Le Genevois, 5 novembre 1932: L'agent provocateur Nicole. Au nom de qui parle-t-il? (texte complet)
L'effronté Nicole
magnifique serviteur du parti communiste» continue donc ses vociférations. Chacun sa nature. Mais en sommes, au nom de qui parle-t-il? A-t-il derrière lui le parti socialiste suisse duquel il a été élu et auquel il se rattache comme conseiller national, à Genève, comme membre de la section cantonale qui forme le Parti socialiste genevois? Evidemment, il n'a plus ni derrière lui ni avec le le Parti socialiste suisse. Comme nous l'avons surabondamment établi d'une manière irréfutable et par les textes précis tirés de la presses socialiste, Nicole a été formellement condamné, le samedi 8 octobre, à Berne, par le Comité central du PSS unanime (37 voix) contre Nicole seul, son patron Dicker et ses valets Ehrler et Fornerod (4 voix). Sous le coup de cette condamnation, Nicole a quitté la salle en proférant des menaces. Si arrogant que soit l'individu, il a senti et avoués qu'il n'était plus à sa place dans une assemblée socialiste qui l'exécutait avec une telle vigueur.
Ce n'est pas là un caprice du PSS, ni une circonstance fortuite. En 1931 déjà, le Comité Central, puis l'assemblée générale de ce parti, avaient formellement déclaré que la qualité de membre du parti était incompatible avec celle de membre d'organisations communistes telles que les "amis du monde", les "Amis du film nouveau", le "Secours rouge" ou les "Amis de la Russie soviétique", tous groupements montés et soutenus par la propagande de Moscou.
Nicole, spécialement visé, avec Ehrler et Borel, s'était tenu coi quelques temps pour recommencer dès qu'il avait pu croire l'affaire un peu oubliée.
Cette année, le Comité socialiste a repris ses accisations de 1931: mais il y a ajouté les multiples provocations de Nicole survenues depuis lors. Liquidant avec dédain l'insolente prétention qu'émattait Nicole de chasser le conseiller national Graber du secrétariat romand du parti parce que le dit Graber a écrit quelques ruds vérités, l'assemblée a surtout retenu les chefs d'accusation suivants contre Nicole:
a) agression contre le Secrétariat de Berne;
b) attaques contre la diplomatie "socialiste" à Genève, contre le désarmement et contre les objecteurs de conscience;
c) programme nicoléen de guerre civile et de boucherie à l'intérieur;
d) absurdités de Nicole à propos de ses procès;
e) insultes personnelles adressées sous influence ou par lui-même à des socialistes militants;
f) concurrence déloyale du Travail [contre La Sentinelle, organe du PSS];
g) démagogie tendant à se servir du parti pour amener les masses au bolchévisme;
h) politique de destruction pratiquée par Nicole alliée aux communistes contre les organisations socialistes et syndicales;
i) organisation par Nicole d'une conférence à Berne avec le sieur Bodemmann, communiste (Nicole menacé, a flanché et renoncé à ce projet);
j) empoisonnement des cervaux pour livrer la classe ouvrière à la démagogie moscovite;
k) attaque de Nicole à Strasbourg contre le parti socialiste de cette ville;
l) conduite de Grenoble oirganisée par Nicole à Genève contre le camarade Reinhard, président du PSS;
m) participation obstinée aux organisations de noyautage soviétique en marge du parti afin de favoriser des scissions dans le mouvememnt ouvrier;
n) participation de Nicole au Congrès bolchéviste d'Amsterdam et propagande utlérieure en faveur de ce congrès.
Toute cette énirme activité anti-socialiste de Nicole a été déclarée "incompatible" par les PSS, qui a soulignée la "sévérité" de son verdict.
Nicole est donc formellement condamnés par le socialisme suisse. Les chefs du parti l'ont dit et l'ont écrit.
Nicole peut-il récuser cette autorité? Il ne le peut pas puisque lui-même, l'imprudent, a fait appel au Comité central pour demander la peau de Graber