Les causes du mitraillage du 9 novembre 1932
Dominique Wisler et Marco Tackenberg
La question des responsabilités dans l'affaire du mitraillage de la foule venue protester le 9 novembre 1932 contre la tenue d'une réunion fascisante dans la salle communale de Plainpalais n'est aujourd'hui encore, 75 ans après les faits, toujours pas résolue. Qui écrit cet énorme mensonge? Un duo composé d'un politologue et d'ancien chargé de cours à l'Uni de Genève!
Rappelons que réunion fascisante permet d'oublier le thème, à savoir la mise en accusation de MM. Nicole et Dicker d'être des agents de l'étranger, ce qui était l'exacte vérité. Evidemment l'enquête sur la fusillade, qualifiée de mitraillage, ce qui est une falsification voulue de la réalité, en taisant l'agression des soldats organisée par MM. Nicole, Lebet et Tronchet, ce qui évite de mentionner les casques cabossés, les fusils cassés et le poivre dans les yeux. Et en apothéose de ces falsifications, on tait l'essentiel. à savoir que lorsque la fusillade éclata, le meeting de Géo Oltramare était terminé.
Evidemment, les investigations faites par l'armée furent partisanes, de même que le procès des Assises fédérales en 1933. Mais le peuple rendait son verdict et rétablissait à sa manière la vérité des faits ce qui voudrait dire que, quand Léon Nicole fut éjecté du Conseil d'Etat, le peuple rétablissait le mensonge?
Après avoir contesté l'enquête militaire qui aurait falsifié le journal des événements en affirmant que l'ordre d'intervention avait été donné à 21h15 alors qu'en fait c'était à 21h00, mais en mentionnant tout de même les injures, jets de pierre et vociférations et que la foule devenait de plus en plus menaçante, Wisler et Tackenberg tartinent 6 pages pour démontrer que c'est l'absence de socialistes dans l'exécutif par le fait que le mode d'élection n'était pas à la proportionnelle, que le sang a coulé parce que le peuple exigeait la présence des socialistes.
C'est tellement gros qu'il faut un moment pour reprendre ses esprits. Mais le conflit entre Nicole et Lebet, allié dans cette émeute, mais ennemis depuis la création du parti communiste suisse en 1921 et qui le resteront jusqu'au changement de ligne du Komintern en 1935, cela Wisler et Tackenberg n'en parle pas. Ce qui permet de passer son silence Staline, et le fait que Nicole et Lebet étaient des agents du grand bourreau des peuples. Que Genève fut en 1932 le siège d'un conférence internationale sur le désarmement, que Staline a fait organiser par le Komintern une bastringue sur la paix, évidemment à Genève, pour soutenir Litvinov et la délégation soviétique, et que le Conseil d'Etat, en partie sur les conseils de Théodore Aubert et de Géo Oltramare refusa cette opération de propagande stalinienne. C'est à Amsterdam, au début septembre, qu'eut lieu cette imposture, et que Nicole s'y rendit malgré l'interdiction du parti socialiste suisse.
Une histoire du XXe siècle sans Staline, ce qui permet d'occulter les dizaines de millions de vies brisées par le régime soviétique, voilà le but caché de MM. Wisler et Tackenberg, qui se trouvent en bonne compagnie dans ce colloque, fait sur mesure pour éviter les faits gênants.