L'affaire Jaquier: une riposte de la Franc-Maçonnerie à l'initiative du colonel Fonjallaz?
A la page 111, Claude Cantini décrit Marcel Jaquier: né à Lausanne en 1905, est manoeuvre journalier et habite, au moment de l'affaire, à la rue du Jura 5. Ancien communiste et syndicaliste, il a subi - avant son adhésion à la Fédération fasciste suisse, à la fin 1933 - huit condamnations, totalilisant huit ans de réclusions, ayant pour cause 22 cambriolages, un vrai repris de justice. Actif propagandiste fasciste et orateur occasionnel, Jaquier sa vie en vendant dans la rue "Le Fasciste suisse" (au début de 1934), puis devient chef du 2e arrondissement de la Garde Nationale Fasciste et comme tel, il engage personnellement les hommes qui sont présentés ensuite au colonel Fonjallaz. Accusé de vol, il se querelle avec ce dernier et quitte la FFS en octobre 1934
En décembre [1934], Jaquier prend contact avec le député socialiste lausannois Henri Viret. "disant avoir des renseignements à donner sur les agissements fascistes" et lui remet, deux fois, des documents en échange desquels il reçoit 320 francs: Henri Viret transmet les documents reçus à Paul Choux, rédacteur au journal "Le Travail" de Genève, dans lequel il signe ses articles sous le pseudonyme d'Abel Sarrol.
Evidemment, Claude Cantini n'imagine pas un seul instant que Marcel Jaquier fut un agent provocateur et voleur. Il n'imagine pas non plus comment "La Suisse" a pu écrire dans son numéro du 31 décembre [1934] l'entrefilet suivant: "
une information touchant à une affaire d'espionnage au profit de l'Italie, qui aurait été découverte en Suisse, et dans laquelle serait impliqué un ancien colonel de l'armée suisse". Pas un instant, le "bon" Claude Cantini imagine qu'avant que la presse socialiste (Le Travail à Genève, Le Droit du peuple à Lausanne, La Sentinelle à la Chaux-de-Fonds et la Berner Tagwacht) n'en fasse ses choux gras, pour se dédouaner, Paul Choux donne une partie de l'info à la Suisse.
En plus de ces articles mêlant indignation et "antifascisme", L'intention des socialistes de démasquer les activités de Fonjallaz est d'emblée ouvertement affichée: le 1er janvier, le socialiste bernois Otto Pünter, responsable du service de presse "antifasciste" INSA, téléphone au conseiller fédéral Baumann, chef du Département de justice et police et Léon Nicole, alors chef du gouvernement genevois, fait interroger Jaquier par le commissaire de police Vibert et transmet la déposition au Procureur général de la Confédération, Stämpfli.
Malheureusement, sur les 13 documents remis par Jaquier à Viret, 4 - soit le premier publié et trois autres, dont deux portaient la signature du colonel - ont été fabriqués par l'ancien collaborateur de Fonjallaz. 354 Et la haine de Cantini contre Fonjallaz se révèle une nouvelle fois: C'était la porte de sortie offerte au chef de la FFS, qui en profite pour nier l'authenticité de l'ensemble de la documentation que Cantini ne publie pas! Un livre toujours à charge de la part de Cantini antifasciste, qui écrit sur les années 1920-30 en omettant Lénine et Staline, et leurs sympathisants et/ou agents en Suisse, comme Léon Nicole! On ne sait toujours pas, et pour cause, les informations transmises à Moscou par Nicole, agent depuis 1932 de Staline?
"Réactions" sort un numéro spécial en janvier 1935: Depuis quelques jours, Le Travail mène grand bruit
De plus, Jaquier a réité ses accusations le 28 décembre, devant témoins, à Réactions. "Nous avons déclaré que si nous les savions vraies, nous ferions arrêter le colonel Fonjallaz dans les 24 heures". Et l'article se termine par: " Y a-t-il des relations quelconques entre: Me Marcel Guinand, le commissaire Petite d'Annemasse, 32e de la Franc-Maçonnerie et Léon Nicole?" Une bonne question à laquelle s'ajoute:
Cette affaire est-elle une riposte de la Franc-Maçonnerie à l'initiative du colonel Fonjallaz?

Dès le 7 janvier, Fonjallaz assigne Léon Nicole [conseiller d'Etat, et son journal] "Le Travail", la Société d'éditions et les Imprimeries socialistes de Genève et Lausanne pour 50'000 francs de dommages-intérêts; de plus, il dépose une plainte pour faux contre Jaquier et autre pour usage de faux contre "Le Travail" et le "Droit du peuple", accusés aussi de diffamation calomnieuse. [
] Le 11 janvier, le Conseiller fédéral Minger annonce que l'ex-colonel doit être mis hors de cause dans la question de renseignements fournis à un pays étranger et concernant la défense nationale, l'enquête a en effet abouti à la constatation que les documens vendus par Jaquier sont des faux.
On attent toujours que le député socialiste lausannois Henri Viret qui avait payé ces faux 320 francs dépose une plainte?
En plus de ces plaintes, le Fasciste suisse réplique dans son no 61 du 10 janvier 1935.
Depuis que la Fédération fasciste est née (1933) des bêtes immondes et venimeuses ont cherché à s'introduire dans les faisceaux en faisant des déclarations patriotiques et en se déclarant prêtes à mourir pour la cause, c'est-à-dire pour la patrie.
Nous les avons presque tous chassés, parmi eux se trouvaient des individus qui ont vécu de l'argent fasciste, qui ont même volé et escroqué et que dans l'indulgence du chef a seulement expulsés alors qu'ils devraient être en prison.
Ces scorpions se vengent de celui qui a eu la générosité de leur donner de quoi vivre et qu'ils ont la honte d'avoir volé.
Dès à présent, il n'y a plus d'indulgence, plus de pitié. Ces bêtes immondes seront déférées à la double justice: celle des autorités judiciaires et celle de nos amis. Plus de pitié, plus de merci pour ces êtres inférieurs aux animaux les plus vils. C'est un de ces escrocs qui a imaginé l'accusation contre le chef national. Ce qui le perd, c'est que cet individu est aussi bête que méchant. Qu'il se le dise: nous ne le raterons pas!
Jaquier se tire en France et Paul Choux, du Travail, écrit que "si l'on a pas arrêté Jaquier, c'est sur l'intervention des fascistes qui craignent de nouvelles révélations", nouveau mensonge qui aurait été nécessaire pour cacher l'intervention éventuelle de Léon Nicole, chef de la police de Genève?
Jaquier, arrêté fin mars à Hyères, extradé en juin 1935, est incarcéré au Bois-Mermet à Lausanne. Le procès a lieu du 7 au 11 janvier 1936 devant un cour présidée par Benjamin Fonjallaz, Choux est défendu par Dicker et Jaquier par Hirzel (commis d'office). Condamnations: Jaquier, un an de réclusion, Choux, deux mois de réclusion, les deux à 5 ans de privation de droits civiques et au paiement par moitié des frais. Le procureur avait demandé 8 mois contre Choux et 200 francs d'amende contre Nicole.
Pour faire diversion sur ces condamnations qui prouvaient la calomnie, l'opération de diffamation et révélaient ses auteurs, Claude Cantini, emporté par sa haine, rapporte qu'un deuxièm coup contre Fonjallaz avait été monté en le mêlant à l'attentat contre le roi de Yougoslavie, le 9 octobre 1934, dans lequel Louis Barthou, ministre des Affaires étrangères perdit aussi la vie. Pour Claude Cantini, le commanditaire s'est évidemment Mussolini, et Fonjallaz aurait aidé Eugène Kvaternik, le bras droit d'Ante Pavélitch, chef des Oustachis croates. Mais pas de chance Dimitri Kerim, l'auteur de l'attentat, était un nationaliste macédonien, et de plus, aucune preuve n'a impliqué Mussolini. On attend encore les excuses de Claude Cantini qui n'est pas à une falsification près!
Les autres procès donnent gain de cause à Fonjallaz:
- le 30 mai 1936, la 4e chambre du Tribunal de première instance condamne , solidairement, Léon Nicole, Paul Choux, l'Union des presse socialiste de Genève et Vaud et les Imprimeries populaires de Lausanne et Genève au paiement de 2'500 francs, plus 1'055 francs de frais.
- le 17 décembre 1937, la Cour de Justice civile de Genève donne satisfaction partiellement. Fonjallaz recourt au Tribunal fédéral le 30 mars 1938: Léon Nicole "et consorts" sont condamnés à payer la somme de 10'000 francs, et 2'270 francs à titre d'indemnités judiciaire et extrajudiciaire.
- Le Berner Tagwacht et l'agence INSA attaqués en justice par Fonjallaz. Une tentative de conciliation le 8 février 1936 devant le président de la 2e chambre civile de Berne n'aboutit pas. Mais Fonjallaz ne poursuit pas plus loin
Toujours prêt à défendre les calomniateurs, Claude Cantini termine le chapitre en rapportant les propos du socialiste bernois Otto Pünter, responsable du service de presse "antifasciste" INSA, qui aurait d'autres révélations
sur les millions de crimes de Staline.
Et on attend toujours de Claude Cantini, dont l'ouvrage a été publié avec l'aide de la loge Alpina, les réponses aux questions fondamentales:
1) Y a-t-il des relations quelconques entre: Me Marcel Guinand, le commissaire Petite d'Annemasse, 32e de la Franc-Maçonnerie et Léon Nicole?
2) Cette affaire est-elle une riposte de la Franc-Maçonnerie à l'initiative du colonel Fonjallaz?
En tout cas, le complot socialiste et "antifasciste", même s'il a été condamné à plusieurs reprises par diverses cours de justice, a quand même réussi? Qui sait s'il n'a trompé suffisamment d'électeurs et fait échouer l'initiative contre la franc-maçonnerie?
+Note 354 page 205: Pendant sa détention en France, Jaquier envoya au lieutenant-colonel Petitmermet un rapport de 4 pages in-folio, dans lequel il reconnaissait avoir imité 4 fois la signature de Fonjallaz, mais insistait sur le fait que, quant au fond, les documents qu'il avait remis à Paul Choux répondaient à la réalité - écrit Otto Pünter. Ainsi en plus du socialiste Henri Viret à Lausanne, Jaquier a rencontré aussi le socialiste Paul Choux. A-t-il à nouveau payé pour ses faux? Otto Pünter reste curieusement muet à ce sujet, car c'est une nouvelle preuve de cette tromperie!
Note 355 page 205: Marcel Jaquier passera à nouveau au tribunal en 1942, "pour avoir recruté 35 Lausannois à destination des troupes hitlériennes du front de l'Est. Le consulat allemand de Lausanne paye des primes aux recruteurs de citoyens suisses pour la guerre contre l'URSS" ("La Vague", clandestine, no 45, 11 juillet 1942)
Le mot "antifasciste" est entre guillemets car Léon Nicole et de nombreux prétendus antifascistes n'étaient en fait que des agents de Staline! Ces faux antifascistes ont été complices de l'horreur en Union soviétique, régime ennemi du peuple, qui, par la collectivisation (un vol), la déportation, les travaux forcés, la famine, la terreur, les meurtres et les crimes de masse, a été le responsable de la mort de plus de 15 millions d'innocents, soit 5 fois la population de la Suisse. Et ces "antifasciste" n'ont rien dit, rien fait et en plus ont calomnié ceux qui dénonçaient et voulaient aider le peuple comme Thédore Aubert, Souvarine, et des milliers d'autres qu'on accusait de "fascisme" pour les disqualifier et les faire taire!
A lire les articles immondes de Léon Nicole, du Travail et du parti communiste d'Humbert-Droz niant la grande famine d'Ukraine, Holodomor. Et aussi les autres massacres