L'affaire Conradi selon les éditions Eiselé

Cet éditeur a publié une série d'ouvrages sur l'histoire suisse par décennies; celui sur 1920-29 s'appelle “Entre modernité et nostalgie: La Suisse de 1920 à 1929”:

Entre modernité et nostalgie: La Suisse de 1920 à 1929

Anne-Françoise Praz, préface de Claude Torracinta

Editions Eiselé, 1992, Prilly (VD), Suisse

L'attentat de Conradi contre Vorowsky

Voilà pour les communistes!” s'écrie Moritz Conradi en tirant sur Vatzlav Vorowsky. Puis il décharge son arme sur les deux “compagnons” et ne le tuent pas! Conradi, maître de lui demande à l'orchestre de jouer une marche funèbre, ce qui est refusé. Puis, il s'asseille et attend la police. Conradi est arrêté, puis Polounine quelques jours plus tard.

Le parti socialiste suisse: «…condamne le plus vivement l'attentat de Lausanne et proteste énergiquement contre l'insuffisance du service de sûreté dans la ville où siégeait la conférence…», protection proposée mais déclinée par Vorowsky, fait omis par Anne-Françoise Praz, comme par hasard!

On peut chercher longtemps une quelconque condamnation des crimes et massacres de masse commis par Lénine, membre du parti socialiste suisse, section de Zürich.

Le parti communiste suisse (en fait la section suisse de l'Internationale communiste): «Qui sont les complices de ce meurtre? Il s'agissait de tenir éloignés de la conférence de Lausanne la Russie des Soviets et ses représentants. Telle a été la volonté des bandits impérialistes de l'Entente auxquels le Conseil fédéral a rendu un service de valet en refusant l'entrée au courrier soviétique… Prolétaires! L'horrible meurtre de Lausanne ne vise pas seulement la Russie des Soviets, il est le signal du commencement, en Suisse aussi, des cruautés fascistes.»

Les «cruautés fascistes», elles ont commencé en octobre 1917, début de la terreur du fascisme rouge contre le peuple, terreur soutenu par le parti communiste suisse!

1923: la Russie bolchévisée vient de subir une guerre civile provoquée par le coup d'état d'octobre fomenté par Lénine grâce à l'or du Kaiser, et une terrible famine qui tuera au moins 5 millions d'innocents. Et en plus, Lénine usa de cette famine pour attaquer l'Eglise orthodoxe (mars 1922) et faire exécuter par la Tcheka l'opération “la valise ou le cercueil” contre des milliers d'écrivains et intellectuels (mai 1922). Tout pouvoir individuel ou collectif de la société civile est détruit, “Tout le pouvoir aux soviets” n'a été qu'une tromperie, car le totalitarisme de Lénine a vaincu la Russie!

Pour accepter un public important, le procès se déroule dans le Casino de Montbenon, juste à côté du Tribunal de Lausanne.

Le procès de Conradi devient celui du bolchevisme

“Le procureur déplore la tournure politique du procès et rappelle l'enjeu: «A-t-on le droit de commettre un crime pour lutter contre un régime qui nous paraît contraire à la vraie civilisation?… Que deviendraient les Etats s'ils admettaient que le premier venu s'arroge le droit de tuer…?» Mais ce rappel au droit est balayé par l'intervention de Me Aubert, défenseur de Polounine. Durant trois demi-journées, l'avocat prononce une magistrale plaidoirie, véritable réquisitoire contre le communisme, qui bouleverse l'auditoire et aura un grand retentissement à l'étranger.

Dicker, agent de Moscou Aubert, défense de Conradi

Conradi acquitté: réactions controversées

«Quel malheur!» se serait écrié le conseiller fédéral Motta. Est-ce lui qui a appelé le matin de l'ouverture du procès Benjamin Fonjallaz, en demandant au président de faire attention à l'enjeu du procès, témoignage de ma grand-mère, Marthe?

Tagwacht (socialiste)

«Cet acquittement provoquera chez tous les gens raisonnables un malaise bien compréhensible. Il faut que la bourgeoisie se rende compte de ceci: l'acquittement des deux meurtriers de Lausanne n'est pas autre chose que la légalisation de la terreur, la sanction du nihilisme, la reconnaissance de l'attentat anarchiste.»

En 2002, Domaine public continue le même point de vue et oublie les millions de victimes du régime communiste dont il est complice ar son silence!

conradi

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