“Les Vandales anti-OMC ou G8” ( Entreprise romande no 2753 18 avril 2003) Contrairement aux affirmations des mouvements de gauche, les manifestations qui dérapent se sont multipliées sinon banalisées. Zurich en 2001 et Berne en 2003 ont été mis à sac dans la foulée de manifestations anti-Davos. Projetant sur la police leurs fantasmes, se croyant dans des états fascistes, la croissance de la violence et du vandalisme provient uniquement de certains groupes et individus. A ces gens de gauche, on leur souhaite d'être une fois confronté aux troupes spéciales du NKVD-KGB et de se retrouver dans la Loubianka à Moscou: cela leur ouvrirait les yeux pour autant que cela soit encore possible. A noter que ces idéalistes n'ont jamais manifesté un soutien quand les ouvriers de régimes communistes étaient massacrés. Cet article rappelle les violences des manifestations anti-OMC de 1998.


Les Vandales anti-OMC ou G8

Après les manifestations anti-OMC de 1998, les assureurs avaient décidé de rembourser les dégâts même lorsque les commerçants n'étaient pas assurés. Depuis, certains ont renoncé à ce genre de gestes. Dégâts dus aux manifestations: certaines assurances ont durci leur pratique

Entreprise romande no 2753 18 avril 2003

Mai 1998. Dans la foulée des manifestations contre l'OMC, des casseurs saccagent des dizaines de magasins genevois. Or, la plupart des commerçants ne sont pas couverts pour ce genre d'événements: une clause des contrats d'assurance chose précise que les assureurs ne sont pas tenus de rembourser les dégâts causés par des “troubles intérieurs”. Pour y avoir droit, le commerçant doit avoir conclu une couverture spécifique (lire ci-contre).

L'événement ayant pris de court tant les commerçants que les assureurs, ceux-ci décident de faire un geste. Conformément à une recommandation (facultative) de l'Association suisse d'assurances, ils acceptent alors de rembourser les dégâts matériels - même aux commerçants qui ne disposent pas d'une couverture spécifique. Mais ils précisent bien qu'il s'agit d'un geste de bonne volonté, qui ne les lie en rien pour des événements ultérieurs.

Depuis lors, les manifestations qui dérapent se sont multipliées sinon banalisées. Zurich en 2001 et Berne en 2003 ont été mis à sac dans la foulée de manifestations anti-Davos. Et l'on redoute un scénario similaire lors des manifestations anti-G8 au mois de juin.

Au cas par cas

Devant cette évolution, les assureurs ont adopté des réponses différentes. La Winterthur et la Zurich ont décidé de rembourser les dégâts des manifestations anti-Davos de Zurich en 2001 et Berne en 2003, toujours par bonne. volonté, sans s'estimer liées. Elles expliquent que leurs décisions sont prises au cas par cas. “A Berne, les dégâts ont été évalués autour du demi-million”, explique Francis Rausis, responsable produits à la Winterthur. “S'ils avaient atteint 50 millions de francs, le problème se serait posé de manière différente.”

Lorsque nous les avons approchées, aucune des deux compagnies n'avait arrêté sa position au sujet d'éventuels dégâts lors des manifestations prévues contre le G8. Mais la réflexion suit son cours et des contacts entre assureurs ont lieu à ce sujet.

La Bâloise, en revanche, a décidé en 2002 de ne plus rembourser ce type de dégâts lorsque les assurés n'étaient pas couverts (après, affirme-t-elle, avoir conseillé aux assurés concernés de contracter une couverture spécifique pour ce genre de risques). Mais les nouveaux contrats de l'assurance chose incluent systématiquement le bris de glace dû à des troubles intérieurs dans la couverture de base de l'assurance bris de glace, ajoute Martina Hilker, porte-parole de la compagnie.

Produit multirisques

La Mobilière a également décidé de ne plus rembourser les dégâts dus à des troubles civils, si le commerçant n'est pas au bénéfice d'une couverture adéquate. Nous nous sommes dit que cela était injuste par rapport à ceux qui avaient contracté une couverture spécifique: ils paient davantage et ne sont pas mieux couverts”, explique Gaspare Nadig, chef de département du service sinistre. En revanche, cette compagnie propose un produit multirisques assez répandu qui inclut automatiquement ce risque.

L'Association suisse d'assurances, elle, a déjà décidé de n'émettre aucune recommandation en vue du G8. Les compagnies elles-mêmes attirent en effet l'attention des assurés sur la possibilité d'acquérir des couvertures spécifiques, explique-t-elle.


Pierre Comion

A Genève, certaines blessures de mai 98 sont encore ouvertes

Lorsqu’on lui parle des manifestations anti-OMC en mai 1998, Alain Gross n’a pas de mots assez durs. Pour les casseurs, qui ont saccagé et pillé son magasin de Hi-Fi, place Isaac-Mercier. Pour les journalistes, “ tous pareils ”, qui “ cachent toujours la vérité ”. Et contre les autorités, qui, selon lui, ont laissé faire les casseurs, empêché les sociétés de sécurité privée d’accéder aux lieux et n’ont pas eu le moindre geste pour les commerces lésés (le Conseil d’Etat s’était défendu à l’époque en expliquant que l’attitude retenue de la police avait permis d’éviter l’escalade de la violence.
Auditionné par une commission du Grand Conseil, il en garde le sentiment d’une mascarade.

Quelles couvertures?

En cas de dommages dus à des manifestations, deux assurances peuvent être concernées: celle du propriétaire de l'immeuble, pour les dégâts qui y sont liés (vitrines, portes, etc.) et celle du magasin, pour les dégâts causés à l'intérieur. Le secteur étant décartellisé, les conditions de couverture et les produits varient d'une assurance à l'autre. .L'assurance chose de base ne comprend en généraI pas de couverture contre les dégâts dus aux troubles intérieurs (dans ses nouveaux contrats pour l'assurance de base, la Bâloise inclut cependant le bris de glace dus à des troubles intérieurs, mais pas les autres dégâts). .Pour se couvrir, l'assuré doit contracter une couverture étendue. Leur coût semble très variable d'une compagnie à l'autre. .Plutôt que de contracter une multitude d'assurances différentes, de plus en plus d'entreprises ont recours à des produits multirisques, notamment dans le commerce de détail. Certains comprennent automatiquement la couverture des dégâts dus aux troubles intérieurs, d'autres peuvent comprendre un module facultatif pour ce type de risques. Il ne s'agit là que de grandes lignes: le détail de la couverture et des conditions peuvent varier d'une compagnie à l'autre. Bref; comme toujours en matière d'assurance, il est conseillé d'examiner très attentivement son contrat et d'en discuter le cas échéant avec son assureur.

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