Arlette Weber qui avait presque 12 ans au moment de la fusillade n'a toujours pas compris ce qui s'était vraiment passé. Par contre, elle témoigne des sommations encore niées par la CGAS et le GSSA. ainsi que par des historiens falsificateurs!


«Un tel spectacle marque à jamais une enfant» Arlette Weber avait presque 12 ans au moment de la fusillade.


P. Frautschi | Arlette Weber
. «J’aurais pu y avoir droit. Mais, grâce à Dieu, je n’ai pas été touchée.»

Tribune de Genève, Jean-Yves Clémenzo, 08 Novembre 2007

Malgré les années, Arlette Weber, 87 ans, a conservé la vivacité de l’esprit. Elle n’y va pas par quatre chemins: «On a foutu la faute sur Léon Nicole, mais ce n’était pas un mauvais type. C’est cette charogne de Géo Oltramare qui aurait dû payer.» Septante-cinq ans plus tard, elle habite toujours au deuxième étage du numéro 1 de la rue Dancet qui surplombe la plaine de Plainpalais, aux premières loges de la fusillade du 9 novembre 1932.
Fermer la fenêtre et se réfugier

«C’était noir de monde. Les militaires étaient disposés près de l’Ancien Palais des Expositions», se souvient Arlette Weber. Ses parents terminaient leur repas lorsque la fillette s’est approchée de la fenêtre: «Papa, viens voir, il y a des militaires, de la musique», a-t-elle lancé. Son père lui a alors intimé l’ordre de fermer la fenêtre et de se réfugier à la cuisine. Ancien militaire, il avait reconnu le clairon et savait ce que cela signifiait. Des coups de feu retentirent. Des balles atteignirent le mur de l’immeuble des Weber. «J’aurais pu y avoir droit. Mais, grâce à Dieu, je n’ai pas été touchée», se réjouit-elle.

Des blessés sur le billard

Le téléphone retentit. C’était Madame Comte, la propriétaire du Café des Sports situé à l’angle de la rue Dancet. Elle demande d’urgence du vieux linge pour poser des garrots aux blessés. Arlette Weber descend au café avec son frère pour apporter des draps: «J’étais écœurée de voir tout ce sang. Il y avait des blessés sur la toile verte du billard. Quand vous voyez cela à 12 ans, cela marque.» Le ballet des ambulances commence depuis l’Hôpital cantonal.
Le lendemain, Arlette Weber se rend à la rue Hugo-De-Senger pour reprendre l’école. Comme les militaires dormaient sur de la paille dans l’établissement scolaire, les enfants n’ont pas pu suivre de cours pendant plusieurs jours. La fillette accompagne son père, dans la soirée, à la caserne. La foule réclame les soldats auteurs des tirs. Les militaires ont alors déversé de l’eau pour chasser les manifestants. «Mon père s’est demandé pourquoi ils n’avaient pas agi de la même manière la vieille.» Parmi les victimes, la famille Weber ne connaissait qu’une personne. «Un instituteur qui rentrait des cours et s’est fait choper raide mort à l’avenue Henry-Dunant», se rappelle-elle.
Puis la vie a repris. Arlette Weber a tout d’abord travaillé dès 1936 pendant dix ans pour le Credit Suisse, rejoint le Département politique à Berne (ndlr: aujourd’hui le Département fédéral des affaires étrangères) et la légation de Suisse à Bruxelles. Dans les années 70, elle revient à Genève, établit son domicile dans l’appartement familial et termine sa carrière à la Banque nationale suisse.

Septante-cinq ans après la fusillade sanglante, Arlette Weber en tire ceci: «Les enfants ne devraient pas être mêlés aux guerres et à la violence parce que cela les marque à vie.»

La fusillade du 9 novembre 1932 a profondément influencé les débats sécuritaires en Suisse. Jusqu’aux années 1930, l’armée était régulièrement utilisée pour assurer l’ordre intérieur. La fusillade de 32 a marqué une rupture dans l’histoire genevoise et suisse.

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