Le comité d'Olten, et l'agitation bolchévique en 1918

Il ne s'agit pas ici de vitupérer contre les mauvais ouvriers alors que le droit de grève est un droit démocratique, et par conséquent de ne pas analyser les conflits sociaux de novembre 1918, la grève générale, mais de mettre en lumière la tentative des bolchéviques, leur coup d'état d'octobre 1917 ayant hélas réussi par le sang, d'exporter leurs méthodes afin de tenter un coup en Suisse, comme d'autres pays furent gravement touchés, comme l'Allemagne, la Hongrie.


Un complot révolutionnaire à Zürich. Le Conseil fédéral lève des troupes. Une délégation du Conseil d'Etat zurichois, composée de MM. Mousson et Keller, est venue mardi soir à Berne pour exposer au Conseil fédéral les craintes que lui inspirent les menées révolutionnaires de certains éléments de la ville de Zurich pour un avenir qu'on a lieu de croire très proche”. La Revue du 6 novembre 1918 qui annonce aussi la mise sur pied de troupes par le Conseil fédéral.

“Le Conseil fédéral suit de très près, quoi qu'on en dit, l'activité des bolchévistes russes en Suisse. Il a pris ces jours derniers une première mesure en demandant à la légation de Russie d'inviter Mme Balabanof et M. Salchine à quitter notre territoire. […] “Récemment, la “Neue Zurcher Zeitung" a annoncé que la bolcheviste russe Angélique Balabanoff était arrivée à Zürich, venant de Russie. Assurément, cette émissaire du gouvernement anarchiste des Soviets a été munie d'instruction pour la propagande en Suisse.” La Revue du 6 novembre 1918.

Protestation contre toute manifestation de sympathie à l'occasion de l'anniversaire du coup d'Etat bolchevik. Certains journaux ont inséré un appel invitant les masses laborieuses de la Suisse à fêter l'anniversaire du coup d'Etat bolchevik. Nous protestons avec une profonde indignation contre toute manifestation de sympathie pour cet anniversaire honteux, intimément lié au souvenir du terrible crime contre le peuple russe et sa grande révolution du 12 mars 1917. Le 7 novembre 1917, cette poignée de démagogue réussit à faire un coup d'Etat en spéculant sur les plus bas instincts de la foule. Mais, pendant ces longs douze mois écoulés, ces démagogues ne tinrent aucune des promesses qu'ils avaient prodiguées avec tant de générosité… […] On se propose de fêter en Suisse l'anniversaire de ce régime sanguinaire et traître [ndlr: ET DE PROVOQUER DES EMEUTES POUR TENTER UN COUP D'ETAT].”
Le comité du Groupe socialiste russe de la défense nationale: Morosow, Poliakoff, Warkales.
Pour le comité de la Ligue pour a régénération de la Russie: S. Alschwang.
Le Comité directeur du Cercle de la Liberté: Ph. Bridel, prof; G. Brocher, prof; L. Dutoit, institutrice; A. Merminod, instituteur; U. Galland, rédacteur; O. Rapin, député; H. Sensine, prof; J. Wintsch, médecin ”

EN SUISSE Un projet de révolution à Zürich

[…] On écrit au Journal de Genève: “Une délégation des socialistes zurichois, composée de M. Platten et de Mme Rosa Bloch, était venue mardi à Berne, dans un compartiment réservé de 1re classe (sans doute aux frais des bolcheviks) pour protester d'avance contre mesure de précaution. Le Conseil fédéral a passé outre, et il a bien fait. Il paraît complètement décidé à ne pas se laisser intimider par la pression des amis de Lénine.” […] “Le bolcheviste Henri Guilbeaux, le scribe de Lénine, a obtenu un délai pour quitter Genève jusqu'au 17 novembre. Encore!

“Protestation contre toute manifestation de sympathie à l'occasion de l'anniversaire du coup d'Etat bolchevik. Certains journaux ont inséré un appel invitant les masses laborieuses de la Suisse à fêter l'anniversaire du coup d'Etat bolchevik. Nous protestons avec une profonde indignation contre toute manifestation de sympathie pour cet anniversaire honteux, intimément lié au souvenir du terrible crime contre le peuple russe et sa grande révolution du 12 mars 1917. Le 7 novembre 1917, cette poignée de démagogue réussit à faire un coup d'Etat en spéculant sur les plus bas instincts de la foule (1). Mais, pendant ces longs douze mois écoulés, ces démagogues ne tinrent aucune des promesses qu'ils avaient prodiguées avec tant de générosité. Au lieu d'un paix juste, les Bolcheviks ont donné à la Russie le traité de Brest-Litovsk, d'après lequel la Russie a perdu son unité, a remis à l'Allemagne comme provinces vassales un trps grand territoire et s'est obligée à payer une énorme contribution. Au lieu du bien-être social, les Bolcheviks ont valu à la Russie une guerre désordonnée de tous contre tous, l'arrêt de toute la vie économique et une famnie comme on n'en a jamais vu. Au lieu d'établir un régime démocratique, les Bocheviks ont dispersé l'Assemblée constituante et ont introduit un implacable despotisme allant jusqu'à supprimer la liberté de presse. […] On se propose de fêter en Suisse l'anniversaire de ce régime sanguinaire et traître.”

Le comité du Groupe socialiste russe de la défense nationale: Morosow, Poliakoff, Warkales.
Pour le comité de la Ligue pour a régénération de la Russie: S. Alschwang.
Le Comité directeur du Cercle de la Liberté: Ph. Bridel, prof; G. Brocher, prof; L. Dutoit, institutrice; A. Merminod, instituteur; U. Galland, rédacteur; O. Rapin, député; H. Sensine, prof; J. Wintsch, médecin  ”

-1. Les 40 millions de marks-or reçu par Lénine permis de corrompre, financer des mercenaires et de payer des tueurs, ce montant versé par l'Allemagne était encore tenu secret. De plus, la création secrète par Lénine de la Tchéka demeure encore inconnue. 

EN SUISSE Un projet de révolution à Zürich

[…]On écrit au Journal de Genève: “Une délégation des socialistes zurichois, composée de M. Platten et de Mme Rosa Bloch, était venue mardi à Berne, dans un compartiment réservé de 1re classes (sans doute aux frais des bolcheviks) pour protester d'avance contre mesure de précaution. Le Conseil fédéral a passé outre, et ill a bein fait. Il paraît complètement décidé à ne pas se laisser intimider par la pression des amis de Lénine.”

[…] “Le bolcheviste Henri Guilbeaux, le scribe de Lénine, a obtenu un délai pour quitter Genève jusqu'au 17 novembre. Encore!
La Revue du 7 novembre 1918.

La Revue du 8 novembre 1918. “Les bolchévistes chez nous. Les socialistes zurichois protestent. […] Ainsi le Vorwaerts de Bâle écrivait hier “On emploiera les méthodes bolchevistes si l'ouïe politique de nos adversaires n'est pas assez fine, Ce ne sont pas les principes démocratiques qui en empêcheront les ouvriers.” Il est donc entendu que la classe ouvrière est prête à recourir au meurtre, au pillage et à l'incendie dans le cas où les orielles du gouvernement ne s'ouvriraient pas toutes grandes aux revendications telles que la journée de huit heures, la dissolution du Conseil national, la démobilisation de l'armée et le maintien en Suisse de la Balabanoff et du sieur Salchine.” […] EN SUISSE L'agitation bolcheviste. […] Des jeunes gens distribuaient subrepticement un manifeste du "parti communiste de Zürich". […] Le Journal de Genève écrit: “Sur initiative du comité central du Club alpin, à Genève, il s'est tenu jeudi soir une réunion de tous les présidents de sociétés genevoises non politiques en vue d'organiser une résistance civique contre les entreprises bolchevistes en Suisse. […] La direction du parti socialiste suisse a envoyé un télégramme de félicitations et de sympathie au gouvernement bolcheviste russe à l'occasion de l'anniversaire de la révolution maximaliste.

La Revue du 9 novembre 1918. “En Allemagne. Les mutineries militaires. Le drapeau rouge à Kiel. Révolutions. La République sociale à Munich

Les grèves en Suisse. La matinée de samedi s'est passée dans le calme. Presque tous les magasins sont fermés. Les banques restent ouvertes Sur la place des Orpheims, un meeting de 4000 manifestants a entendu les harangues de MM. Duby, Ilg et Grimm. M. Duby a recommandé le calme et la dignité. M. Ilg a condamné la levée des troupes qu'il considère comme une provocation. Il a ajouté que c'était la dernière fois que les ouvriers accepteraient pareille comédie. M. Grimm a protesté contre l'expulsion de Mme Balabanof et contre la rupture des relations avec le gouvernement des soviets . […] Nous sommes partisans de la révolution, mais nous repoussons l'anarchie et le désordre. Nous voulons conquérir le pouvoir politique, mais sans aucune effusion de sang.” [ndlr: Alors Grimm doit condamner Lénine, ce qu'il fera… 10 ans plus tard!]

La Revue du 9 novembre 1918. “Le soviet d'Olten décide de la grève générale. La presse socialiste fourmille, il est vrai, d'invitations au respect de l'ordre. Mais on sait ce que valent ces appels lorsqu'ils succèdent à une campagne effrénée et haineuse et à des panégyiriques enthousiastes des hauts faits bolchévistes. Les chefs socialistes ont assumé une grosse responsabilité […] Le Conseil fédéral renvoie la mission bolcheviste. […] Les projets d'émeutes à Zürich.”

Appel au peuple suisse du Conseil fédéral: Fidèles et chers confédérés…

La grève générale décrétée. La délégation du Conseil fédéral a reçu dimanche matin MM. Grimm et les conseillers nationaux comme représentants du comité d'Olten.”

La Revue du lundi 11 novembre 1918.

La Revue du 12 novembre 1918. “L'agitation bolchéviste en Suisse. A Zürich La journée de samedi a été relativement calme, […] Au cours des perquisitions opérées à Zürich chez les révolutionaires, on a trouvé entre autres quinze mitrailleuses suisses largement approvisionnées en munition. Les agitateurs avaient convoqué dimanche après-midi une grande assemblée sur la Fraumünsterplatz pour célébrer l'anniversaire de la révolution socialiste en Russie, malgré l'interdiction générale d'assemblées du commandant des troupes. Les camarades Platten et Ruegg devaient y prendre la parole. Une foule immense s'était rassemblée; toute la place et les rues avoisinantes étaient pleines de monde. Peu après 3 heures, une compagnie d'infanterie arriva, venant de la Fraumünsterstrasse, et fut acceuillie à coups de sifflet. A peine installée devant la Fraumünsterkirche que la foule passait à des voies de fait contre les soldats. La troupe alors tira à blanc et à balles, blessant quelques personnes. La foule se rua dans les rues voisines. La trouppe dispersa à plusieurs reprises de nouveaux attroupements en tirant. Peu après apparurent de nouveaux détachements d'infanterie et de cavalerie sur quoi la foule se dispersa.” […] Allemagne. Abdication de l'empereur.

La Revue du 21 novembre 1918. “Après la grève. La capitulation du comité d'Olten a provoqué, comme c'était à prévoir, un riche échange d'aménités entre les bochevistes convaincus et les socialistes qui se réclament encore de la démocratie…”

La Revue du 11 décembre 1918. “Terroristes et bolchévistes expulsés. Le Conseil fédéral a ordonné ces derniers jours l'expulsion de 27 personnes pour menées anarchistes et délits contre la sûreté publique au moyen d'explosifs, propagande révolutionnaire, participation active aux agitations […] 400 indésirables […] Départ de Russes ajourné. Guilbeaux sera mis dans un train pour la Russie […] Les voleurs bolchevistes… sous le prétexte d'une visite domicialire, il a été commis à la légation de Petrograd un vol portant sur des sommes très considérables .

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