Le Pilori, fondé en 1923, une sorte de Canard enchaîné
Le Pilori, le bi-hebdomadaire de Géo Oltramare, que dit-il en novembre 1932?
Quelques autres éditions du Pilori 1932-1934

Le premier Pilori, 26 mai 1923: Genève aux mains des affairistes
Après le 9 novembre, la première parution date du 11 novembre 1932, jour de commémoration de la fin de la Première guerre mondiale.
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Le Pilori du 11 novembre 1932 «Résolution de l'Assemblée de l'Union Nationale. Les patriotes genevois, décidés à épargner au pays les horreurs de la guerre civile et de la révolution, demandent instamment au Conseil d'Etat d'appliquer l'article 23 de la Constitution de la République et du canton de Genève qui dit que «ceux qui sont au service d'une puissance étrangère ne peuvent exercer de droits politique dans le canton».» Conformément à cet article, le gouvernement obligera immédiatement M. Léon Nicole, Conseiller national et député au Grand conseil et M. Jacques Dicker, Conseiller national et député au Grand conseil, à abandonner leur mandat. |
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Le 18 novembre 1932, le Pilori écrit: Deux miracles: « Après le 9 novembre, nous avons vu s'accomplir deux miracles. Le patriotisme des radicaux a été réveillé par les coups de fusil. Les membres du Faubourg se sont mis résolument à la remorque de l'UN et du Pilori pour réclamer l'explulsion des agitateurs étrangers et la dénaturalisation des Genevois révolutionnaire. Autre miracle: la Franc-Maçonnerie, sous la pression des événements est devenue patriotique et religieuse. Ne riez pas! Les présidents des Loges de Genève demandent à Dieu de protéger notre pays!» [
] «Dans leur lettre ouverte à la presse, les présidents de Loges se prononcent contre le "noyautage" communiste à l'armée et contre les instituteurs amis des Soviets.» «Une émeute valait mieux qu'une révolution» |
La provocation du 9 novembre 1932 devait pour Léon Nicole empêcher Georges Oltramare de révéler les magouilles qui ont entraînés la faillite de la Banque de Genève, dans lesquels, le directeur du Travail était impliqués
«Si Nicole avait été un pamphétaire honnête, il n'eût pas manqué de crier au danger, il eût dénoncer le scandale de la Banque de Genève, avant que les dernières réserves s'engloutissent dans des opérations catastrophiques. Non: cet homme qui savait tout, a préféré se taire, lui qui parle tant quand il ne sait rien. Il attendait son heure, cependant que les petits épargnants perdaient leur argent
»
«L'Agenda de Miéville ne laisse plus aucun doute sur la sincérité de Nicole! Pendant plus de deux ans, Nicole, le défenseur de la classe ouvrière, le redresseur de torts, le censeur impitoyable, a joué à la baisse contre un établissement de crédit où se trouvaient les économies d'une foule de petites bourses (*). Il a joué à la baisse, non pour le profit d'argent, mais pour un succès pesonnel. Il voulait le scandale, le krach, la déconfiture, Sa sinistre politique, dont treize cadavres payent aujourd'hui les frais, l'a poussé à manoeuvrer contre la finance, en étroit contact avec des financiers.» Lire l'ensemble de l'article: «Léon Nicole, spéculateur ou les révélations de l'Agenda Miéville». Le Travail se garde bien de parler de l'agenda Miéville.
«Et maintenant tournons la page: "Ordre, Civisme, Corporations, Paix" et avant "Emeute, Révolution, Hécatombe, l'armée en danger"»
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Le Pilori du 18 novembre 1932. «M. Paul Graber tente une diversion. Dans la Sentinelle, M. Paul Graber demande qu'une enquête soit ouverte contre moi. Tous les moyens sont bons pour détourner l'attention des socialistes. Il faut sauver l'émeutier Nicole d'un complet discrédit. Comme les masses ouvrières suisses sont hostiles à l'idée d'une révolution sanglante et n'acceptent pas encore toutes les consignes de la IIIe Internationale, Graber parle d'un coup d'Etat fasciste et d'une vaste conspiration réactionnaire.» La voix de la raison. Le vaillant Gustave Neuhaus, rédacteur en chef de la Suisse Libérale dit leur fait à ces sinistres imbéciles qui, parce que le sang a coulé, insinuent que nous n'aurions pas dû tenir notre assemblée du 9 novembre. "Certains bourgeois sont décidément d'une bêtise qui dépasse toute limite. Ne s'en trouve-t-il pas pour faire tomber sur l'Union Nationale la responsabilité de l'émeute de mercredi? Le correspondant de Genève à la Tribune de Lausanne envoie ce commentaire ahurissant: "Et si l'on déteste un Nicole qui introduisit la violence, la mauvaise foi et la haine dans une cité trop portée à la division, on n'épargne pas les critiques à un parti qui voulu combattre le mal par le mal." "Tiens! Les bourgeois n'auraient-ils donc plus le droit de tenir une assemblée et d'y critiquer les socialistes? Il faut au contraire féliciter l'Union Nationale de la belle énergie avec laquelle elle lutte, dans le cadre des lois et de la Constitution contre les communistes camouflés qui veulent mener Genève à sa perte. " |
Une ironie que ne dédaignerait pas le "Canard enchaîné", mais soulevant un point crucial: «Si vous voulez la réparation matérielle du dommage - moralement irréparable, hélas! - que vous a causé l'émeute du 9 novembre, il ne vous reste qu'à assigner les manifestants et leurs chefs et le parti socialiste tout entier.» Curieusement, personne ne l'a fait. Les coupables, une nouvelle fois pas responsables!

Le Pilori du 18 novembre 1932

Pilori no 222, 17 décembre 1932: Les billets de banque avec le marteau et la faucille
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Le Pilori 6 janvier 1933 La retraite de Russie. L'état-major de l'armée bourgeoise recule déjà «On recule déjà. [ ]On avait déclaré la guerre aux communistes, on parlait d'expulser et de dénaturaliser les indésirables. [ ] A Berne, [ ] même recul. "Rien n'est plus facile, dit notre distingué confrère Pierre Grellet de la Gazette de Lausanne, que de fabriquer une loi réprimant les menées révolutionnaires. Mais il est beaucoup plus malaisé d'attaquer le mal à la racine, de combattre le socialisme dans son essence pour tuer son succédané: le communisme." [ ] Il y a bien peu de bourgeois qui soient capables de découvrir le marxisme partout où il se cache.» |
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Le Pilori 17 février 1933 Albert Naine, la marionnette de Moscou. «Nicole, tu n'échapperas plus. Nicole est toujours sous le coup des révélations de l'agenda Miéville» [ ] «Les ouvriers, dont le crâne n'est pas si bourré qu'un rayon de lumière n'y puisse encore pénétrer, estimeront sans doute que cette affaire est fort scabreuse. Ils demanderont des explications à l'apôtre Nicole. Et il faudra bien que cet apôtre avoue qu'il est un imbécile ou un imposteur.» [ ] «L'engagement décisif. Si, le 23 octobre 1932, le peuple de Genève a secoué les moscoutaires, il doit les écraser le 26 février.» |
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Le Pilori le 2 juin 1933: 10 ans de pamphlets. «Ce que les jurés ne savent pas» A propos du procès Nicole & Co suite au 9 novembre 1932. Alors que Le Travail proclame que c'est sur ordre de Georges Oltramare au Conseil d'Etat que celui a fait arrêter Nicole, le Pilori répond: «M. Tonella, correspondant de la Stampa, assistait à l'entretien et lui-même a cité textuellement ma réponse à M. Tomaselli qui m'avait demandé si l'Union Nationale avait provoqué l'arrestation de Nicole: "Le gouvernement a pris cette mesure après mûre réflexion. Il est possible que notre insistance à tous ait été pour quelque chose dans cette heureuse décision".» |