Le Comité du Mouvement de la Fédération des Socialistes religieux de Suisse s'indigne
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En 1933, le Comité du Mouvement de la Fédération des Socialistes religieux de Suisse, le prédécesseur de la fédération romande des socialistes chrétiens publie une brochure en 1933 en précisant que "Le fait quelle paraît pendant le procès Nicole devant les Assises fédérales est un pur hasard". Après avoir réitéré moultes fois que c'était pour la recherche de la vérité, il est affirmé que "La justice militaire, à Genève, a échoué dans sa mission" alors que le procès n'est pas terminé. Et tout cela sent la manipulation de commande! Néanmoins, on peut quand même mettre en doute la justice rendue par les Chambres fédérales. En effet, pour avoir causé 13 morts et 65 blessés, Nicole et ses comparses s'en tirent trop bien. En URSS, la justice militaire aurait fait fusiller tous les accusés, et cela dans les 48 heures suivant la fin du procès! Abattez-les comme des chiens, hurlait Vichinsky
La Fédération des Socialistes religieux de Suisse n'a jamais protesté contre la sanglante répression contre les croyants en URSS. Curieux! |

Cette brochure contient un plan qui prouve que c'est l'émeute organisée par Nicole, Fust et Tronchet qui a mis les soldats en danger, et qu'une fois regroupé, face aux agressions des provocateurs, une sommation ayant été faite, l'officier, en désespoir de cause, a dû ordonner le tir funeste MAIS ESPERE PAR Nicole et Lebet pour provoquer une grève nationale !
* Le 9 novembre 1932 à GENEVE *
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A la Recherche de la Vérité,
Edité par la Fédération suisse des Socialistes religieux, 1933
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Préface Les événements qui se sont déroulés à Genève, le 9 novembre, sont dune telle gravité, quils auraient dû éveiller dans notre peuple entier, sans distinction de parti, une profonde horreur, et provoquer en chacun un sérieux examen de conscience. Dès le début, au contraire, il apparut quils allaient être exploités à des fins politiques. Les faits furent exposés de façon tendancieuse devant le peuple, puis, sur la base dune enquête militaire enquête qui ne saurait se donner elle-même pour impartiale les Chambres fédérales furent renseignées de même façon sur ce qui sétait passé. Plus tard, les faits furent officiellement présentés sous le même jour à tout le personnel fédéral. Il était clair, dès lors, pour tous ceux qui voulaient bien ouvrir les yeux, que cette façon dagir devait puissamment contribuer à augmenter linquiétude déjà existante et créer une atmosphère des plus menaçantes pour notre paix intérieure. Cette situation inquiéta très sérieusement aussi le groupe au sein duquel sélabora cette brochure. Les nombreux faits et documents qui parvinrent à sa connaissance contredisaient formellement, sur les points les plus importants, les déclarations officielles relatives au 9 novembre. Dans ces circonstances, il fut décidé de donner des événements de Genève une relation impartiale, plus conforme à la vérité. Quelques membres du groupe préparèrent ce travail qui fut rédigé par lun-dentre eux. Létude approfondie des faits, le travail consciencieux auquel se livrèrent lauteur de ce document et ses collaborateurs, |
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dautres facteurs encore, ont retardé cette publication. Mais nous voudrions pouvoir dire : malheureusement il arrive encore à temps, car la situation sest aggravée, dès lors ; les mouvements que daprès lexemple de lAllemagne et de lItalie certains aimeraient à créer chez nous, sappuient volontiers sur cette interprétation faussée des événements du 9 novembre. Cest donc accomplir une uvre urgente que de remettre en lumière la VERITE. Cest au nom du Comité du Mouvement de la Fédération des Socialistes religieux de Suisse que paraît cette brochure. Elle expose leur attitude et leur point de vue. Le nom de celui qui, plus particulièrement, sest chargé de la mettre au point importe peu. Soulignons seulement quil nappartient à aucun parti et ne fait pas de politique. Le comité, composé des soussignés, prend la responsabilité de cette publication, après en avoir soigneusement examiné les documents et largumentation. Dans son ensemble, abstraction faite de quelques réserves personnelles, cette brochure doit donc être considérée non comme luvre dune seule personnalité, mais comme le témoignage de tout un groupe et de tout un mouvement. Nous la publions avec la conviction quelle a une grande tâche à accomplir [1]. Que celui quelle convaincra nous aide à la répandre. Elle doit atteindre tous les milieux. Qui uvre avec nous travaille à empêcher la guerre civile, ouverte ou latente, et à bannir le danger grave qui menace lexistence de la Suisse. LE COMITÉ DE LA FEDERATION SUISSE DES SOCIALISTES RELIGIEUX |
Aucune faute, aucune erreur nest irréparable, à condition quon soit vrai. Cest pourquoi nous devons revenir sur les événements qui se sont déroulés à Genève le 9 novembre 1932.
Ce qui est passé est passé, dira-t-on, cest un droit, un devoir même, de nen plus parler. Pourquoi ne pas laisser dormir le passé douloureux ? Voulez-vous peut-être en tirer profit ? Certes non, mais on ne peut tourner la page sur une faute avant que pleine lumière ait été faite et de justes sanctions prises. Une injustice non reconnue sattache à nos pas comme une malédiction. Pour assurer lavenir, débarrassons le passé des mensonges qui lempoisonnent.
Etait-il nécessaire que le sang coulait à Genève ? Pourquoi ? Cette question est dune importance capitale pour notre peuple. Tant quelle ne sera pas éclaircie, une ombre planera sur notre vie politique, sur larmée suisse, sur notre appareil judiciaire, sur notre christianisme, sur toute notre vie nationale et sociale. Cette tache réapparaîtra toujours et ira grandissant.
Dans lévolution des événements qui constituent lhistoire, les faits doivent être enregistrés tels quils se sont passés. Les morts de Genève ont le droit dexiger la vérité et nous ne devons pas les dépouiller de ce droit.
Quand la justice militaire française accusa injustement le capitaine Dreyfus de haute trahison, le déclara coupable et lexila à lîle du Diable, les grands Français de ce temps-là, Zola, Jaurès, neurent pas de repos jusquà ce que la lumière eût été faite et la vérité reconnue. Dans cette lutte, ils nont pas craint de bouleverser la conscience publique. A Genève, il ne sagit pas dun exilé, mais de treize morts. Devons-nous nous taire ? [ET LES MILLIONS DE MORTS EN URSS, A QUAND UNE BROCHURE?]
La justice militaire, à Genève, a échoué dans sa mission.
La lumière nest pas faite sur les événements de Genève. Et pourtant la justice a parlé. Cest précisément parce quelle a parlé que la lumière nest pas faite !
La tâche de la Justice, au sens profond de ce mot, est si grande quelle en est émouvante. La Justice nest pas léducatrice de la société seulement, mais son médecin, sans lequel le corps social serait rongé de maux sans nombre. Son action présuppose la passion de la Vérité et de lEquité. Sa dignité, cest cette objectivité qui est son principe même, si bien quon insulte la Justice lorsquon lui demande dêtre objective, puisquelle doit lêtre par définition.
Or la justice qui a fonctionné à Genève, la justice militaire, a trahi dindigne façon ce principe de toute justice.
Cest là une grave accusation. Adoucissons-la en accordant que lobjectivité nétait guère possible aux personnalités en cause.
Qui était compétent pour juger le tragique conflit qui a mis aux prises la population civile de Genève et les autorités militaires ?
Daprès la loi et la décision expresse du Conseil fédéral, cétait la justice militaire ; compétente officiellement, elle nétait pas cest le moins quon en puisse dire compétente moralement. Soulignons une fois de plus ce fait illogique : il sagit dun grave conflit entre civils et militaires, conflit qui excite les passions les plus vives, et lenquête sera confiée exclusivement à la justice militaire ! Nous ne pouvons discuter ici les principes qui sont à la base du Code pénal militaire et daprès lesquels, en cas de conflit entre des civils et des militaires en service actif, cest la justice militaire qui seule est compétente, mais ce principe aboutit pratiquement non à la justice, mais à une dictature qui nest responsable que vis-à-vis delle-même.
Dans son discours au Conseil national, M. Minger, conseiller fédéral, a repoussé avec indignation lidée quen Suisse, on puisse mettre en doute limpartialité de la justice militaire. Or, quand nous affirmons quil est difficile à des juristes en uniforme de juger objectivement et impartialement un conflit entre civils et militaires, nous ne songeons pas à suspecter la bonne foi des juges, mais nous constatons un fait psychologique. On pourrait aussi bien, dans un conflit entre grévistes et « kroumirs », compter sur limpartialité dun jury composé de patrons. Lesprit de corps de la troupe, la solidarité entre officiers se feront sentir avec une telle puissance que, selon toute vraisemblance, le jugement dun officier en sera plus ou moins influencé. Au cours de ces dernières décades, nous avons constaté souvent lemprise qua larmée sur ceux qui la servent et quelle nourrit. Seule, une très forte personnalité peut échapper à la psychose créée par luniforme. Nous naccusons personne dêtre partial consciemment, mais nous tenons, en principe, lobjectivité de la justice militaire pour improbable, voire même pour impossible.
Or, cest à la justice militaire quest échue la noble tâche de faire la lumière et la vérité sur les événements de Genève, tâche dune telle envergure que les juges en ont rarement de pareille : établir qui doit porter la responsabilité des treize morts et des soixante-dix blessés de cette catastrophe, où lon a vu des citoyens sous luniforme faire couler le sang de leurs concitoyens, de leurs frères. Jamais encore, dans lhistoire de la Suisse moderne, massacre pareil ne sétait vu. Des soldats ont été obligés de tuer. Une brèche a été faite dans la digue que la loi divine et la conscience humaine ont élevée devant nos instincts brutaux pour faire respecter le caractère sacré de la vie. Lordre public
[1] Le fait quelle paraît pendant le procès Nicole devant les Assises fédérales est un pur hasard. Un délai nest pourtant pas possible, le procès devant durer plusieurs semaines ; il ne serait du reste pas justifié, puisque cette enquête met en discussion le point de vue de la justice militaire, depuis longtemps fixé et rendu public.
Ed. La fédération suisse des socialites chétiens, brochure 75 pages - 1933