La manifestation du 9 novembre 1932

“La cristallisation du mythe du complot communiste” Jean-François Fayet et Michel Caillat, historiens, Faculté des Lettres, Université de Genève

Rappelons tout d'abord, que Jean-François Fayet est l'auteur d'une étude “La mission Wehrlin du CICR en Union soviétique (1920-1938)” qui “omet” la Grande famine de 1932-33, Holodomor en Ukraine, authentique complot communiste du Politburo du PCUS qui provoquera la mort d'environ 10 millions d'innocents, de Dniepropretovsk (Ukraine) à Karangada (Kazakhstan)! Il y eut un vrai complot négationniste pour cacher la Grande famine de 1932-33, auquel Jean-François Fayet participe et continue le travail de désinformation déjà effectué par Léon Nicole et “Le Travail” ainsi que par le PCS et son organe “Drapeau rouge” qui célébraient les magnifiques victoires de l'URSS dans l'agriculture alors que des millions d'hommes, de femmes et d'enfants mourraient d'une famine atroce. En outre, le parti communiste suisse a tenté de saboté une conférence sur la réalité soviétique comme le rappelle l'article suivant:

Le Journal de Genève du 11 juin 1932 fait le compte rendu d'une conférence donnée par Mlle Bertillon sur "Ce que j'ai vu en Russie soviétique" qui a pu avoir lieu grâce au comité d'organisation présidé par Théodore Aubert.

«Sans le moindre apparat et la plus légère affectation, elle apporta hier, à un auditoire extrêmement attentif, le récit très simple de ce qu'elle eut l'occasion de voir et d'entendre en Russie; un récent voyage d'études qu'elle eut l'heur de faire récemment avec quelques compagnons au paradis bolchévique, lui a permis d'en rapporter une moisson [mot malheureux en regard de la famine sévissant en Russie] de documents impartiaux et de renseignements de première main, dont on ne s'étonnera pas qu'ils ne concordent guère avec les informations tendancieuses inspirées ou dictées par Moscou.

«La conférencière décrivit l'effroyable misère qui règne partout et dont le spectacle fut la perpétuelle obsession des voyageurs; la circulation, dans les grandes artères de la capitale comme dans les moindres ruelles, laisse l'impression douleureuse d'une perpétuelle sortie d'usine, partout la foule sordide, mal vêtue, le visage émacié et triste. Dire que le régime s'est essayé à supprimer systématiquement, outre la propriété privée, la famille et la religion, c'est énoncer un fait devenu banal, hélas, mais qui se colore de teintes singulièrement tragiques pour peu qu'on suive Mlle Bertillon au fil de ses curiosités. Et ce n'est pas le moindre mérite de son exposé d'avoir su condenser en sept quarts d'heure une telle somme de faits, d'impressions et de souvenirs. Tour à tour furent évoqués la hantise des dortoirs et des maisons communes, les affres de l'espionnage officiel, l'infâme organisation du plan quinquennal et de la propagande antireligieuse.

Dans le dernier paragraphe, on comprend que des militants communistes, infiltrés, ont tenté de saboter la conférence, mais que leur manoeuvre a bien vite avorté.

Journal de Genève du 11 juin 1932

A noter que l'“affreux fasciste” Théodore Aubert et l'EIA ont tenté, eux, d'aider le peuple soviétique laminé par la terreur depuis 1917, la collectivisation de 1929-30, et maintenant par un horrible famine alors que les “antifascistes” du parti socialiste genevois, le parti communiste suisse et les autres filiales helvétiques du Komintern n'ont rien fait en solidarité avec les ouvriers et les paysans, ainsi que les peuples colonisés de l'Union soviétique. On ne peut servir à la fois le peuple et son bourreau, Staline, pour cette période, Lénine pour la précédente.

Lors d'une rencontre le Dr Fayet a affirmé que la preuve que Moscou n'était pas derrière l'émeute parce que des rapports du Komintern ont critiqué vertement la section suisse de l'Internationale communiste. Il ne lui est pas venu à l'idée que cela était une manière détournée pour dénoncer leur échec: si le sang a bien coulé, la grève générale a été un fiasco! Jean-François Fayet et Michel Caillat devrait étudier l'ouvrage sérieux de Brigitte Studer.


“Drapeau rouge”

Oubliant de citer “Le Travail” et le “Drapeau rouge”, et pour cause, Jean-François Fayet et Michel Caillat se concentre sur le Pilori et citent des passages qui prouveraient que le mythe du complot a été forgé par Géo Oltramare: “Nous avions le devoir de mettre en accusation deux individus qui sont au service de l'étranger” et “Nous pensons avec une profonde tristesse à ceux qui furent les victimes de la folie satanique de Nicole, mais dans deux ou trois mois, les agents des Soviets auraient trouvé un autre prétexte pour déclencher la révolution. Et dans deux ou trois mois le grand chmabardement, encore mieux préparé, aurait fait, sans doute, vingt fois plus de victimes. Ces troubles qui éclatent simultanément à Lausanne et à Genève, révèlent le plan meutrier de Moscou.” (Après l'émeute, Pilori du 11 novembre 1932).

“Ces troubles qui éclatent simultanément à Lausanne et à Genève”, voilà encore un fait oublié! Et pourtant, durant les jours précédant, de nombreuses actions ont lieu par les “antifascistes” comme de souiller le monument au morts italiens. Et l'explosion à la Place de la Palud de Lausanne? Tous ces faits prouvant une action d'envergure sont systématiquement ignorés par les deux “histo-riens”.

Et cela continue en impliquant Thédore Aubert et l'Entente internationale anticommuniste qui, depuis le renvoi de la mission Berzin en 1918, renvoi évidemment injuste, démontre qui fait partie du mythe du complot. Le commanditaire de ce coup de force est désigné sans ambiguïté: “La Délégation à Genève du Gouvernement soviétique et le parti communiste genevois, allié de Nicole dans l'émeute sanglante, obéissent tous deux aveuglément au même chef, Staline.”

A la page 63: “Une insurrection personellement orchestrée par Staline, devant embraser le pays tout entier, pour s'étendre ensuite aux états voisins, que seul l'appel du gouvernement à la troupe a permis d'étouffer. Comment d'ailleurs, jusitifier autrement la mobilisation de l'armée, et. surtout, la fusillade et ses treize victimes? Cette interprétation, longtemps prédominante, du 9 novembre 1932 apparatient au répertoire des mythes de l'anticommuniste, et pour l'essentiel, fait écho à d'autres théories de la conspiration, comme celles mettant en scène des juifs, des jésuites ou des francs-maçons, étudiées par Raoul Girardet dans son célèbre Mythes et mythologie politique.”

Et la page 64 dévoile complètement Jean-François Fayet et Michel Caillat, défenseurs du communisme et stigmatiseurs de l'anti-communiste: “L'anticommunisme se nourrit en partie de mythes, comme celui du complot, une caractéristique qui explique - au-delà de l'incompétence et de la maladresse des responsables aussi bien politiques que militaires - le drame du 9 novembre. Et ce sont ces mythes, plus que la réalité du phénomène communiste à Genève, qui permettent de penser l'inadéquation et la disproportion de la réponse apportée à la contre-manifestation socialiste. Le discours anticommuniste est en effet fortement décalé par rapport à la réalité, un phénomène auquel répond d'ailleurs la rhétorique communiste sur les intentions bourgeoisie. Généralement diffamante, l'image construite par les anticommunistes de leurs adversaires est systématiquement amplifiée: les communistes étant toujours soupçonnées d'être à l'origine de la moindre grève ou manifestation, et, surtout de préparer en permanence la révolution.”

Il est fortement décalé car l'ampleur de l'horreur provoquée par les régimes communistes, en l'occurence ceux de Lénine et de son héritier, Staline, dépassent tout! Quant au discours communiste, est-il décalé? il décrit le paradis alors que règne l'enfer!

Page 66

“Craignant une nouvelle intervention militaire par la progression du militarisme japonais en Chine du Nord et la poussée du parti national-socialiste en Allemagne. Craignant une nouvelle intervention militaire contre eux, les dirigeants soviétiques adoptent, à partir de 1932 et à l'initiative de Litvinov, une politique d'insertion dans le concert des nations qui les amènera, en septembre 1934, à répondre favorablement à l'invitation française de rejoindre la Société des Nations. C'est d'ailleurs lors de la conférence sur le désarmement, qui se tient à Genève à partir de 1932, que les représentants soviétiques, parmi lesquels Litvinov, Dovgalevsky et Radek, nouent des contacts qui conduiront l'année suivante à la reconnaissance de l'URSS par les Etats-Unis.

La note 19 fait la liste de quelques uns des filiales en Suisse du Komintern, qui comptaient des agents individuels et des compagnons de route:
La Société d'Etudes documentaires sur la Russie contemporaine (SEDRC), créée en 1924 à Lausanne par des personnalités appartenant au milieu de la Maison du peuple de Lausanne, l'Institut Jean-Jacques Rousseau et des proches de Romain Rolland;
La Société culturelle de rapprochement avec l'URSS, créée en 1930 à Genève dans les milieux de la “Libre pensée” (Gustave Brocher, Maria Birchemeyer, H. Rémézov, …);
La Société des Amis de l'URSS, créée en 1930 à Genève à l'initiative de Léon Nicole et de socialistes genevois dont Ehrler.
La Société des Amis de la Russie soviétique, fusionne en 1931 les deux précédentes.
Autre nom La Société des Amis de l'Union soviétique selon note 20, page 67.

Page 67
Les références à Sergueï Bagotsky permettent en note de citer les travaux de Jean-Daniel Praz sur la mission Wehrlin à Moscou, et de Peter Huber avec Jean-François Fayet, qui ont publier deux articles en allemand et en français sur le même thème. Ces trois ouvrages nient totalement la Grande famine de 1932-33, Holodomor en Ukraine: une erreur sans doute?

Page 68
En totale contradiction avec les recherches de Brigitte Studer, qui a trouvé dans les archives les critiques violentes du comportement du parti communiste suisse!

Il ne vient pas à l'idée aux auteurs que si le but de Komintern n'était effectivement pas de créer une situation insurrectionnelle, tous les événements détournant l'attention de l'URSS où la famine organisée par le gouvernement atteint son apogée de morts sont utiles. Mais comme Michel Caillet et Jean-François Fayet nient la famine, et même la répression en URSS, ils interprètent l'histoire en fonction de leur soutien inconditionnel à Staline.

Tout est à jeter car sous l'apparence trompeuse de travaux historiques, Michel Caillet et Jean-François Fayet commettent de la pure propagande pour l'odieux régime communiste de Staline!

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