Gazette de Lausanne du 6 novembre 1923

Le 5 novembre 1923: L'ouverture des débats, La Cour. Le tribunal est présidé par Benjamin Fonjallaz, assisté de MM. Miget et Milliquet, le procureur Capt et le greffier Cérésole.

Le jury, les prévenus et l'acte d'accusation

Sur Conradi, Les souffrances de sa famille, le rôle de Polounine, la préparation du meurtre. Il n'y a pas eu de complot. L'innocence de la "Ligue nationale" vaudoise.

Les confidences de Conradi. La "Ligue nationale" vaudoise n'a jamais menacé Vorovski et son entourage.

La "Ligue nationale" vaudoise n'a jamais menacé Vorovski. De plus, Vorosvski déclina une offre de protection de la police cantonale. Crime de droit commun? La compétence du tribunal. Cette affaire ne devrait-elle pas être jugée par des Assises fédérales?

La compétence du tribunal. Cette affaire ne devrait-elle pas être jugée par des Assises fédérales?

"Les éléments de l'écriture canaille", quelques considérations sur le mensonge du livre de Crépieu-Jamin!

Reprise de l'audience à 11 h. 30. Un nouvel incident. Mes aveux. L'interrogatoire de Polounine.

Reprise de l'audience à 14 h. 30. Incident: Me Aubert reprend Me Dicker. L'interrogatoire de Conradi. Premiers témoins assistés dont Henri Barbusse - l'agent du Komintern

Le 7 novembre 1923

L'audience de mardi matin. Suite de l'interrogatoire de Polounine. L'esclavage de l'Etat. L'odyssée de Polounine. La détermination de Conradi. Auditions des témoins: M. Eug. Dostowalow (Berlin). Me Dicker - l'Eglise n'est-elle pas aujourd'hui entièrement du côté des Rouges? Et pour cause: l'alternative se réduit à adhérer à l'Eglise rouge ou être déporté ou fusillé!

Aucune complicité. De faibles ressources financières. L'activité en Suisse des bolchevistes. [Curieusement, un nouveau journal, le Drapeau rouge, sort le 3 novembre, à 2 jours du procès. Une coïncidence!] Un incident «Me Aubert précise. Il est donc vrai que Polounine a été l'object de sollicitations pour faire partie de des cadres de la future armée de la IIIe Internationale. La partie civile ricane. Me Tschlenow s'écrie: c'est un espoir fantastique. Me Aubert proteste qu'on l'interrompt. Me Dicker se lève indigné. Il n'a pas interrompu. Me Aubert. Je ne veux pas qu'on m'interrompe. Me Dicker. Je ne vous interromps pas. Vous mentez. Me Aubert. De votre part ce jugement m'honorore.

Me Tschlenow fait une diversion qui réussit car on oublie le rôle d'agent du Guépéou de Polounine. Arcady Vaksberg pense que l'embrouille ordonnée depuis Moscou a consisté à trouver un russe blanc exalté, et le pousser à exécuter Vorvovski qui gênait Staline.

Audience de mardi après-midi. Suite de l'audition des témoins. Le général Serge Dobrorovsky. […] (2e colonne) Lorsqu'on apprit en Italie que Vorovski avait été assassiné, l'indignation fût générale [Y COMPRIS MUSSOLINI?]. Un mois après le crime, M. Maffi partit pour la Russie. Il put s'y rendre compte de la douleur du peuple russe et des efforts, d'ailleurs couronnés de succès, que fit le gouvernement pour empêcher les représailles. [SANS BLAGUES: cet image du gouvernement modérant le peuple, alors que depuis 1921, la dictature du parti-état sur le peuple s'est abattue pour 70 ans! Quant aux menaces de représailles, elles sont pourtant présentes dans le gouvernement bolchevik!] Maffi, en agent de Moscou dans le parti socialiste italien!

Audience de mardi après-midi. Suite de l'audition du général Serge Dobrorovsky qui n'est ni socialiste, ni bolchevik. Incident entre le président Fonjallaz et Me Aubert. Puis le major américain Sidney Grefs et Maffi, un ami de Vorovski.

Audience de mercredi matin. Audition du Dr Georges Montandon qui a séjourné en Russie bolchevik et qui en fait la réclame. Puis Rappoport, ancien député français, “le type de nihiliste suranné: barbe hirsute, chevelure hirsute, lunettes d'or, complet fatigué". Me Dicker essaye de faire dire au témoin que Conradi est un agent de la terreur blanche.Rappoport n'est pas affirmatif. Puis il fait le panégyrique du bolchevisme. Il mentionne l'assassinat d'Ouristsky, en 1918, un de premiers chefs de la Tchéka. Me Aubert s'étonne que M. Rappoport prétend qu'aucun assassinat n'a été commis en Suisse par les terroristes. Et l'affaire Tatiana Léontieff à Interlaken et l'affaires de bombes de la rue Blanche à Genève. […] Le président interrompt de flux d'éloquence marxiste. […]

Me de Muralt parle des exactions contre la famille Conradi à Pétrograd. Me de Muralt se rappelle que, le 2 juin 1919, un Suisse dont le témoin avait fait connaissance en Russie, se rend à a légation suisse pour s'informer de son rappatriement. Tous les assistants furent arrêtés par des soldats, baïonnettes au canon, dans une lointaine prison, trois dans une cellule pour une seule personne, couvert de vermine. Parmi eux, un Suisse fortuné, ami des arts, mourut de dénuement. Un autre Suisse, nommé Deuss, employé de la légation, fut torturé puis mis à mort. Le propre ami de M. de Muralt fut volé et pillé. Un chaufffeur de camion qui emmenait en ville des denrées allait également chercher les condamnés à mort pour les conduite au lieu de supplice. On poussait les condamnés dans une sorte de paroi à angle aigu formée par des traverses de rail. On les contraignait à avancer, puis on les criblait de balles enfermés dans cette souricière. […] Sous le régime bolcheviste, la population de Pétrograd diminua des deux tiers; la vie y était devenue intenable. A part les communistes, tout le monde avait faim. Il n'y avait plus aucune discipline. La Tchéka dominait la vie de chacun. On vivait dans la crainte. On ne s'entretenait qu'à voix basse.

Audience de l'après-midi. M. Ch. Smith, ingénieur américain domicilié à Berlin. En 1918, à Vladivostok où il travaille pour la Croix-Rouge.

M. Klutchnikoff s'était occupé de la Croix-Rouge. M. John Glardon, de la Ligue nationale.

Suite de la page de M. Klutchnikoff et de M. John Glardon, de la Ligue nationale. Le public manifeste.

Audience de jeudi matin. Suite de l'audition des témoins. Albert Scosse, sommelier de l'Hôtel Cécile. «Conradi lui déclara qu'il était heureux d'avoir tué ces chiens rouges et de s'être dévoué pour l'humanité. Il s'est comparé au major Davel. […] Walther Brawand, également sommelier. Pressé par le procureur, le témoin finit par reconnaître qu'il eût été facile à Conradi, s'il l'avait voulu, de tuer Ahrens. […] M. Bangerter, sommelier, «Conradi donnait l'impression qu'il ne connaissait pas du tout la ville où il venait pour la première fois.» […] Bel Fd, président de la Ligue nationale «ne se rappelle plus le texte injurieux de Vorovsky.» […] Déposition de Mme Conradi. «Je partageai les sentiments de mon mari pour les Rouges qui avaient tué toute vie individuelle

Audience de jeudi matin (suite de la page). Suite de l'audition des témoins. M. Jacob Jacob, directeur de l'hôtel de l'Europe. Mlle M. Ludi, femme de chambre l'hôtel de l'Europe. M. Henry Croisier a habité 20 ans en Russie. Il «rappelle les persécutions infligées au régiment de femmes du gouvernement provisoire et aux cadets, qui furent defénestrés par les Rouges. M. Croisier, parlant des suites qu'eut l'assassinat d'Ouritsky, fait un effroyable tableau de l'assassiné qu'il qualifie: "Torquemada de bas étage".»

Lénine agent de l'Allemagne. (suite de la page 1)

Audience de jeudi matin. La personnalité de Polounine. Témoignage de R. de la Croix-Rouge, chef de Polounine pendant 2 ans qui a assisté "à des fusillades en masse". Une vision ineffaçable. «A nouveau des massacres organisés en masse. Pendant 7 mois, les Rouges martyrisèrent vieillards, femmes et enfants. Dans les locaux de la Tchéka, une chambre donnait asile aux avocats, aux intellectuels: on les fusillait. Le témoin a vu ces choses: le plancher couvert de sang. des fragments de chair aux murs, des fosses pleines de cadavres en décomposition. Il fallut, au comité que présidait le témoin sept jours pour débarrasser Kief de cette décomposition. On montre au témoin des photographies représentant des scènes d'horreur à Kief. Il les reconnaît. Images accusatrices. Le témoin commente les photos, On fusillait les victimes nues… Autres atrocités. Les cas de viol, suivi de fusillade, sont fréquents. Des femmes se suicidèrent plutôt que de tomber dans les mains des Tchékistes. Terreur blanche et terreur rouge. (Trouver les photos).

Chez les Tchékistes. A Poltava, le témoin (Dr Lodigensky) passe 7 jours parmi les Tchékistes.

Suite de la reprise d'audience. Me Aubert déclare que la Tchéka n'a fait que changer de nom. Le témoin rappelle que la Tchéka a fêté solennellement son jubilé. Djerjinski l'a félicitée de son activité. Me Tschlenow: l'organisation qui remplace la Tchéka ne peut fusiller sans jugement. - C'est la différence? dit Me Aubert. - Oui (Rires). […] Le Dr Lodigensky quitte la sellette. Un gros incident. Intervention de M. le procureur. Un témoin injurié. Déposition de Mme Conradi mère. Premier contact avec les Rouges. Un gros incident. Me Dicker inculpe un témoin. La cour approuve. Réponse de Me Dicker. Protestation de la défense. Le calvaire de M. Conradi. Autres deuils.

Au pays des Soviet en 1919: Le pillage de la Légation suisse. Et les malheurs des milliers de Suisses de Russie dont certains assassinés.

Au procès Conradi. L'affaire Croisier.

Le procès Conradi dans la Gazette de Lausanne du 10 novembre 1923

"Des communistes ne sont-ils pas morts en grand nombre du typhis et de la famine -Pourquoi pas? Pour moi, je n'ai connu que des communistes bien nourris.». La haine de l'Eglise. M. Armand Delafontaine, ami de Conradi. M. Thalmann, secrétaire de l'Association des Suisses de Russie, a prêté 300 fr. à Mme Conradi. Audience du vendredi après-midi. Le président perd patience.

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