Le pillage par la Tchéka de la Légation suisse de Petrograd, le 2 juin 1919

Ce fait gravissime a toujours été « oublié » par le soviet des historiens suisses, toujours présents jusqu'en 2011 pour servir Lénine puis Staline, déguisés en «anti-fascistes». Curieusement aucun article indigné dans le Journal de Genève ou la Gazette de Lausanne dans les jours qui suivent!

A ce moment, les relations entre la Suisse et la République soviétique fédérée socialiste de Russie (RSFSR) de Lénine sont inexistentes si ce n'est une vive tension depuis l'expulsion manu militari de la Mission Berzine alors que se déroule la grève générale de novembre 1918.

C'est seulement le 10 novembre 1923, soit 4 ans et 5 mois après, que la Gazette de Lausanne informe ses lecteurs de l'agression fomentée par le gouvernement soviétique le 2 juin 1919 qui permettra de saisir de nombreux documents et beaucoup d'argent appartenant à la Légation et aux Suisses de Russie dont un nombre important a été rappatriés dès 1918. A cette époque, les partants étaient dépouillés de leur bien à leur départ. Pour éviter cela, les Suisses rapatriés laissèrent leurs valeurs à la Légation, 16 rue Gogol. Cette censure avait été peut-être demandée par le Conseil fédéral car règnait en Russie la Terreur rouge, politique revendiquée par le Conseil des commissaires du peuple, la bande à Lénine, qui n'avait aucune légitimité démocratique et qui, sans vergogne, se proclamait le gouvernement des ouvriers et des paysans. A cette époque, Lénine instaura la politique des otages et tous les jours des innocents étaient fusillés de manière extra-judiciaire, la Tchéka, la police du régime, tuant sur simple décision administrative pour obéir aux quotas imposés par le sanguinaire et cruel Lénine. Cet article paraît durant le procès Conradi, d'où l'allusion à Montbenon, siège du tribunal!

Extraits pour décrire la situation avant le vandalisme du 2 juin 1919:

  1. Le ministre de Suisse, absent, venait d'être rappelé par le Conseil fédéral.
  2. Depuis un an environ, la colonie suisse de Pétrogra, réunie chaque jour à la Coopérative, cherchait tous les moyens pour supporter le joug bolcheviste.
  3. Les employés de la Légation, le comité de bienfaisance et des Secours mutuels s'emploient à aider les compatriotes moins favorisés ou victimes du régime.
  4. 700 possesseurs de carnets coopératifs reçoivent de l'alimentation.
  5. Chaque dimanche, une tombola était organisée au profit de l'Oeuvre des enfants des soldats suisses.
  6. On se donnait des renseignements sur les possibilités d'un retour au pays.

Le 17 février 1926, la Gazette de Lausanne parle de l'interpellation de Vallotton-Warnery (Vaud) du même jour pour empêcher que le Conseil fédéral exprime sa réprobation devant l'assassinat de Vorowsky et entre en matière pour indemniser la fille du délégué soviétique alors, comme le rappelle justement le Conseil national, que «le gouvernement des Soviets n'a jamais exprimé le moindre regret pour le pillage de la légation suisse en Russie, l'exécutio du chancelier Deuss et les mauvais traitements infligés aux Suisses de Russie et ne s'est jamais déclaré disposé à indemniser les dommages subis par nons ressortissants.».

Dans “Suisse et Soviets, Où sont les torts?” le 21 avril 1927, la Gazette de Lausanne s'insurge contre le compromis de Berlin dans “Suisse et Soviets” dans un article signé F. B qu rappelle l'agression de la Légation suisse de Pétrograd le 2 juin 1919 avec l'arrestation de plus de 100 Suisses dont un, le chancelier, M. Doess, fut fusillé «par erreur». Cela permet de demander au Conseil fédéral si, lors de ces négotiations, si les Soviets ont exprimé des regrets et des propositions de dédommagement? Non. «Mais le Conseil fédéral exprime aux Soviets des regrets et consent à des dédommagements pour le meutre de Vorowsky dont il n'est nullement responsable.

Cet article révèle que d'autres Suisses furent exécutés ou ont disparu en plus de M. Doess.On apprend l'ampleur du butin, «le détachement russe s'empara de 26 caisses représentant une valeur de 20 millions de roubles: c'étaient les économies accumulées pendant de longues années de travail par nos compatriotes de Russie, dont ceux qui survécurent aux horreurs de la révolution sont rentrés en Suisse complètement ruinés.Il n'est peut-être pas inutile de rappelr en ce moment ces faits, qui ne représentent pourtant qu'une petite partie des torts infligés à des Suisses sous le régime des Soviets.».

Le journaliste G. G., dans la Gazette de Lausanne du 8 juin 1927 reprend son article du 10 novembre 1923 en le complétant. Il précise que «le pillage dura un mois» et le sort des Suisses arrêtés, après un mois de détention dans la prison de Schpalernaïa infectée de poux, ils furent une conduits sous bonne escorte, baïonnette au canon, à la gare Saint-Nicolas et dirigés sur un camp de concentration, à Moscou, distant de 615 kilomètres de Pétrograd.».

Alors que se rapproche le vote à la Société des Nations pour l'adhésion de l'URSS, la Gazette de Lausanne du 24 août 1934 publie “Les Soviets à Genève” le 24 août 1934. «Un article récent du Morning Post nous rappelle les responsablités terribles qui incombent au gouvernement de Moscou en ce qui concerne la famine qui ravage la Russie méridionale.Tous les détails que publie le grand journal anglais, avec preuves à l'appui, confirment les renseignements à peine croyables qui nons avaient été communiqués il y a quelque temps de bonne source sur les souffrances atroces infligées à la population d'Ukraine. Le 25 juillet, l'archevêque de Canterbury déclarait à la Chabre des Lords qu'après avoir étudié soigneusement une masse immense de documents, après avoir entendu les dépositions de témoins oculaires, il était arrivé à la conclusion que la situation était “épouvantable”, que l'Ukraine “souffrait d'une famine ayant atteint un degré d'intensité inouïe” et que le nombre des victimes était plsu près de 6 millions que des 3 millions d'âmes. … Or, ce qui distingue la famine d'Ukraine de ces autres fléaux, c'est que cette famine a été provoquée par les autorités soviétiques pour exterminer une population qui refuse de se laisser convertir aux "bienfaits” du régime communiste. Non seulement le gouvernement de Moscou n'a rien fait pour remédier à la disette, mis il l'a sciemment intensifiée: les détails donnés au cours du même débat par lors Charnwood le démontrent de façon péremptoire; le fléaux de l'Ukraine n'a pas été dû au climat ou au sol, il a été causé par la politique soviétique, qui a séquestré toute la récolte de céréales et qui a puni les paysans hostiles à la collectivisation des fermes en les privant de nourriture et de semences; c'est la première fois que l'on voit un gouvernement moderne se servir de ce moyen criminel, la famine concertée, pour détruire toute une population. Il s'agit donc, conclut le Morning Post, d'une “cruauté organisée” qui mérite d'être stigmatisée par l'opinion universelle au moment où les Soviets veulent être admis dans la Société des Nations. A elle seule, cette ignominie devrait suffire à leur interdire l'accès d'une institution qui se réclame d'un idéal humanitaire.»

Quinze ans après, cet article de G. R. apporte encore les faits suivants:

  1. Le 2 juin, à midi, soit trois mois après le départ de MM. Odier et Junod, le bâtiment de la légation fut envahi par une troupe d'une soixantaine de gardes rouges. Les meubles furent brisés et les valeurs qu'ils contenaient encore furent pillées. Le chef de la bande était porteur d'une lettre signée du président de la Tchéka de Pétrograd. Cette violation d'un domicile diplomatique fut donc accomplie sur l'ordre du gouvernement des Soviets.
  2. Enfin, au commencement de février 1920, ils apprirent qu'Alfred Doess avait été fusillé dans la nuit du 27 septembre 1919.
  3. D'autres de nos compatriotes ont subi le même sort. En même temps que Doess, on nous a cité 1 Suisse exécuté à Karkow, 3 à Kiev, 4 en Sibérie, et tous sans jugement.

“La Suisse et les Soviets”, le 6 septembre 1934, Edm. R. dans la Gazette de Lausanne s'insurge contre l'impudence du gouvernement soviétique réclamant un dédommagement pécuniaire et un acte de contrition pour l'assassinat de Vorovsky, j'ai adjuré notre gouvernemnt de n'en rien faire. Cette prétention, en effet, me paraissait humiliante et profondéement injuste. Le 2 juin 1919, notre légation à Pétrograd avait été pilliée par une troupe de gardes rouges munis d'une lettre signée du président de la Tchéka…

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