"Pour favoriser les progrès dans le monde et empêcher le retour de tragédies comme celle du 9 novembre 1932, le professeur d'économie Beat Bürgenmeier enjoint les forces de gauche" à reconnaître leur responsabilité dans la tragédie du 9 novembre 1932 et leur complicité dans les crimes communistes, de 1917 à aujourd'hui. ON PEUT TOUJOURS REVER!

Pour cet éminent représentant de l'Université… de gauche, les 13 morts et 65 blessés sont dû à "l'appel de l'armée [qui] est le fait de «conservateurs incompétents qui ont perdu la tête". La responsabilité de Nicole, du PSG, du PCS et des anarchistes, on oublie! Un menteur qui fait la leçon à d'autres menteurs!


«La gauche doit reprendre le pouvoir des idées»

Le Courrier, MICHEL SCHWERI, Paru le Vendredi 09 Novembre 2007
http://www.lecourrier.ch/index.php?name=News&file=article&sid=437965

ENTRETIEN - Etudier le passé pour définir des visées offensives pour le futur: la gauche doit profiler son programme «en positif», estime le professeur d'économie Beat Bürgenmeier.
Pour favoriser les progrès dans le monde et empêcher le retour de tragédies comme celle du 9 novembre 1932, le professeur d'économie Beat Bürgenmeier, de l'université de Genève, enjoint les forces de gauche à développer leurs programmes «concrètement» et à «compter sur le pouvoir des idées», cette «redoutable arme du pauvre». Tout particulièrement à l'occasion de la commémoration de la fusillade de 1932, il préconise de «penser offensivement» et de «laisser les adversaires politiques raconter leurs balivernes».

S'il est séduisant de tirer des parallèles hasardeux entre les années 1930 et le résultat des dernières élections, l'économiste se montre plus que circonspect en la matière. A ses yeux, il est déjà «très délicat» de qualifier la répression de 1932 de «fasciste». L'Union nationale pouvait effectivement être «fascisante», mais l'appel de l'armée est le fait de «conservateurs incompétents qui ont perdu la tête». Ensuite, cela a été le «petchi» dans l'armée, qui «a pris peur», résume le professeur. Mais n'étant pas historien, il préfère focaliser ses réflexions sur la situation actuelle.

Changements structurels

«Les forces réactionnaires ont toujours été un peu présentes en Suisse», constate M.Bürgenmeier. Et l'Union démocratique du centre a une légitimité démocratique. Il voit donc un grand risque à amalgamer ce parti au «fascisme» et à le diaboliser. «Si la gauche est outrancière, elle donne une image qui ne correspond pas à la réalité et se piège elle-même», avertit l'économiste.

De plus, les ingrédients d'une éventuelle remontée fascisante dans la société ne sont pas réunis, soutient-il. «Nous sommes dans une période de prospérité économique et non de désastre.» Ce développement «bouscule» tout de même les gens et les déstabilise, reconnaît le professeur. «La réforme structurelle à grande échelle orientant l'Europe vers une société de services crée du chômage et augmente les exigences de qualification», résume le professeur.

Sociologiquement, «ces changements vont trop vite», diagnostique l'universitaire. En conséquence, «l'électorat ouvrier se rétrécit et il est difficile de le remplacer par des employés de banque».

Quitter la défensive

Or, les syndicats se satisfont de «quelques mesures d'accompagnement» à ce changement structurel, «ils se contentent de sauver les meubles et sont toujours en retard». Le remède de Beat Bürgenmeier: la gauche doit «passer la vitesse supérieure» et «expliquer ce qu'est une politique sociale aujourd'hui».

«Les syndicats peinent à se positionner, ils s'occupent trop de leurs membres et pas assez des problèmes du monde», critique le professeur. Ils se sont laissé «confiner» dans le rôle de la «défense corporatiste» imposé par la paix du travail et par les tribunaux des prud'hommes. Ce rôle «défensif», défini par la négative et l'opposition, «empêche de penser le social de l'avenir», assène l'économiste. Pour ce dernier, le terme «défendre le social» est tout bonnement à bannir. Il faut «le réinventer dans le contexte d'aujourd'hui», ce qui nécessite un «effort de réflexion», concède le professeur. Pour lui, le «romantisme à la Robin des bois» ne fonctionnera plus. «Prendre aux riches les irritent, résume-t-il, pour donner aux pauvres qui n'y croient pas.»

Pour l'avenir du monde

«Le devoir de la gauche, désormais, c'est de clarifier des positions concrètes et offensives pour trouver un financement crédible du social.» La réforme fiscale écologique en fait partie. «Taxer les émissions de CO2 pour alléger les cotisations sur les salaires est concret. On peut en discuter et cela permet de créer de nouvelles alliances politiques», analyse Beat Bürgenmeier.

Ce dernier suggère à la gauche d'articuler un programme politique «qui a son existence propre» et ne prend pas seulement le contre-pied des positions des adversaires, comme cela a été fait durant la dernière campagne électorale. Il lui reproche notamment de ne pas avoir mis le projecteur sur les thèmes cruciaux que sont la solidarité internationale – «comment la concilier avec la mondialisation?» –, la question de l'Europe et le social en Suisse. «Mais pour cela, il faut proposer des solutions concrètes d'avenir.»

«Par exemple, expose le professeur, la Constitution fédérale de 1999 inscrit le développement durable comme une valeur fondamentale du pays, tandis que les entreprises et les autorités préconisent seulement la croissance durable. Cela ouvre un boulevard aux syndicats, car la différence entre les deux, c'est la dimension sociale.»

Dans ce but, ils doivent quitter leur «approche productiviste». «Finalement, il y a peu de différences entre le discours syndical et le discours patronal, alors que la gauche a de réelles compétences économiques, mais n'arrive pas à les faire valoir», juge M. Bürgenmeier. Autre boulevard ouvert aux syndicats, les normes du BIT ne s'appliquent pas avec la même vigueur que les directives de l'OMC. «S'il existe une cour d'arbitrage pour cette dernière organisation, pourquoi n'y en aurait-il pas une pour l'application des conventions du BIT?» Car, derrière les syndicats, «il y a de belles valeurs démocratiques, comme la liberté d'association et d'expression», conclut le professeur.

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