Le Bulletin du Centre national d'information 1969

Le Bulletin du Centre national d'information No 168, octobre 1969, page 1

Retour… Le Bulletin est de retour. Nombreux sont ceux d'entre vous, lecteurs et amis, qui se sont inquiétés de notre silenc depuis de mois qui, soyez en certains, nous ont été aussi longs qu'à vous. Rappelons que l'an dernier, le directeur du BNI, Marc-E. Chantre, après vingt et une années de lutte menées avec ardeur, a décidé de passer le flambeau à un jeune et de revenir aux activités littéraires et artistiques que furent celles de sa jeunesse. Toutes les dispositions prises pour assurer un passage sans histoires de l'ancienne à la nouvelle direction - la ligne du BNI restant bien entendu inchangée dans ses objectifs et son esprit - ont malheureusement été contrecarrées par l'impossibilité où fut le nouveau rédacteur, depuis plusieurs semaines, d'assurer pour des raisons médicales ses fonctions à la tête de notre publication. […] Les blindés soviétiques maintiennent à Prague un «ordre communiste» que le peuple balayerait d'une chiquenaude si l'armée rouge ne faisait régner la crainte qui est, dans le monde rouge entier, le fondement principal de la survie des dictatures au pouvoir.…

Le Bulletin du Centre national d'information No 168, octobre 1969, page 2

Les communistes contre la légalité bourgeoise. Diminué dans ses effectifs après l'invasion de la Tchécoslovaquie par les troupes soviétiques, affaibli par l'éloignement de quelques activistes vaudois et zurichois qualifiés de «trublions», le parti du travail n'en reste pas moins debout, osant même se présenter comme «le parti qui n'a pas de fil à la patte» (VO du 10 octobre 1969). Aussi croyons-nous utile. à la veille des élections cantonales genevoises et du renouvellement des conseils communaux vaudois de rappeler quelle est l'attitude des communistes en particulier face aux élections et à la démocratie parlementaire:

30 jours dans le monde. La Thaïlande, nouveau Vietnam? Selon une récente déclaration gouvernementale, des éléments communistes se sont infiltrés dans 35 des 71 provinces… Les protestants de l'Allemagne de l'Est isolés plus que jamais. Défaite communiste à Oslo. Communistes relâchés en Indonésie. Tchécoslovaquie: appel à la délation. Le nouveau ministre tchèque de l'éducation… Le Panchen-Lama en Mongolie? Oulan-Bator. L'ancien chef spirituel du Tibet, qui avait accepté un temps de collaborer avec l'occupant chinois… Un digne successeur d'Ho Chi-Minh. un ancien prix Staline. Coup de barre à gauche en Amérique latine. Ils ont fui le paradis. Berlin-Est. Depuis la construction du «mur de Berlin» le 13 août 1961, 28'000 personnes….

Le Bulletin du Centre national d'information No 168, octobre 1969, page 3

Barricades au… Vieux-pays par René Berthod. Si l'on s'entendait pour définir le progressisme comme une attitude intellectuelle qui refuse de condamner le communisme comme intrinsèquement pervers et recherche des solutions aux problèmes politiques et religieux à mi-distance entre notre tradition et les théories révolutionnaires, il ne serait pas très aisé de déceler en Valais une grande école progressiste.

Le Bulletin du Centre national d'information No 168, octobre 1969, page 4

Contre la partitocratie par M. Métral. Or, dans le cas qui nous occupe, la majorité des électeurs, s'ils étaient démocratiquement consultés, parce que dûment informés, s'opposeraient à l'entrée d'un communiste dans l'exécutif de leur cité. […] Et la partitocratie, qui est l'envers d'une véritable démocratie, sauf d'une poignée d'affairiste de la politique qui y trouvent probablement leur intérêt personnel.

La Droite cocufiée par Abel Clarté

Nonante, le rouge est mis. Un nouveau mensuel, tiré à 10'000 exemplaires, vient de paraître Fribourg. Un simple coup d'oeil sur le sommaire du premier numéro permet de situer la nouvelle publication: Jean-Claude Favez, qui collaborait à la revue d'extrême-gauche «L'Ecritoire», y remet en question notre société […] L'ennuyeux Christian Sulzer… Mao; cela viendra bien un jour à a radio dite romande. Mme de Dardel, Pierre du Bois, Michel Jaccard, Michel Contat, ces intellectuels “engagés” c'est-à-dire communisants.

L'argent n'a pas d'odeur. La «Voix ouvrière» a publié un placard virulent contre l'«Alliance des indépendants» alors que sur la page opposée, une magnifique placard publicitaire de la «Migros».

Le Bulletin du Centre national d'information No 168, octobre 1969, page 5

Lâcheté à l'Occident par Georges Bidault. Article repris d'Exil et liberté!

Les Roumains face au colonialisme russe. […] Sur un autre plan, tout en demeurant attachés au principe de «solidarité socialiste», les Roumains persistent à penser qu'ils doivent avant tout tenir compte des intérêts et des impératifs nationaux. Dans ce sens, la Roumanie doit avoir le droit de faire librement appel à toute force de coopération avec l'Est ou l'Ouest… [ndlr: Cet article montre qu'une fois le «Bulletin» est tombé dans le panneau d'une démocratie populaire, en l'occurence la Roumanie, qui aurait le droit de «tenir compte des intérêts et des impératifs nationaux». Cette énorme supercherie mise sur pied à Moscou a permis à l'URSS d'obtenir par la Roumanie des ordinateurs et des matériels stratégiques sur lesquels l'OTAN avait mis un embargo. De plus, la Roumanie servit à des combines commerciales…]

Deux poids, deux mesures
. La “Voix ouvrière” et le conseiller national Ziegler mènent grand tapage pour que notre pays rompe ses relations commerciales avec la Rhodésie et l'Afrique du Sud. Ils ferment plus volontiers les yeux sur le commerce florissant entre ces pays et ceux du monde communiste. Pourtant, les faits sont là…

Le Bulletin du Centre national d'information No 168, octobre 1969, page 6

L'Algérie à l'heure de Moscou par W. -A. Schlatter. Notre compatriote Schlatter, de Lausanne, a séjourné 18 mois dans les geôles du colonel Boumedienne. Détention illégale, injustifiée et arbitraire qui l'aura du moins mis au contact d'Algériens de toutes conditions sociales. Notre journal qui fut l'un des premiers à dénoncer la main mise soviétique sur l'Algérie, publie aujourd'hui un témoignage direct qui sera repris dans un livre: «Otages en Barbarie»…

Le Bulletin du Centre national d'information No 168, octobre 1969, page 7

Grèce 69, promesses tenues? par von C. Les «colonels», aussitôt après la prise du pouvoir, promettent une série de réformes radicales et une politique audacieuse permettant d'accroître le niveau de vie des masses laborieuses…

Le Bulletin du Centre national d'information No 168, octobre 1969, page 8

Faits et documents. La grande misère de l'école rurale en Union soviétique par Natacha Linn. Il est de bon ton, dans notre pays, de considérer l'enseignement en Union soviétique

Le Bulletin du Centre national d'information No 169, décembre 1969, page 1

Institut suisse de recherche sur les pays de l'Est
Jubiläumstrasse 41, 3006 Berne.
Institut suisse de recherche sur les pays de l'Est

L'adieu aux armes. Il est pénible de prendre congé de ses lecteurs. Il est aussi de se séparer d'un bulletin mené comme une barque au travers des vents et des marées que furent les événement politiques qui sont venus pendant les vingt et un ans de sa parution, se briser aux frontières de notre pays et dont les remous se sont fait sentir sur les différents plans de notre vie politique, économique et sociale.

Les projets pétroliers soviétiques en Irak. Bien que certains observateurs britanniques ne prennent pas la chose trop au sérieux. Il est établi que des spécialistes soviétiques sont venus s'établir dans le champ pétrolifère de Rumallah

L'Irak et les communistes. Le régime baasiste du général El Bakr, né du coup d'Etat de juillet 1968, doit faire face à une situation de plus en plus préoccupante. Dans le Nord du pays, les Kurdes occupent une partie de la région…

Le Bulletin du Centre national d'information No 169, décembre 1969, page 2

Gustav Husak et l'orthodoxie. L'une des questions que se posent depuis quelques temps les Tchécoslovaques et les quelques observateurs qui sont restés à Prague est de savoir quelles sont les chances de M. Husak de se maintenir au pouvoir.

Le droit à la liberté en URSS. Le plus grand écrivain russe de notre époque, Alexandre Soljenitsyne, qui publia, sous le régime de Khrouchtchev, son essai intitulé la «Journée d'Ivan Denissonvitch» (relatant la vie dans un camp de travaux forcés sous Staline), a été récemment expulsé de l'Union des écrivains soviétiques.

Le Bulletin du Centre national d'information No 169, décembre 1969, page 3

Le communisme, une mauvaise affaire pour la Chine. Beaucoup de gens, et non seulement des communistes, pensent que la victoire de Mao Tsé-toung, il y a vingt ans, dans la guerre civile qui l'opposa à Tchang Kaï-chek, a redonné à la Chine la force, la grandeur et l'autorité qui furent les siennes il y a bien longtemps.

Les relations entre l'Algérie et l'Occident. Lors de la conférence des «cadres nationaux» qui s'est tenue fin du mois d'octobre à Alger, le président Boumedienne a annoncée que des élections auraient lieu en Algérie l'an prochain.

L'Afghanistan à la recherche de son équilibre. [ndlr: l'équilibre entre les USA et l'URSS va être brisé entraînant, le pays de la paix, anti-impérialiste et anti-colonialiste, se sert du minuscule parti communiste afghan pour envahir le pays en 1979].

Le Bulletin du Centre national d'information No 169, décembre 1969, page 4

Artillerie soviétique contre le concept de «négritude», tarte à la crème de Senghor. (3e colonne) Le journal, «Les nouvelles de Moscou», écrit textuellement ceci: «La négritude, fidèle en ceci aux théories racistes sur l'infériorité de l'Africain, affrime que celui-ci est incapable d'assimiler rationnellement le monde qui l'entoure».

L'Afghanistan à la recherche de son équilibre. Il en résulte que l'Afghanistan est devenu considérablement dépendant de l'Union soviétique.

Le Bulletin du Centre national d'information No 169, décembre 1969, page 5

Morceau choisi. Troupes frontières aux avant-postes. par le colonel Klaus-Dieter Baumgarten des troupes frontières de la République non démocratique allemande. Un article d'un paranoïaque délirant qui tient à montrer qu'il est le larbin du parti-état communiste.

Le Bulletin du Centre national d'information No 169, décembre 1969, page 6

Georges Marchais, l'homme qui monte dans le PCF. Le bouffon de la place du Colonel Fabien qui trouvait que le bilan de l'URSS était globalement positif a pu vivre aux crochets du peuple, adulé par les foules imbéciles.

Morale et presse communiste. Pour la presse soviétique, les problèmes déontologiques - si importants pour les journalistes occidentaux, du moins pour ceux qui se veulent honnêtes - ne se posent pas. L'information objective et la vérité ne joue aucun rôle dans l'activité professionnelle des rédacteurs des Etats communistes. § Pour eux, il n'y a pas de vérité à rechercher puisque la Vérité vient d'elle-même par l'obligeante entremise du parti. Déformer. fausser, mentir ou même ne pas informer du tout, n'est en rien répréhensible. C'est au contraire un devoir lorsque cela correspond aux désirs du parti.

Le Bulletin du Centre national d'information No 169, décembre 1969, page 7

Les Russes et la lune. Pourquoi donc, peut-on se demander aujourd'hui, les Soviétiques, qui sont dans la course avec les Américains, ont-ils du retard? Y a-t-il même retard et, le cas échéant, quel en est la nature? Car répondre - comme le font les Soviétiques - que l'envoi d'un homme sur la lune ne les intéresse pas encore correspondant peut-être à la réalité mais ne concorde pourtant pas tout à fait avec les cris de victoire qui accompagnèrent les premiers exploits soviétiques.

Le Bulletin du Centre national d'information No 169, décembre 1969, page 8

Le traité sur la non-prolifération… des armes stratégiques. Comme toujours Chantre et son équipe brillent par leur honnêteté intellectuelle et leur souci de fournir sources et documents aux lecteurs afin que ces derniers puissent juger par eux-mêmes. On est à l'opposé des mensonges, tromperies et désinformation de la presse communiste, ce qui prouve à chaque édition la «Voix ouvrière». Après une introduction critique, le Bulletin publie ce traité qui, selon Chantre serait plutôt une «tentative d'empêcher que n'empire la situation d'insécurité générale».

Le Bulletin du Centre national d'information No 170, décembre 1969, page 1

Anatole Kouznetsov: «Adresse aux Pen-Clubs»… Le 30 juillet dernier, l'écrivain soviétique Anatole Kouznetsov - qui avait jusqu'alors toujours été dans la «ligne» du parti - demandait l'asile politique à Londres. Communiste, fils de communiste, membre du Syndicat des écrivains soviétiques, il a préparé pendant longtemps son évasion. Il l'a fait avec des moyens qui nous choquent, nous, Occidentaux qui ne connaissons par les méthodes du KGB, la corruption, la perversion, la falsification contre lesquelles il s'est révolté: «Si je devais me retrouver en Union soviétique, je deviendrais fou». Afin d'obtenir un visa pour l'étranger qui lui permette de «voter avec les pieds» selon l'expression célèbre de Lénine…

La suite de l'article révèle que Anatole Kouznetsov a écrit une lettre au Pen-Club, à son président Arthur Miller, à l'occasion de son congrès de Menton en septembre 1969. «A cette occasion, Kouznetsov envoyait une longue lettre destinée à être communiquée aux congressistes. C'était mal connaître et le monde occidental et les Pen-Clubs et Arthur Miller. Non seulement sa lettre ne fut pas distribuée, non seulement elle ne fut même pas distribuée, mais elle fut jetée dans les WC comme le signale «Le Monde» du 28 septembre 1969. Quant à Arthur Miller, il relatait dans la ruevue américains «Harper's Magazine» de septembre dernier que les conditions littéraires étaient à peu près les mêmes aux Etats-Unis qu'en URSS.» Depuis quand Arthur Miller est-il un agent de Moscou? Depuis les “Sorcières de Salem», livre de commande servant dans l'opération contre McCarthy, alors que Lénine a introduit, et de manière durable, la chasse aux sorcières en créant la Tcheka en décembre 1917.

Le Bulletin du Centre national d'information No 170, décembre 1969, page 2

Anatole Kouznetsov: «Adresse aux Pen-Clubs»La lettre d'Anatole Kouznetsov que le Pen-Club refusa de publier.

Le Bulletin du Centre national d'information No 170, décembre 1969, page 3

Anatole Kouznetsov: «Adresse aux Pen-Clubs»fin.

Cuba… par Suzanne Labin. Epurations. Fidel Castro a d'abord épuré «à la stalinienne» les rangs de son propre parti, et les fonctionnaires de son Etat, de tous qui n'entendaient pas glisser dans le communisme. Dans la charrette nous trouvons, pour commencer, Manuel Urrutia, le premier président de la République, que Castro appelait «son père»; puis Diaz Lang, ancien en chef de l'aviation de Castro; Hubert Matos, héros de la révolution de Castro; puis une cinquantaine d'autres de ses compagnons de la libération et, en novembre dernier encore, 4 ministres. § D'autre part, son entourage immédiat, le «cénacle» comme on dit à Cuba, comprend son frère Raoul, ministre de la Défense nationale, qui passa par une école de propagande de Prague, et qui, lors de son récent voyage au Chili, ne fréquenta que les chefs communistes. Durant son séjour à Moscou, il ne cessa d'encenser Khrouchtchev. Ernesto Guevara, président de la Banque nationale et chef du plan économique, que la déclaration publique suffit à situer: «La révolution hongroise, dit-il en automne 1958, fut fomentée contre la démocratie populaire par les fascistes et les impérialistes.»

Le Bulletin du Centre national d'information No 170, décembre 1969, page 4

Le Ramadan… Comme toutes les religions, l'Islam connaît un certain nombre de dogmes.

Brejnev et la coexistence. […] La coexistence pacifique est bien entendu impossible quand il s'agit des processus internes de la lutte des classes ou de la lutte de libération nationale dans les pays capitalistes ou dans les colonies. Le principe de coexistence pacifique ne peut être appliqué aux relations entre oppresseurs et oppressés, entre colonialistes et victimes du joug colonial. (1966) [ndlr: plus le mensonge est gros… car le régime du camarade Brejnev est exploiteur du peuple, colonialiste et impérialiste!]

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