antisémites.

"Chirac a cédé, il a condamné le discours antisémite de Mahathir en affirmant que ces propos inspiraient le dégoût", a affirmé le quotidien dans un encadré en "une", tout en soulignant qu'Israël était "satisfait".

La semaine dernière, lors de la conférence de l'Organisation de la conférence islamique (OCI) à Kuala Lumpur, M. Mahathir avait déclaré que "les Européens ont tué six millions de juifs sur douze. Mais aujourd'hui, les juifs dirigent le monde par procuration".

Dans un commentaire intitulé "La charge de la preuve appartient à Chirac", le quotidien affirme que "le mélange détonant entre un président français et des propos ambigus liés aux juifs ne constitue pas un phénomène nouveau".

Le quotidien rappelle les remous provoqués par les déclarations du président français Charles de Gaulle, qui avait affirmé en 1967 que les juifs constituaient un "peuple d'élite, sûr de lui et dominateur".

Même ceux qui peuvent considérer l'article du Maariv publié dimanche comme dur, intransigeant et peut-être exagéré ne peuvent nier le fait que dimanche soir, après une journée de tumultes médiatiques et de manoeuvres en coulisses, Chirac est revenu sur ses positions", affirme le journal.

Le message envoyé par Chirac à Mahathir vaut mille démentis. Quelqu'un au palais de l'Elysée a compris que l'affaire ne pouvait pas être glissée sous le tapis rouge (...)", ajoute le journal.

Le quotidien rappelle toutefois que M. Chirac, contrairement à son prédécesseur socialiste François Mitterrand, avait reconnu la responsabilité de la France dans la collaboration du régime de Vichy avec l'Allemagne nazie. Il avait également été le premier président français à reconnaître la participation de son pays à la déportation de juifs par les nazis durant la Seconde guerre mondiale.

Désormais, de nouveau, la charge de la preuve lui appartient : prouvez-nous, Monsieur le Président, que vous n'êtes pas ce que beaucoup de gens en Israël pensent que vous êtes", conclut le Maariv.

Un porte-parole du ministère israélien des Affaires étrangères s'était félicité dimanche soir de la lettre envoyée par M. Chirac à M. Mahathir.

Nous voyons dans cette lettre un rappel de la position bien connue de Chirac contre toute forme d'antisémitisme", a souligné Jonathan Peled. "De notre point de vue, l'incident est clos", a ajouté ce porte-parole.

Selon lui, il est possible qu'il y ait eu un malentendu à propos de commentaires prêtés à M. Chirac lors du sommet européen de Bruxelles.

Dans sa lettre à M. Mahathir, M. Chirac a souligné que les propos jugés antisémites de ce dernier "ne peuvent qu'être condamnés par tous ceux qui gardent la mémoire de l'Holocauste".

La polémique sur cette affaire avait été lancée par Maariv qui avait affirmé dimanche en "une" que M. Chirac avait bloqué une condamnation par l'Union européenne (UE) des propos de M. Mahathir.

La "une" du Maariv portait une photo de M. Chirac flanquée du titre "Le visage de l'antisémitisme de la France".

L'accusation avait été reprise par le ministre israélien des Affaires étrangères Sylvan Shalom qui avait estimé que c'était "une honte qu'un pays comme la France (...) fasse preuve de la moindre compréhension ou acceptation des remarques antisémites du Mahathir Mohamad".

Les porte-parole de l'Elysée et du Haut représentant de l'UE pour la politique étrangère avaient catégoriquement démenti ces accusations.

M. Mahathir a malgré tout remercié M. Chirac de l'avoir "compris", dans une interview publiée par la presse malaisienne.

DNA, les Dernières Nouvelles d'Alsace
http://www.dna.fr/dna/jour/internat/rdmonde/1770_0.html

Le quotidien israélien Maariv a publié hier en “ une ” une photo de Jacques Chirac, à côté du titre “ le visage de l'antisémitisme de la France ”, affirmant que le président français avait bloqué une résolution de l'UE condamnant des propos antisémites du Premier ministre malaisien Mahathir Mohamad. Le ministre israélien des Affaires étrangères Sylvan Shalom a renchéri en qualifiant l'attitude de Jacques Chirac de “ honte ”. M. Mahathir avait notamment accusé jeudi les juifs de “ diriger le monde ”. Ces propos avaient déclenché un tollé dans le monde et au nom des dirigeants de l'Union européenne -dont Jacques Chirac- réunis pour un conseil à Bruxelles, la présidence italienne de l'UE les avait fermement condamnés. L'UE a expliqué hier que les accusations israéliennes étaient “ totalement infondées ”. “ Tous les chefs d'Etat et de gouvernement étaient d'accord pour condamner ” ces propos, mais il avait été décidé que cette condamnation ferait l'objet d'une “ déclaration séparée car les conclusions d'un conseil européen ne se prêtent pas à ce genre de réaction sur des déclarations ”, a expliqué la porte-parole de l'UE. Pour clore le débat Jacques Chirac a d'ailleurs adressé hier une lettre personnelle à Mahathir Mohamad dans laquelle il lui écrit que ses propos ne “ peuvent qu'être condamnés par tous ceux qui gardent la mémoire de l'Holocauste ”.

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