En 2009, le PSG passe de l'amnésie au révisionnisme et même au négationnisme!
Nicole Valiquer raconte les années 1920 et 1930 sans Lénine et Staline. Evidemment la référence est toujours les nazis: Il sagissait de protester contre la tenue dune réunion de lUnion nationale à la salle communale de Plainpalais, « au cours de laquelle il sera procédé à la mise en accusation des sieurs Nicole et Dicker », sur le mode des procès publics instaurés en Allemagne par les nazis. En URSS que soutenaient Dicker et Nicole, ils n'y en avaient donc pas des procès.
Toutes ces circonvolutions afin de faire l'amalgame en l'Union nationale et le MCG, Géo Oltramare et Eric Stauffer, ces méchants qui volent les voix du bon parti socialiste, le seul défenseur du peuple.
Justement, le peuple soviétique en 1932 vivant dans la terreur et la misère, toutes deux conséquences du coup d'état de Lénine, membre du PSS, auxquels vont s'ajouter la disette et même une famine mortelle pour 10 millions d'êtres humains, du Donbass au Kazakhstan.
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En plus de réviser l'histoire du 9 novembre 1932, en omettant que Léon Nicole a été arrêté, jugé et condamné à la prison, s'ajoute le négationnisme de la Grande famine de 1932-33, tout comme la fait Le Travail qui taira également la Grande terreur de 1937-38 déportant 800'000 'êtres humains et tuant à peu près le même nombre.
La Pierre comme dit Nicole Valiquer devrait enfin recevoir son vrai sens, celui de commémorer les victimes du 9 novembre 1932, conséquence d'un complot socialo-communiste, et les millions de morts et de vies brisées à la même époque en Union soviétique, régime que le parti socialiste soutenait!
Commémoration - Invitation pour la cérémonie du 9 novembre 2009
http://www.ps-ge.ch/Commemoration-Invitation-pour-la.html
Le 9 novembre 1932, il y a 77 ans, larmée suisse tire sans sommation contre des manifestants protestant contre la tenue dun meeting fasciste, treize personnes sont tuées sur la plaine de Plainpalais. Nous avons un devoir de mémoire.
* A 17h30 sur la Plaine de Plainpalais allocutions & soupe
* A 18h34 hommage par citation des treize victimes du 9 novembre 1932
Le devoir de mémoire que nous revendiquons et assumons collectivement chaque année autour de la Pierre nous rappelle que lorsque la mémoire collective sélabore progressivement, en fonction des événements et des rapports sociaux, librement. Ses lieux et rituels nexistent que parce quils sont lexpression dun groupe.
Le rassemblement annuel des forces de gauche rappelle que 4000 à 5000 personnes ont participé à une contre manifestation le 9 novembre 1932. Il sagissait de protester contre la tenue dune réunion de lUnion nationale à la salle communale de Plainpalais, « au cours de laquelle il sera procédé à la mise en accusation des sieurs Nicole et Dicker » [ndlr:accusés d'être des agents de Moscou, ce qui était la pure vérité], sur le mode des procès publics instaurés en Allemagne par les nazis (cf. Claude Torracinta, Genève 1930-1939, Le temps des passions, Tribune Editions, 1978).
Ce soir-là, la troupe rassemblée dos au mur du Palais des expositions, sur le commandement du Major Perret, a ouvert le feu : 150 coups sont tirés provoquant la mort de 13 personnes et en blessant 65.
Ce sont bien 4000 à 5000 personnes, anonymes pour la plupart, des citoyens et citoyennes ordinaires, qui se sont élevées pour protester contre une campagne dextrême droite sans précédent et pour clamer haut et fort leur soutien à des valeurs de gauche et démocratiques [ndlr: alors que Nicole et Dicker étaient les agents d'un régime négation de toute démocratie!!!] .
Jusquen 1914, les étrangers, particulièrement les Français et les Italiens, représentent en effet plus du tiers de la population, sans droit de vote bien évidemment. Comme le souligne Albert Picot lui-même : « Genève est bien une démocratie par sa constitution, mais une oligarchie bourgeoise par lexclusion de ses habitants ouvriers. La lutte politique se livre avant tout entre clans de classes moyennes. »
La guerre de 1914 va changer la donne avec le départ progressif des étrangers remplacés par des Confédérés venus en majorité de cantons catholiques. De 46000 en 1914, ils sont 75000 20 ans plus tard pour 64000 Genevois. Ce sont des proches, mais « étrangers » eux aussi ! Goerges Oltramare dira : « Lisez la chronique des faits divers, vous serez édifiés. Le 2 mars, la police a arrêté un Neuchâtelois pour vagabondage, une domestique fribourgeoise (
). vous chercherez en vain le nom dun Genevois. »
A cette fermeture à lautre, sajoute une crise des finances publiques. Les classes aisées paient peu dimpôts.
En 1923, lEtat est incapable de payer ses fonctionnaires et de rembourser ses créanciers. Cette année-là, lUnion de défense économique obtient 24 sièges au Grand Conseil ; elle exprime notamment linquiétude face aux changements sociaux et à la montée de la gauche.
LUDE deviendra lUnion nationale de Georges Oltramare, organisation dextrême-droite, « un véritable fascisme genevois ». Oltramare « na pas de véritable doctrine, ni de programme cohérent, se contentant diune idéologie aux contours flous et essentiellement négative. ». En 1934, le salut fasciste est adopté. Jacques Dicker est lobjet dune violente campagne antisémite.
La crise est mondiale ; à partir de 1931, le recul des affaires est général en Suisse ; tous les secteurs économiques sont touchés. En cinq ans, la Suisse compte cinq fois plus de chômeurs. Sajoute le scandale de la Banque de Genève.
Cest notamment dans ce climat de tensions sociales quil faut relire les événements du 9 novembre 1932.
Comment dès lors revendiquer cette filiation collective dans nos insertions daujourdhui que nous commémorons chaque année, sans nous élever à notre tour contre toutes les formes de populisme que connaît notre canton ?
Je ne tirerai pas de parallélisme terme à terme, mais pourtant, la crise économique mondiale renoue avec son lot de précaires et dexclu-e-s, alors même que les richesses saccumulent et que des boni faramineux se distribuent: la fracture sociale saccentue.
Les salarié-e-s ont peur et acceptent à leur tour des diminutions de salaire ; le travail sur appel augmente et les CCT sont remises en cause. La liberté syndicale est bafouée.
Cest alors que les invectives du MCG font mouche : bien quaucune proposition ne soit avancée, le frontalier est désigné comme du bouc-émissaire.
Ce lieu de mémoire quest la Pierre nest pas un seul lieu de commémoration ; il nous invite de manière récurente à nous redresser, à réaffirmer les valeurs de démocratie et de solidarité.
Il nous enjoint dêtre sur le terrain et de répondre aux préoccupations des hommes et des femmes au quotidien.
Il nous rappelle que lunité de lensemble des forces de gauche peut être plus quun mot : un projet commun pour construire une société fondée sur le respect et légalité des droits.
Plus que jamais résister est une posture intellectuelle que nous devons revendiquer et incarner !
Cest ainsi que la mémoire collective prend sens par rapport à celles et ceux auxquels en ce 9 novembre nous rendrons hommage.
Nicole Valiquer