Jai effectivement reconnu mêtre trouvé à cet endroit au moment ou il y avait une émeute et jai bien crié des slogans, affirme Tomaso. Mais je ne vois pas pourquoi on maccuse dincitation à émeute. Gustavo Kuhn rapporte cette déclaration de ce militant dAttac Neuchâtel, qui, comme les autres, clament être un gentil mouton, ayant seulement bêlés des slogans! Encore un dégonflé!
Quant à Me Dolivo, il affirme que le but de cette affaire est de criminaliser lensemble du mouvement altermondialiste. Encore une indignation qui montre que, dans ce mouvement, tous sont solidaires des casseurs puisqu'ils nient leur présence dans ce même mouvement, dont les composantes diverses (trotskistes, staliniens, anarchistes, etc
) d'habitude se combattent.
Le militant dAttac Neuchâtel est inculpé
Il reconnaît sêtre trouvé sur les lieux mais nie avoir commis des actes de violence.
Tribune de Genève, Gustavo Kuhn, Jeudi 31 juillet 2003 12h50

Photo: Laurent Guiraud
Tomaso a été libéré, hier, après son entrevue avec le juge dinstruction. "Jai effectivement reconnu mêtre trouvé à cet endroit au moment ou il y avait une émeute et jai bien crié des slogans, affirme Tomaso. Mais je ne vois pas pourquoi on maccuse dincitation à émeute." Le jeune Neuchâtelois réitère également navoir commis lui-même aucuns actes de violence.
"Le délit démeute est un délit collectif, explique son avocat, Me Dolivo. On peut en être inculpé sans pour autant avoir soi-même agit violemment." Larticle 260 du code pénal est dailleurs explicite: "Celui qui aura pris part à un attroupement formé en public et au cours duquel des violences ont été commises collectivement contre des personnes ou des propriétés sera puni de lemprisonnement ou de lamende."
"Mon client, comme la plupart des gens qui ont manifesté contre le G8, navait pas conscience que se trouver sur les lieux dun affrontement, même sil ny participait pas directement, était pénalement répréhensible", poursuit Me Dolivo.
Dans un communiqué de presse, la police affirmait, mardi, que Tomaso avait avoué après avoir été "confronté à un film amateur où il apparaît en action", mais sans préciser la nature de ses actions. "On le voit aller et venir sur les lieux dun affrontement et on le voit crier, raconte Me Dolivo qui a pu visionner les images. Mais à aucun moment il napparaît quil commet des actes de violence." A sa connaissance, cette vidéo est la seule preuve contre le jeune Neuchâtelois.
Lavocat de Tomaso affirme également que linculpation de son client ne remet pas en cause les critiques quils ont formulés, lundi, contre le fait que la police genevoise ait publié sa photo sur linternet en le présentant comme un "casseur avéré" et un "criminel". "Ces méthodes violent le principe de la présomption dinnocence, assène-t-il. Mon client na été reconnu coupable daucun délit."
Pour Me Dolivo, le but de cette affaire est de criminaliser lensemble du mouvement altermondialiste. Des représentants de diverses organisations altermondialiste, syndicales et politiques ont, eux aussi, exprimé cette opinion. Ils ont vivement critiqué le fait que dans son communiqué, la police présentait le fait que Tomaso ait participé de lorganisation des manifestations anti-G8 comme "un élément à charge".
Les députés jugent diversement lenquête sur les casseurs du G8
A une exception près, les partis dénoncent la violation de la présomption dinnocence.
CHRISTIANE PASTEUR
Le représentant de lUDC mis à part, les députés interrogés, tous partis confondus, dénoncent les termes utilisés par la police sur son site internet, à savoir "casseurs avérés" et "criminels" (ce dernier terme ayant été retiré), faisant fi de la présomption dinnocence. Sur les méthodes de la police, la délation, lévolution de lenquête ou le rôle de Micheline Spoerri, conseillère dEtat en charge du Département de justice, police et sécurité (DJPS), les opinions divergent. Tour dhorizon.
Michel Halpérin (libéral) sétait montré, il y a un an, le plus farouche opposant à la délation. Dans une motion, acceptée à la majorité, il dénonçait le "caractère intolérable de telles pratiques qui portent atteinte à la personnalité des individus dénoncés, les ravages considérables provoqués au cours de lhistoire par le comportement des délateurs masqués". Aujourdhui, il justifie la méthode de la police. "Ma motion concernait les procédures administratives et non pénales, comme cest le cas pour une infraction contre le patrimoine ou un viol."
Thomas Büchi (radical) ne réprouve pas la méthode: "Ce qui sest passé est grave, il faut bien identifier les coupables et les punir. Dans le cas contraire, ce ne serait pas correct vis-à-vis de ceux qui ont été lésés et créerait un grave précédent. Cependant, le Grand Conseil a voté contre la délation anonyme, contre son principe. Même dans les affaires pénales, je réprouve ce moyen."
Député de lUDC, Jacques Pagan est satisfait. "Cest une excellente initiative. Létat de nécessité fait loi. Il est important que la population sache que la police ne néglige aucune piste." Sur la présomption dinnocence, lavocat se montre peu sourcilleux: "La police est peut-être allée un peu vite en besogne, mais elle travaille dans lurgence. Ce sont les risques du métier." Quant aux personnes qui nauraient rien à se reprocher, elles pourront toujours se plaindre ensuite.
Patrick Schmied (PDC) sinterroge: "Si la police en est là, cest quelle na pas trouvé grand-chose. Or, après la fameuse nuit du 31 mai, elle nous disait: ne vous en faites pas, tous ces gens-là ont été repérés, photographiés, on les aura. Ces casseurs, on les a vus, ce nétaient pas des enfants de chur, ni les jeunes collégiens qui se sont laissé entraîner après coup." Aujourdhui, il attend beaucoup de la commission denquête parlementaire: "Quon nous explique pourquoi les Vaudois ont beaucoup mieux réussi. Et si quelquun a lu les résultats et recommandations de lenquête ayant suivi mai 98."
Selon Pierre Vanek (Solidarités), "il sagit dune mise en scène à but de propagande, créant un climat de délation qui lui-même sinscrit dans un processus sécuritaire". Par ailleurs, le député ne sexplique pas que Tomaso ait été recherché sur le site internet de la police alors que son témoignage avec photos et nom de famille avaient fait lobjet dun article dans LExpress. "Soit cest de lincompétence, soit il sagit de mesures de rétorsion, mais dans tous les cas, ce nest pas professionnel", argumente-t-il. Et de sétonner, toujours sur ce cas, de la réaction de la cheffe du DJPS: "Même dun point de vue formel, bourgeois, cest choquant. Elle na pas de commentaire à faire, encore moins à se féliciter."
"Le site internet nest que le résultat de la frustration de la police et de la population", déclare Christian Brunier (socialiste). "Limpunité des casseurs pose problème dans une Genève traumatisée. On ne jette pas pour autant en pâture des gens dont on nest même pas sûr quils aient cassé." Le député ne comprend toujours pas lattitude de la police: "Quand elle a eu la possibilité dintervenir, elle ne la pas fait. Si bien que même un professeur de lUniversité de Lausanne va jusquà se demander à qui profite ce laxisme." Et de se montrer inquiet: "La police nest plus gouvernée, elle a carte blanche et intervient de façon totalement disproportionnée."
"Les gens qui ont commis des délits doivent être poursuivis", affirme demblée Ueli Leuenberger, député des Verts. "Mais il y a une proportionnalité à respecter. La méthode utilisée sapparente à une chasse aux sorcières dont le résultat est de criminaliser le mouvement altermondialiste comme pour se rattraper des erreurs commises autour du G8, que ce soit du côté des autorités ou de la police."