Dans cet article digne de la propagande de Moscou, le PCS, pourtant bien présent à Genève durant les années 1920-30, est complètement oublié! Curieux!
"Le programme de lUN proclame la suppression des partis, du suffrage universel et sa prise de pouvoir." Il y a une petite erreur, ça c'est le programmme du PCS!
"Dès lors, le gouvernement genevois nest plus maître de la situation". Et l'appel à une manifestation illégale par Nicole, cela ne compte pas! et l'organisation de l'émeute, non plus!
"La mémoire doit nous protéger de lindifférence », encore faut-il rester attentif, éveillé, voire critique à linformation dont on est abreuvé. Quelques morceaux choisis parmi les informations répandues au lendemain du 9 novembre 1932". Le fait que Nicole ait été condamné par un tribunal, on oublie!
Proclamer l'importance de la mémoire pour la falsifier pareillement, quelle honte! Ce frelatage de l'histoire n'est pas non plus un accident et cette amnésie sur le PCS, itou! De plus l'occultation de l'horreur soviétique à la même époque n'est pas non plus un accident. Encore un négationniste des méga crimes communistes!
Non, le 9 novembre 1932 nest pas un accident !
vendredi 8 mars 1996, par Maxime Chalut
http://www.lescommunistes.org/spip.php?article842
Cest important la mémoire: elle nous protège de lindifférence. Vieux dicton, et pourtant, elle devrait nous protéger de lindifférence.
Récemment, le GSsA invitait quelques historiens à se pencher sur la période du milieu du 19ème siècle, celle de James Fazy et de ses amis. Les revendications des droits du peuple et de sa représentation dans les conseils, jusqualors réservés à la bourgeoisie. Mise à jour de la Constitution de 1848 (qui nous régit encore). « De cette période au début du 20ème siècle va régner un pouvoir, "radical" laissant aux possédants dengranger davantage et aux possédés, toujours plus nombreux par le développement de lère industrielle, de désengranger » (Albert Picot). Ce constat émane dun historien, aujourdhui disparu. Il relève aussi que, « ... jusquen 1914, les étrangers représentaient à Genève, plus du tiers de la population ne disposant pas du droit de vote, nont donc pas ou peu dinfluence sur la vie genevoise et sont pratiquement exclus du débat politique. Cest lépoque du régime radical, sans partage ».
Que reste-t-il des revendications de 1846 ? Bien intentionné, ce même historien relève encore que « Genève vit bien une démocratie par sa Constitution (de 1848) mais subit une oligarchie bourgeoise par lexclusion de ses artisans et ouvriers étrangers. »
La guerre, la « vraie », la grande, celle des tranchées, des baïonnettes, qui devait être la « der des der », du « plus jamais ça », celle, dont on commémore tous les 11 novembre, avec recueillement devant les monuments « aux morts pour la Patrie », lanniversaire et, aussi, pour décorer de la légion dhonneur quelques survivants. Cest important la mémoire ! Sil est des événements, quon rappelle année après année: la Restauration, le 1er juin, le 11 novembre, lEscalade et, exceptionnellement, le 150ème des Vieux Grenadiers, il en est dautres que lon oublie volontairement. On occulte : les levées des troupes pour réprimer les manifestations populaires, à Soleure, Zurich et Olten, plus récemment, dans le Jura.
Laffaire du 9 novembre 1932: cest le titre que donne lhistoire officielle genevoise à cette tragique soirée au cours de laquelle 13 concitoyens sont abattus et qui a laissé une septantaine de blessés sur le terrain. 13 morts, aujourdhui anonymes contrairement aux glorieuses victimes de lEscalade, dont les noms sont gravés dans la pierre du Temple de St Gervais). Ce 9 novembre, que daucun exprime quil nest quun accident, une bavure, aujourdhui cicatrisés, dautres sinterrogent: comment en est-on arrivé là ? La mémoire, elle nous rappelle la crise économique, le krach de Wall Street, les banqueroutes du Comptoir de lEscompte, de la Banque de Genève, de la Caisse de prêts sur gages (« Chez la [MA!!!] tante »), la longue liste de scandales et de corruptions, la misère, les camions du « Kilo du chômeur » : 8000 chômeurs à Genève (180000 en Suisse). Dans ce climat, lantagonisme politique, entre la gauche et la droite, va croissant. Le Parti socialiste, suite aux élections de 1930, augmente sa députation. La droite, inspirée par le fascisme mussolinien et la montée du nazisme en Allemagne, sous la houlette de Georges Oltramare, se développe. Le centre, radical et chrétien-social et libéral, affaibli par les compromissions de ses dirigeants, « a pour ligne de conduite de ne penser à rien et dattendre les temps meilleurs ».
Georges Oltramare (GO) utilise le mécontentement populaire et crée un mouvement, qui aura pour nom: Union nationale (UN). Le programme de lUN proclame la suppression des partis, du suffrage universel et sa prise de pouvoir. Dès lors, il faut terrasser la gauche, le parti socialiste et les syndicats ; mettre en accusation publique les chefs du PS, soit Léon Nicole et Jacques Dicker. Par affiches, lUN invite les citoyens à la mise en accusation publique, le mercredi 9 novembre des sieurs Nicole et Dicker.
Des tracts sont distribués, les accusant de préparer la guerre civile et qui concluent par : « Abattons-les ! » A cette provocation, le PS et lensemble des organisations de gauche réagissent et demandent au gouvernement dinterdire cette manifestation. Ce dernier a peur. Il ne peut sopposer à lUN, qui lui assure la majorité au Grand Conseil. Les moyens de la police, dont le gouvernement dispose paraissent trop faibles. Il fait appel au Conseil fédéral et au Département militaire pour renforcer la police genevoise. Le Conseil fédéral lui apporte son soutien et charge lEcole de recrues, en service à Lausanne, de se rendre à Genève. Dès lors, le gouvernement genevois nest plus maître de la situation : « Larmée, sous les ordres de son commandant, a lexclusivité, sans restriction aucune, de juger des moyens à employer pour remplir les missions qui lui sont confiées. Signé : Pour le DMF Minger, Conseiller Fédéral. »
Le 9 novembre au soir, la mission est accomplie, lordre est rétabli ! Que va-t-il se passer ? Traumatisée, Genève a peur, la situation est suffisamment inquiétante pour que le Président de la Confédération, Giuseppe Motta en personne, se déplace, le lendemain, à Genève. Interrogé par les journalistes, ce dernier répond : « A qui la faute ? Lappel à la violence ne peut conduire quà de tels résultats. Une chose est certaine, la troupe sest comportée comme elle devait: lordre est rétabli ! »
64 années nous séparent de ce tragique événement. « La mémoire doit nous protéger de lindifférence », encore faut-il rester attentif, éveillé, voire critique à linformation dont on est abreuvé. Quelques morceaux choisis parmi les informations répandues au lendemain du 9 novembre 1932 :
« Les autorités, le 10 novembre, ont désigné les responsables, fait procéder à des enquêtes et des arrestations ».
« Il sagit, dès maintenant, dabattre Léon Nicole, de compromettre Georges Oltramare, de soutenir la candidature de Frédéric Martin, Conseiller dEtat, pour le Conseil aux Etats, à Berne: lhomme qui, face à la révolution, a su agir, sauver Genève, la patrie, lordre contre le désordre ». La reprise en main du pouvoir.
Cest important la mémoire qui nous permet de comparer différentes époque de notre histoire. Quels changements !!
1848, la bourgeoisie de la haute ville rêvait dune république de marché (déjà). Le faubourg de St Gervais rêvait dune république du travail.
1898, Emile Zola est condamné à un de prison pour avoir accusé, qui ? Lordre contre la justice.
1932 Léon Nicole est condamné, à un an de prison, pour lordre contre la justice.
1996, lordre condamne les paysans à lindigence, les travailleurs au chômage. Lordre est toujours maintenu. Ne restons pas des aliénés, la lutte continue !
Les 13 victimes de la tuerie :
Melchior Alleman, 31 ans, employé dhôtel ; Hans Brugger, 28 ans ; Francis Clerc, 54 ans, fraiseur, son fils était recrue dans le bataillon de répression ; Henri Furst, 38 ans, mécanicien N'EST PAS UNE VICTIME ; Emile Guignet, 27 ans ; Emile Henry, 55 ans, batelier ; Edmond Junod, 29 ans mécanicien ; Alphonse Kolly, 41 ans ; Gabriel Loup, 57 ans, patron boulanger ; Jean-Pierre Lederraz, 23 ans, employé de commerce ; Oscar Maurer, 25 ans, employé de banque ; Edouard Quillet, 34 ans, employé à lArmée du Salut ; Marius Rattaz, 36 ans, professeur.
Sources des citations utilisées : G. Klibès « un coup tirez bas, feu (Ed. Slatkine, 1992) ; C. Torracinta « Le temps des passions » (Coll. TV, Ed. Tribune, 1978).