Quelle efficacité? Sur des centaines de casseurs, 33 interpellées relâchées. Combien de casseurs et de voleurs vont-ils passer en justice?


33 interpellées G8 relâchées

Les trente-trois personnes interpellées au cours du G8 ont toutes été relâchées (11/06/2003)

Tribune de Genève, Fidele Mendicino, 12 juin 2003

Les personnes interpellées durant les incidents en marge du G8 sont libres. Au total, trente-trois individus majeurs ont été déférés aux juges qui n’ont finalement prononcé que des peines assorties du sursis.

"Les personnes que j’ai inculpées d’émeute n’étaient pas des leaders", précise d’emblée le juge d’instruction Leonardo Malfanti en se défendant d’avoir fait preuve de clémence. A ses yeux, on ne peut priver de liberté quelqu’un sans que les faits qui lui sont imputés soient d’une certaine gravité. "En général, j’ai eu affaire à des profiteurs. Ils suivaient les casseurs de vitrines pour affronter la police ou pour commettre des vols." La plus lourde peine qu’a eue à prononcer le juge - six mois de prison avec sursis - concerne l’un de ces pillards de magasins. Le magistrat, qui n’a infligé aucune amende, n’a pas voulu donner davantage de détails sur les affaires traitées et sur les condamnations.

Emeute, dommage à la propriété, vols, opposition aux forces de l’ordre... le juge Yves Aeschlimann a également dû traiter la moitié de ces dossiers: "Les sanctions qui ont été prononcées correspondent aux fautes qui ont été commises." Le magistrat a ainsi infligé une peine de trente jours de prison avec sursis à une personne ayant lancé des objets sur des policiers.

Ce type de procédure, menée par trois juges d’instruction, porte le nom d’ordonnance de condamnation. Elle permet au magistrat de rendre lui-même des jugements pour éviter une surcharge de travail des tribunaux. "C’est souvent le cas lorsque les faits sont clairement établis ou lorsqu’ils sont reconnus par la personne. Cette procédure, prévoyant un recours auprès du tribunal de police, s’applique lorsque la peine envisagée n’excède pas six mois. Au-delà, on peut communiquer l’affaire au Ministère public, par exemple, lorsqu’on apprend que l’individu interpellé est sous le coup d’un sursis ou alors quand la condamnation excédera clairement les six mois."

Les juges d’instruction soulignent cependant que l’enquête policière n’est pas terminée. Ils n’excluent pas qu’un jour les vrais responsables des déprédations soient arrêtés en particulier les casseurs ayant agi dans les Rues-Basses le 31 mai dernier. "Les affaires que nous avons traitées ne sont que la partie visible de l’iceberg, poursuit le juge Aeschlimann. Elles ne concernent pas les épisodes du samedi soir. Le Parquet continue à piloter les enquêtes en cours."

L’analyse des films tournés par la police pendant les troubles permettra peut-être d’identifier certains émeutiers. Un travail qui promet d’être difficile. "Les meneurs se sont montrés très mobiles et habiles à changer rapidement d’apparence une fois perpétrés leurs forfaits", conclut le juge Malfanti.

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