Journal de Genève, 11 novembre 1932: Nicole, le grand responsable de l'émeute qui s'acheva dans le sang
APRES LA NUIT TRAGIQUE
ASSEZ!
Pour répondre à une manifestation qui se déroulait dans un local fermé, Nicole et le parti socialiste genevois ont provoqué une émeute. L'appel publié mercredi par le Travail sous la signature du ce parti était un appel à la sédition. Les sections socialistes furent mobilisées; elles reçurent des instructions précises, on leur enjoignit de résister aux agents, de rompre les barrages, de couper les cordes, de se munir de poivre et de sifflets. Tout fut préparé dans le détail. Nicole voulait se rendre maître de la rue. Ce sinistre agitateur saisit le prétexte d'une réunion pour appliquer la politique qu'il préconise depuis des années dans son journal. Il pense que que le moment était venu de passer aux actes et de recueillir les fruits empoisonnés de ses excitations incessantes.
Nous avons, dix fois, attiré l'attention sur les conséquences qu'auraient ses appels à la violence; à force de prêcher la révolution, on est contraint de la déclencher, à force d'échauffer l'esprit de ses troupes, on finit par les déchaîner.. Mercredi soir, Nicole harangua le public; il lui montra de nouveau la nécessité d'une révolution. Il l'excita contre les gendarmes qui, avec un calme parfait parfait, contenaient la populace; il adressa des injures ignobles à de braves gens qui n'accomplissaient que leur devoir. Avec les communistes Lebet et Tronchet, qui réalisèrent dans l'action l'unité prolétarienne avec le bolchéviste camouflé. Il est le grand responsable de l'émeute qui s'acheva dans le sang. Il la prépara dans son journal. Il la suscita dans la rue. Suite de la première page du 11 novembre 1932
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Journal de Genève, 12 novembre 1932: Les autorités agissent Il est indubitable que l'émeute de Genève avait été concerté et organisée par Nicole et ses séides et il paraît de plus en plus évident que cette action ne devait pas demeurer isolée: l'agitation communiste du même soir à Lausanne qui s'est renouvelée avec plus de gravité jeudi, le démontre éloquemment. Le mouvement dépasse les frontières de notre action. A ce double titrra, le Conseil fédéral a été amené à s'en occuper, et à prendre les mesures nécessaires pour éviter de nouvelle rébellion. Suite
Journal de Genève, 13 novembre 1932: Soyez les artisans de la tranquillité publique Par 87 voix contre 58 et un certain nombre d'abstentions, le comité de l'Union des syndicats de Genève a décidé de transformer le jour de deuil en jour de grève. A 3 h. de la nuit, les employés de la CGTE ont refusé de s'associer à cette manifestation, et ce matin, les tramways circulaient comme à l'ordinaire. Cela prouve que les sysndicats n'approuvent pas unanimement cette manifestation qui est pour le moins inopportune à un moment où les esprits sont encore échauffés. Suite
La gauche va encore dire que les autorités font de la paranoïa, parce qu'elle nie l'horreur provoquée par le coup d'état de Lénine et son successeur Staline, tout en mentant sur la fusilllade du 9 novembre 1932. Contre les menées révolutionnaires: le Conseil fédéral a examiné mardi matin le projet de loi élaboré par le Département de justice et police en vue de prévenir et de réprimer les menées révolutionnaires. Le rapport sur le 9 novembre 1932 est distribué au personnel fédéral