Le Bulletin du Centre national d'information 1966
Le Bulletin du Centre national d'information No 148, février 1966, page 1
Le communisme d'aujourd'hui par Marc-E. Chantre. Beaucoup vous affirment que le communisme a changé parce qu'ils s'abusent d'un rajustement de la tactique révolutionnaire ou qu'ils tiennent témérairement pour réalité d'aujourd'hui ce qui n'est encore qu'hypothèse pour l'avenir.
La dictature veut survivre. Il n'est plus besoin de démontrer par les chiffres le vaste échec économique et social des régimes communistes à quelque degré qu'ils prétendent être de la «construction du socialisme». Le communisme est au pouvoir depuis un demi-siècle en Russie, dans les pays satellites depuis 18 à 20 ans, en Chine depuis 15 ans, et à Cuba depuis 10 ans. Gouvernant sans aucune opposition (sinon la résistance populaire larvée, seule forme praticable dans ces régimes totalitaires de type supérieurement organisés), les communistes se sont montrés incapable de rivaliser avec les pays libres aussi bien dans la production des biens de consommation que dans l'élévation du niveau de vie des populations.
Le Bulletin du Centre national d'information No 148, février 1966, page 2
Le communisme d'aujourd'hui par Marc-E. Chantre. c'est moins pour préparer sa propre déchéance que pour survivre. L'oublier, se précipiter dans une collaboration plus ou moins poussée avec les oppresseurs, reviendrait à renforcer la position de ceux-ci contre les peuples asservis. Ce serait trahir la cause de la liberté. [
] En Afrique, la réaction de Boumedienne a mis en lumière, en Algérie, ce que trop de commentateurs occidentaux ne cessaient de nier: l'influence grandissante des communistes autour de Ben Bella.
Le Bulletin du Centre national d'information No 148, février 1966, page 3
Les activités communistes
en Suisse. Les ambitieux du PCS. Les fidèles du Parti communiste suisse (siège à Vevey) sont des dissidents du POP qui ont pris le maquis au moment de la séparation entre communistes d'obédience chinoise et soviétique. Le PCS s'agite actuellement dans trois directions principales. 1 Création d'une nouvelle internationale; 2 Regroupement de l'oppostion syndicale; 3 Contacts entre extrêmistes de Suisse. [
] Suisse-URSS en révolution. A Lausanne, le secrétariat romand de «Suisse-URSS» est en pleine révolution. Armand Bron qui avait pris la succession de Michel Buenzod, débarqué pour «sectarisme» vient d'être privé de ses fonctions.
Les «Chinois» lancent une initiative. Le communiste étranger Anderson vient de lancer une initiative fédérale sous l'étiquette «chinoise» d'un «Front d'action pour une sécurité sociale gérée par les travailleurs».
Réponse d'un «villageois» à Buache par Marc-E. Chantre. Dans une critique de Télévision publiée par «Radio TV Je vois tout» (un journal où les prises de position «curieuses» se multiplient depuis un certain temps), Freddy Buache pousse un petit couplet contre moi. Ayant été convié à m'exprimer sur l'anticommunisme en Suisse, répondant à une question précise sur cet objet, j'ai dit que je regrettais la décision de l'Association de la presse suisse sur l'admission des communistes en son sein
Le Bulletin du Centre national d'information No 148, février 1966, page 4
Indignation sur commande par Paul-E. Rochat. Alors que dans le monde entier, les progressistes d'extrême-gauche manifestent avec indignation contre «l'inqualifiable agression de l'impérialisme yankee», il tombe sous le sens que les représentants lausannois de la conscience universelle ne pouvaient décemment être en reste. Aussi, dans la presse pour ceux qui ont leurs entrées dans les jounaux, dans la rue pour les autres, nos progressistes [que les bombes vietcongs dans les établissements publics de Saïgon n'ont jamais effarouchés] ont-ils fait tout leur devoir.
L'APS et les communistes.Dans la «Tribune de Lausanne» du 14 janvier dernier, M. Pittet défend la décision de la presse suisse d'admettre les communistes dans son sein avec un argument pittoresque mais peu pertinent.
Le Bulletin du Centre national d'information No 148, février 1966, page 5
La politique étrangère gaulliste par Suzanne Labin. [
] En introduisant les voisins de l'Est, c'est-à-dire, comme chacun sait, des satellites de l'URSS comme parties prenantes ayant à connaître du sort de l'Allemagne, le Guide [ndlr: de Gaulle] viole de façon flagrante l'accord fondamentale souscrit par la France et aux termes duquel le règlement allemande était l'affaire exclusive des quatres Grands: USA, Angleterr, France et URSS. La manoeuvre est flagrante: chasser deux pays anglo-saxons de la négociation et introduire dans le consert deux pays commmunistes de plus, la Pologne et la Tchécoslovaquie.
Le Bulletin du Centre national d'information No 148, février 1966, page 6
La diversité de l'anticommuniste par Chantre. Abel Clarté nous fait l'amitié de nous adresser le texte sur les circonstances qui ont entouré la récente élection du président de la République française. [
] Pour notre part, à propos de ces élections, nous voudrions relever un point concernant l'anticommunisme en général.
Le parti communiste et les élections françaises par Abel Clarté. [ndlr: Abel Clarté confond analyse politique et charge usant de mauvaise foi. Ceci dit, l'attitude ambiguë du général pour les communistes et l'URSS sidère, tout autant que son refut de voir l'horreur soviétique!]
Le Bulletin du Centre national d'information No 148, février 1966, page 7
A La Havane: le conseil de la révolution violente Du 3 au 10 javier 1966, à La Havane, 143 délégués et observateurs de 79 nations se sont réunis en de véritables assises de la conspiration. On avait lancé 300 invitations dans 100 pays différents. La plupart des présents étaient des communistes d'observance chinoise ou soviétique. Quant à ceux qui n'étaient pas communistes déclarés, ils avaient été sélectionnés selon le seul critère valable: celui d'être d'accord avec toutes les propositions faites par des communistes. La conférence se présentait comme une manifestation de «solidarité des peuples d'Asie, d'Afrique et d'Amérique latine». L'origine de cette réunion peut être située dans une décision, prise en 1954, par le Conseil mondial de la Paix (communiste) à Prague. Trois ans plus tard, au Caire se tenait la première «Conférence afro-asiatique», puis ce furent les conférences de Conakry, Moshi et Accra, respectivement en 1960, 1963 et 1965. L'idée d'inclure l'Amérique latine dans l'organisation d'abort créé pour l'Asie et l'Afrique a été émise à Bandoeng, lors de la session de 1961, alors que la décision de tenir la conférence de La Havane remontait elle, à 1963. [ndlr: on voit ainsi les réseaux communistes et celui des financements] On aurait grand tort de sous-estimer la vaste entreprise de subversion qui se prépare actuellement en direction des 3 continents visés et, apparemment surtout, du continent latino-américain. Pour cela, il ne faut pas se laisser braquer par la rivalité sino-soviétique qui, pour réelle qu'elle soit au niveau des méthodes directes en certains points du monde, n'affecte en rien la similitude des objectifs poursuivis, du moins en l'état actuel des choses.
Le Parti communiste et les élections françaises: [
] Car - c'est là le fait politique basal et neuf. la France a depuis une décennie un corps électoral en majorité «à droite». Mais la droite française n'a jamais su utiliser la faveur populaire: ni en 1915, ni en 1920, ni en 1950.
Le Bulletin du Centre national d'information No 148, février 1966, page 8
Economie soviétique: 1966 - Les dirigeants devant des problèmes cruciaux par Lucien Laurat. L'année 1966 ne sera pas, pour les potentats du Kremlin, une année comme les autres. Ils auront à faire face à des difficultés plus grandes encore que celles des années précédentes: les réformes agraires décidées en mars dernier se sont soldées par un échec patent, et les mesures prises en septembre-octobre pour redresser l'industrie ne semblait pas, pour l'instant, avoir produit les effets escomptés. Le budget pour 1966, adopté en décembre dernier, fait ressortir la précarité de la situation financière. [
] Dans le monde occidental, c'est l'économie qui entretient l'Etat pour lui permettre d'accomplir les fonctions qu'il assume au profit de la société. Dans le monde communiste, au contraire, c'est l'Etat qui fait vivre l'économie, celle-ci ne subsistant que grâce aux largesses de l'Etat. Pour s'en convaincre, il suffit de confronter les sommes que l'Etat verse dans l'économie avec le total des «bénéfices» que produit cette même économie. Encore convient-il de souligner que ces «bénéfices» sont pour la plupart fictifs parce que obtenus par une fixation arbitraire des prix (monopole d'Etat!) à un niveau dépassant de beaucoup des prix sujets au jeu du marché, inexistant en URSS.
Le Bulletin du Centre national d'information No 149, mars 1966, page 1
En URSS: Fixera-t-on le sort de Staline? par Marx-E. Chantre. Nous l'avons souvent écrit ici: le stalinisme n'est pas extérieur au communisme, il a été l'incarnation d'un temps - et même d'un long temps - de l'orthodoxie communiste. Pour cette raison, la «déstalinisation» ne pouvait ni être une réalité profonde, ni correspondre à une attitude sincèrement possible dans le coeur d'un vrai communiste. Une déstalinisation réelle aurait signifié, pour les marxistes-léninistes, le reniement d'une partie essentielle de l'histoire du communisme, de la partie majeure même de ce qui est appelé la «construction du socialisme». [
] Dix ans après le 20e congrès et le rapport secret de Khrouchtchev sur les crimes de Staline [ndlr: le rapport sur DES crimes de Staline, la majeure partie étant oubliée, surtout les meurtres individuels ou de masse des ouvriers et des paysans!], il semble bien que les dirigeants soviétiques estiment que le temps est venu d'une «réévaluation» du rôle de Staline dans la consolidation du pouvoir soviétique et dans l'expansion du communisme au plan mondial. Aussi voit-on la question agitée actuellement en URSS par un de ces «débats préparatoires» où les chefs du Kremlin, maîtres absolus de la presse et de l'information, sollicitent ls questions et suggèrent les réponses, se ménageant les moyens d'intervenir de façon décisive pour faire prévaloir la solution qu'ils ont choisie. LA DEMARCHE DES 27. La presse occidentale a parlé récemment d'une démarche de 27 intellectuels sous forme d'une lettre au Comité central du parti pour mettre en garde ce dernier contre les tentatives de plus en plus assurées de certains milieux qui se font les champions de la réhabilisation de Staline. [
] Ce sont des savants comme Kapitza, Leontovitch, Maiski, Sakharov et des personnalités des lettres et des arts comme Maria Plissetskaya, Simonov, Paoustovski, Kataev, Tendriakov, Tchoukovski, Sloutski, etc
Le Bulletin du Centre national d'information No 150, mai 1966, page 1
Dialogue
ou duel par Marc-E. Chantre. «Dialogue avec les pays communistes», «dialogue avec le parti communiste», les deux expressions connaissent une vogue singulière depuis quelque temps. L'heure est, paraît-il, au dialogue «digne et humain» avec les révolutionnaires, en foi de quoi ceux qui osent prétendre ne pas bien discerner où nichent dans la pratique communiste, la dignité et l'humanité, sont priés de se taire pour ne pas gêner les activistes de la bonne conversation. On nous assure que le communisme est ouvert, aujourd'hui, au dialogue. Si cela est vrai, ce n'est pas nouveau puisque nous avons connue de telles ouverture au temps staliniens d'une part, et d'autre part, cela n'a pas grande signification dans les réalités des choses. § Voyez, par exemple: partout où il est au pouvoir, le communisme traque le christianisme avec méthode et obstination, usant de procédés qui n'ont aucun rapport avec un quelconque «esprit de dialogue». Cela n'empêche pas que, sous nos latitudes, le parti communist s'affirme ouvert au «dialogue avec les chrétiens» dans la mesure où ceux-ci voudraient contribuer, par quelque action politique commune, à l'avénement d'un régime où justement ces mêmes chrétiens se verraient interdire, en tant que tels de se mêler de politique.
Chantre démasque la même tromperie avec les intellectuels, mis au pas depuis mai 1922, suite à une opération La valise ou le cercueil, etc. Toujours la tromperie et le double language, opérations de séductions qui firent tomber dans ces pièges des millions d'«idiots utiles»!
Le Bulletin du Centre national d'information No 150, mai 1966, page 2
Dialogue
ou duel par Marc-E. Chantre.[
] 3e colonne Nous refusons aussi de donner aux contacts que la vie nous impose d'avoir avec le communisme le sens d'une réhabilitation de cette idéologie et du mouvement qui la véhicule dans le monde. On sait le masque humanitaire qu'a su porter, pendant de longues années, le communisme, même lorsqu'il était stalinien. Aussi faut-il démasquer ce communisme et le présenter tel qu'il est; une idéologie qui prétend s'incarner par l'oppression et dont l'empire, partout dans le monde, n'a été construit et maintenu que par la violence, la tromperie et le crime.
D'où vient le mot «Vietcong»? En 1930, l'agent de Komintern se faisant appeler Ho Chi Minh crée le PCI, le parti communiste indochinois, preuve que le but était de "libérer l'Indochine française pour la faire passer sous la coupe de l'empire soviétique. Le parti communiste annamite s'appelait alors «Vietnam Cong Sang Dang» que l'on abrégeait en Vietcong
Le Bulletin du Centre national d'information No 150, mai 1966, page 3
En France comme en Suisse: Les journalistes communistes «associés» Ce n'est certainement pas un hasard si, au moment où, en Suisse, est lancée l'idée d'une association des journalistes communistes au groupement professionnel dont ils étaient exclus jusqu'ici
Du côté de l'initiative chinoise. Il y a quelques semaines, une initiative était lancé par un certain «Front d'action pour une sécurité sociale gérée par les travailleurs», dont nous avons parlé dans notre précédent numéro. Aujourd'hui déjà, le masque est tombé et c'est l'Organisation des communistes Suisse, petit groupe stalinien et pro-chinois, qui revendique ouvertement la paternité de la manoeuvre. § Manoeuvre qui vise «fraternellement» les autres formations de gauche et d'extrême gauche dont l'OCS sollicait la collaboration, pourtant. Mais n'est-ce pas une réflexe solidement ancré dans l'esprit des communistes que de solliciter la collaboration de ceux-là même qu'ils se proposent de détruire? Dans son numéro du 1er mai, «Octobre», le périodique stalino-chinois de Suisse, déclare tout de go que l'initiativ de l'OCS «soulève la hargne des révisionnistes et des réformistes».
Ils veulent la sécurité
de vaincre. Le «Mouvement de la paix» s'agite beaucoup actuellement. Ruiné par la guerre soviétique de reconquête de la Hongrie approuvée par les communistes qui le dirigeaient, ledit mouvement essaie de se dédouaner, aujourd'hui que la politique du Kremlin - toujours servilement cautionnée par ces pacifistes rouges - pourrait passer aux yeux d'observateurs superficiels pour une position «intermédiaire» entre les «agresseurs américains» et les «Chinois excessifs»
«Aide» contre «solidarité». Du côté de l'«aide au Vietnam», on se bat à belles dents en échangeant des coups qui n'ont pas grande chose de commun abec les formules humanitaires sonores proclamées par les uns et les autres. Il y a une «Aide au Vietnam» contrôlée par la Centrale sanitaire suisse, vieille organisation auxiliaire du mouvement communiste. C'est cette organisation qui se trouve les «déclarations» signées, dans l'ignorance souvent de leur vraie origine, par des personnalités de chez nous.
Le Bulletin du Centre national d'information No 150, mai 1966, page 4
A propos d'une conférence J. -M. Lochmann: Questions et remarques par Paul-E. Rochat. Le Bulletin démonte une embrouille qui a permis, grâce une chaîne de naïfs dont le professeur Pierre Bonnard, à un soi-disant Lochmann, «fonctionnaire du gouvernement tchécoslovaque, c'est-à-dire d'un gouvernement communiste se flattant de lutter contre la religion» de jeter le trouble dans les esprits en lui ouvrant l'Eglise St-Laurent de Lausanne. Rochat rappelle que la Conférence chrétienne pour la Paix, «dont l'orientation est notoirement favorable à une collaboration active avec le communisme».
Le Bulletin du Centre national d'information 1966
Le Bulletin du Centre national d'information No 150, mai 1966, page 5
L'athéisme militant en URSS par Paul-E. Rochat. Lorsque l'Eglise orthodoxe demanda son admission au Conseil mondial des Eglises, elle annonça qu'elle comptait 20'000 paroisses. Une année plus tard, une source officielle soviétique («La vérité sur les sanctuaires de Pétersbourg», par Judin, p.8) assurait que 11'500 églises et maisons de prière orthodoxe restaient ouvertes au culte, en URSS, en 1961. § En une année, 8'500 églises orthodoxes auraient donc été fermées. [
] Il ne reste pas mois établi que les fermetures d'églises se succèdent à un rythme accéléré en URSS sous la pression du parti et du gouvernement. § Sur le sort des monastères, en URSS, la revue «Naouka i Relighia» (8. 1962, p. 82) donne des précisions également éloquentes; en 1917, il y avait 1025 monastères. Il en restait environ 70 en 1958. Leur nombre est tombé à 30 en 1962.
Les belles étiquettes. Un comité provisoire vient d'être constitué à Vevey pour la création d'une «Fédération nationale de défense des usagers et consommateurs». Si les mots avaient encore un sens, cette fédération donc devrait prendre la défense de tout le monde contre tout le monde! [
] un des animateurs est Robert Oulevay, l'un des meneurs du Parti communiste suisse
Le Bulletin du Centre national d'information No 150, mai 1966, page 6
Il y va de la liberté et de l'honneur de la France par Suzanne Labin. Je tiens, quant à moi, le retrait de la France de l'Alliance atlantique pour une tragédie.
Faits à méditer. La Chine va se voir doter d'une aciérie de 140 millions de dollars [ndlr: après le gigantesque fiasco du Grand bond en avant dont un des objectifs était de produire de l'acier, Mao fait installer une aciérie par des capitalistes
en attribuant cette réalisation au peuple chinois sous la direction du parti! La catastrophe masquée par le mensonge, comme d'habitude depuis 1917!] Les sociologues de Stanford ont publié les résultats d'une enquête selon lesquels 54% des Américains seraient favorables à des négociations avec le Vietcong si celui-ci à des chances de vaincre au Vietnam. Des détails ont été publiés sur un protocole secret signé entre Nasser et le maréchal Gretchko, aux termes duquel l'Egypte concède à l'URSS des terrains d'atterrissage, des facilités portuaires et dans les communications, en contrepartie de livraisons d'armes accrues à Nasser. Au 23e congrès du PCUS, la délégation du FNL s'est retirée à cause de celle du parti communiste algérien. Alexis, chef de l'Eglise russe, accusé par 2 jeunes prêtres de complicité en face de la persécution religieuse
Le Bulletin du Centre national d'information No 150, mai 1966, page 7
Les écrivains et artistes serviles sont récompensés (Cholochov, Picasso, etc ), les autres accusés et emprisonnées; Siniavski, Yvan Svetlitchny, etc. Et personne ne dénonce cette chasse aux sorcières!
Echos Les jeunes contre le régime. Dans la nuit du 1er mai, plus de mille jeunes Tchécoslovaques ont manifesté sur la place Vaclav à Prague au cri de «Nous voulons la liberté et la démocratie.Quel est le sort des prisonniers du Vietcong? Les USA et les autorités de Saïgon ont fourni à la Croix-Rouge
Encore un écrivain emprisonné. Le 22 avril 1966, la presse nous apprenait que le critique littéraire ukrainien Yvan Svetlitchny
Un témoin condamné. Le procès Siniavski n'est pas terminé. Cholokov
Prix Nobel. Selon Tarsis, le dernier Prix Nobel aurait gravi les échelons de sa carrière en marchant la tête de ses confrères. Il aurait dénoncé maints jeunes écrivains dont le talent l'importunait. Vérité en-deça
Les Soviets ont couronné du Prix Lénine un peintre soviétique pour son «réalisme socialisme». Simultanément, le même prix était remis à
Picasso. Reprise en main. Aussi bien en URSS que les démocraties populaires, la «reprise en main» des écrivains se fait de plus en plus énergique. Idem en Chine populaire, un vieux poète «auteur préféré du président Mao» vient de renier toute son oeuvre et a promis de s'amender.
Faits à méditer. [
] On signale une recrudescence de la répression politique en Chine. En France, le PCF a recruté 43'000 nouveaux membres
Le Bulletin du Centre national d'information No 150, mai 1966, page 8
Economie soviétique: un plan quinquennal sans forfanterie par Lucien Laurat qui rappelle le célèbre «défi» de Khrouchtchev au monde capitaliste en général et aux Etats-Unis en particulier, promettant de dépasser ceux-ci dans le plus bref délai, non seulement quant à la production globale, mais même par tête d'habitant. S'il n'en est plus question dans le plan actuel
Le Bulletin du Centre national d'information No 151, juin 1966, page 1
L'étau qui se referme
par Lucien Laurat. Nos informations sur l'athéisme militant en URSS, parues dans notre dernier numéro, ont surpris plus d'un lecteur. Beaucoup pensaient, en effet, que la religion n'était pas bien vue en Union soviétique, certes, mais ils n'imaginaient pas que l'attaque contre elle était menée avec une telle ampleur systématique.
Genève «ville ouverte». Le «Conseil mondial de la paix», qui a été l'une des grandes organisations du Kominform stalinien, s'est réuni à Genève du 13 au 16 juin. Quelque 350 délégués venus d'environ 70 pays participaient. § Toile de fond de tous les débats, le problème du Vietnam a fait réapparaître la querelle sino-soviétique. Les délégués chinois et albanais ont repoussé une résolution condamnant l'«agression américano-soviétique». Et sans pitié pour ses frères de Moscou, le délégué chinois a déclaré que le groupe dirigeant avait transformé le Conseil de la paix en un instrument de la diplomatie d'un seul pays. [
] En fait, dès sa fondation, au lendemain du coup de Prague [ndlr: celui de 1948, pas de 1968!], cet organisme s'est attaché à défendre la politique d'une seule puissance - l'Union soviétique - et à introduire la subversion dans le camp opposé.
Le Bulletin du Centre national d'information No 151, juin 1966, page 2
L'étau qui se referme
par Marc-E. Chantre. Aussi, la priorité du combat est-elle donnée, par les chefs de la révolution, au démantèlement des organisations religieuses et, sous prétexte scientifique, à l'éducation athéiste de la jeunesse.
Neuchâtel: l'unité se refroidit. «Si tu déjeûnes avec le diable, emporte une longue cuillière», c'est un peu ce qui doit être le thème des réflexions actuelles des dirigeants socialistes neuchâtelois. Avec un peu plus d'empressement que dans le reste de la Suisse romande, ils avaient suivi le «cours nouveau» d'un certain socialisme français toujours sensibilisé aux chansonnettes charmeuses que fredonnent les tenants communistes de la ligne moscovite. [
] On ne défend, ni ne peut prétendre vouloir améliorer le contenu d'un régime de liberté en recourant à la collaboration avec les tenants du totalitarisme communiste.
Moins deux, à l'opéra. L'Opéra de Berlin-Est est venu donner des représentations chez nous. Il n'est pas dans nos cordes de discuter des mérites artistiques de cette troupe. En revanche, nous pouvons rappeler qu'elle est l'enfant chérie du régime de la zone soviétique d'Allemagne. Ce qui n'a pas empêché deux membres - et non des moindres puisque l'un d'eux est le metteur en scène Gebbard - de sauter sur l'occasion de ce voyage pour choisir la liberté
Le Bulletin du Centre national d'information No 151, juin 1966, page 3
Trois échantillons de grande information par Marc-E. Chantre. [ndrl: L'information, meilleur canal de la désinformation]. [
] Deuxième exemple. Un autre journal lausannois avait rendu compte, il y a peu de jours, d'un livre consacré aux massacres de Katyn. M. Henri de Montfort, historien éminent et regretté, avaut. aux Editions de la Table Ronde, fait paraître un ouvrage où il concluait, après analyse objective, à la culpablitié soviétique. [ndlr: le chroniqueur évidemment a triché pour continuer le mensonge stalinien!]
Le Bulletin du Centre national d'information No 151, juin 1966, page 4
Genève «ville ouverte» par C. -P. Jn (suite) Les staliniens bombent le torse. Le fait que des personnages aussi discrédités, aussi nuisibles que ceux du Conseil mondial de la paix aient pu se réunir à Genève a beaucoup surpris. Et cela dans le Palais Wilson! [
] Autre fait inquiétant, le maire de Genève a représenté les autorités municipales à une réception officielle offert par la présidence du CMP. C'est Mme Isabelle Blum, Prix Staline de la paix 1953, expulsée du parti socialiste belge pour activité communiste, qui a reçut François Rochat. Elle était entourée de l'écrivain Ehrenbourg, Prix Staline 1952, député au Soviet suprême et Grand inquisiteur des Lettres soviétiques, et de Mme Eugénie Cotton, Prix Staline 1950, président de l'Union des femmes françaises et l'organisation faîtière des femmes communistes, dont le siège est à Berlin-Est. Où l'on abuse de notre hospitalité. Une voix courageuse s'est élevée au Conseil national, en dépit des sarcasmes du Parti du Travail, pour regretter cette dangereuse décision. Waltr Hofer, porte-parole du groupe des paysans, artisans et bourgeois (PAI, ancêtre de l'UDC) de Berne
Le Bulletin du Centre national d'information No 151, juin 1966, page 5
En URSS: L'athéisme pour les jeunes par C. -P. Jn. Le communisme est un tentative de conquête totale des esprits. Il s'efforce donc de neutraliser - ou d'éliminer - les formes de pensée lui échappant. Aussi l'école va-t-elle constituer un terrain de choix, où sera menée l'attaque contre les «survivances religieuses». Le périodique «Naouka i Relighia» le spécifiait: «L'enseignant doit être militant, un exemple de combattant contre la religion». [
] Les relais «Pionniers» et «Komsomols». L'activité antireligieuse de l'école est relayée par les organisations des jeunesses entretenues par le parti communiste.
Le Bulletin du Centre national d'information No 151, juin 1966, page 6
En URSS: L'athéisme pour les jeunes. Le «héros» a dénoncé ses parents
Le pari par Guy Vinatrel. La politique étrangère du général de Gaulle repose sur un axiome et un postulat. Axiome: la coexistence pacifique de l'URSS et des Etats-Unis ne sera pas remise en question d'ici longtemps.
Le Bulletin du Centre national d'information No 151, juin 1966, page 7
Faits à méditer Les sacrifices humains par le feu au Vietnam. L'OMM a suspendu son assistance technique aux territoires portugais de l'Afrique. Nouvelle indépendance de la Guyane britannique Soukarno Kossyguine au Caire Brejnev à Prague, a insisté sur la nécessité, entre les pays du Pacte de Varsovie, de maintenir des liens encore plus étroits [ndlr: en vue du Printemps de Prague¨]
Echos par Guy Vinatrel Sanglante histoire.En mai 1966, Fidel Castro a fait fusiller 270 prisonniers politiques. En soi, parce que l'instauration du communisme ne peut aller sans la terreur. Affaire de technique. Ces femmes et enfants avaient été massacrés par le Vietcong.
Le Bulletin du Centre national d'information No 151, juin 1966, page 8
Economie soviétique
Entre le dogme et l'inflation par Lucien Laurat. Le budget pour 1966, adopté en décembre dernier, n'a augmenté que très parcimonieusement les sommes dstinées au financement de l'économie nationale. [
] Le bilan agricole de 1965, dernière année du plan septennal lancée en 1959, s'est soldé par la faillite la plus complète que l'on puisse imaginer.
Le Bulletin du Centre national d'information No 152, août 1966, page 1
D'une certaine sépression civique par Marc-E. Chantre. Avec obstination, depuis 10 ans, les chefs communistes s'efforcent de remonter la pente au bas de laquelle ils se trouvent culbutés lorsque les armes du totalitarisme soviétique assassinèrent la liberté d'un peuple à Budapest. Déjà l'aveu tardif et contraint des crimes commis par le parti communiste sous la direction stalinienne leur avait porté un rude coup. Un tel aveu n'était pourtant pas fait pour les étonner, EUX QUI SAVAIENT
[
] La dépression civique. Ce que le communiste Vincent prend pour une «faillite de l'anticommunisme», c'est le véritable état de DEPRESSION CIVIQUE dans lequel vivent certains hommes politiques d'aujourd'hui. Cette dépression civique a plusieurs causes. Donnons-en deux qui sont plus directement en rapport avec nos préoccupations. Tout d'abord le fait que, parfois, ceux qui en sont actuellement frappés n'ont suvi que de très loin les publications spécialisées dans l'étude des communistes. Ayant lu la «Voix ouvrière» d'un oeil et «J'ai choisi la liberté» de l'autre, ils n'ont pas pris conscience de la réalité et de la dimension du péril totalitaire, pas plus qu'ils n'ont compris les objectifs intermédiaires et les méthodes provisoirement changeantes du mouvement révolutionnaire. De cette incompréhension au travers de ramener la lutte contre le communisme à de petits calcus électoraux, il n'y avait qu'un pas. On a donc fait de l'«anticommunisme» lorsque cela paraissaît électoralement payant; on a cessé d'en faire lorsque la rentabilité escomptée pouvait paraître en baisse en fonction du climat de l'heure ou de ce l'on prend pour tel. D'où ce refus, trop répandu dans le monde politique, de dire du communisme ce qu'il est, de rappeler ce qu'il veut au-delà de ses litanies démagogiques, de montrer ce qu'il a fait des libertés humaines - celles des ouvriers comme des autres - partout où il s'est emparé du pouvoir par la force ou la duplicité. Ce renoncement systématique à présenter le parti communiste tel qu'il est, cette feinte de croire qu'il pourrait être chose que communiste au plein sens du terme - c'est-à-dire violent et oppressif - aboutissent, à chaque fois qu'ils sont pratiqués, à un résultat identique
Le Bulletin du Centre national d'information No 152, août 1966, page 2
D'une certaine sépression civique par Marc-E. Chantre. le renforcement des positions électorales du parti communiste. [
] Il existe toute une catégorie d'électeurs qui ont une notion bien trop vague du communisme pour pouvoir discerner, derrière la démagogique de la propagande révolutionnaire, la vraie nature oppressive du régime qu'elle prétend instaurer chez nous. Pour peu même que le «progressisme ambiant» d'une certaine presse parlée ou écrite, fasse son effet, ces électeurs-là ne craignent pas de mêler leurs suffrages à ceux des tenants de la dictature et de compromettre ainsi des libertés auxquelles, pourtant, ils tiennent en réalité autant que nous. [
] Retour d'audace. De telles conditions sont faites pour permettre au communisme de reprendre souffle et audace. Le voici qui, à l'échelle mondiale, s'agite et tente de faire oublier ses agressions et ses crimes pour tourner l'opinion contre ceux, qui, avec une inspiration et un bonheur discutables, veulent contenir le déferlement de l'oppression
A propos du commerce avec l'URSS. Les problèmes autour du commerce entre l'URSS et la Suisse sont toujours nombreux. Dans leur volonté de dépanner l'économie soviétique et de l'amener au niveau des besoins d'une consommation plus normale, les dirigeants soviétiques s'efforcent de trouver à l'étranger les produits finis et les biens de d'équipement qu'elle ne peut encore produire.
Le Bulletin du Centre national d'information No 152, août 1966, page 3
Organisation fémine: nouveau projet communiste. Depuis 1950, la Fédération Démocratique Internationale des Femmes (FDIF), organisation communiste internationale dont le siège fut expulsé de France en 1951 (actuellement à Berlin-Est), organise annuellement une journée internationale de l'enfance. Cette «journée» est simple prétexte à manifestations communistes, ici ou là dans le monde, au cours desquelles on exalte ce qui est fait dans les pays communistes alors qu'on stigmatise la situation dans les autres pays. [ndlr: l'article dévoile une partie de la nébuleuse d'organisations de la toile d'araignée des maîtres du Kremlin]
Si l'esprit belliqueux des Chinois vous étonne: remontez aux sources! Dans la «Nouvelle Revue de Lausanne» (13 août 1966), Samuel Chevallier parle de l'abondante littérature que distribue, en Suisse, l'Ambassade de Chine à Berne, littérature dont la lecture le laisse «perplexe». Il fait, à juste titre, de copieuses citations sur l'exploit du Mao nageur
Selon «Octobre», le gouvernement suisse est «ultra-réactionnaire», «fasciste», «colonialiste», etc. Le périodique des «Chinois» de Suisse, «Octobre», part en guerre contre le «Conseil mondial de la paix». Un texte signé Andersson et portant le titre «Le Conseil mondial de la paix en instrument de la diplomatie d'un seul pays» dénonce la mainmise soviétique sur le CMP.
Le Bulletin du Centre national d'information No 152, août 1966, page 4
Quand le «pacifisme» se fait odieux Une fois de plus, les «partisans de la paix» viennent de révéler publiquement leur amour de la guerre, lorsqu'elle est «progressiste», c'est-à-dire lorsqu'elle peut avoir quelques chances de favoriser les menées communistes en un point quelconque du monde. § En Indonésie, depuis un certain temps, les communistes qui échouèrent dans une tentative putschiste ont perdu l'influence politique qu'ils exerçaient au travers du dictateur Soekarno. Les menées communistes avaient atteint, dans ce pays, une telle audace et une telle envergure, que la réaction populaire a été très dure, au point de déborder les limites que tentaient de lui donner les nouvelles autorités du pays
Le Bulletin du Centre national d'information No 152, août 1966, page 5
Sous le signe de la «libéralisation compensée» On recentralise à Moscou D'aucuns affirment que la tendance actuelle en URSS est à la décentralisation. En fait, le pouvoir, en URSS, est obligé de compter qvec certaines réalités et qui fut décentralisé hier sous l'empire de nécessités pratiques considérées comme temporaires peut être très bien être recentralisé aujourd'hui, alors que les «experts» estiment les conditions réunies pour rendre la réalité conforme à la doctrine. On annonce officiellement, à Moscou, que les services de la police ont été replacés sous la direction d'un ministère central à Moscou alors que jusqu'ici, depuis 1962, date d'une réorganisation décidée par Khrouchtchev, les minstères des Républiques de l'Union étainent considérés organiquement comme indépendants. On en revient ici, à la pratique d'avant l'ère khrouchtchevienne. [ndlr: l'indépendance des républiques socialistes soviétiques a toujours été formelle puisque chaque parti communiste était soumis à celui de Moscou: encore une des grandes tromperies soviétiques, la majeure était de faire croire que c'était l'Etat des ouvriers et des paysans esclavagisés par la terreur et l'abrutissement de la propagande!]
A nos amis [
] Cet accroissement, le «climat politique» - où le découragement civique joue un grand rôle - indique qu'il est souhaitable. [ndlr: Chantre «oublie» que les partis nationnaux le sont de moins en moins!]
«Radio-TV Je vois tout» Où l'on s'en prend aux exilés. Au journal «Radio-TV Je vois tout», la critique de télévision a passé de Freddy Buache, fleuron du «progressisme» à un certain Roger Vouillamoz. Dans un de ses premiers papiers, ce dernier a immédiatement annoncé sa couleur. S'occupant d'une émission où l'avait présenté les Russes qui vivent actuellement en exil à Paris, Vouillamoz ne montre aucun égard envers des hommes qui ont été précipités dans le malheur et l'exil par une révolution sanglante
Le bien et le mal «Dans notre société, les notions jadis confuses du bien et du mal, qui peuvent être interprétés différemment selon les positions sociales et de classe, ont pris des significations concrètes et définies, dans l'optique de la lutte pour le communisme, contre tout ce qui gêne notre marche en avant.» Alexandre Makarov «Oeuvres et Opinions» août 1966
Propos d'un prix Nobel. A propos de la condamnation à des peines de prison, d'internement ou de déportations d'écrivains soviétiques, Mikhaïl Cholokov, dont on regrette de devoir dire qu'il est Prix Nobel, même si cela paraît dans un certain «ordre des choses», a prononcé les paroles suivantes devant le récent XXIIIe Congrès du PCUS: «D'autres, sous le couvert de phrases sur l'humanisme, crient à la sévérité du verdict. Je vois ici des délégués des organisations du parti de notre chère Armée soviétique. Comment se seraient-il conduits s'ils avaient découvert des traîtres dans une de leurs unités? Ils savent bien, nos soldats, que l'humanisme n'a rien à voir avec la mollesse
«Je pense aussi à autre chose. Si ces gaillards à l'âme noire s'étaient fait prendre pendant les mémorables années vingt, quand on jugeait sans se référer à des articles du code pénal, mais en fonction de la «conscience révolutionnaire», la sentence aurait été bien autrement sévère. Qu'on ose, après cela, discuter la «rigueur» du jugement!» On remerciera Cholokov de nous rappeler: d'abord qu'il est dans la logique du système totalitaire d'assimiler à une trahison tout désaccord avec les thèses officielles. Ce qui rend toute vraie «libéralisation» impossible. Ensuite, que le parti communiste, dans les «mémorables années vingt» n'avait pas attendu la venue au pouvoir de Staline pour instaurer la terreur. Cholokov est un vilain personnage. Mais c'est un bon communiste.
Le Bulletin du Centre national d'information No 152, août 1966, page 6
Faits à méditer Italie: Les dernières élections administratives (12 juin 1966) portaient sur 5 millions d'électeurs. La campagne électorale avait vu la «Démocratie chrétienne» manifester une fermeté de langage, à l'endroit des communisme, à laquelle nous n'étions plus habitués. [ndlr: la «Démocratie chrétienne» pratiquait un anticommunisme de déclarations, car les ruines de ce parti politique est au côté du parti communiste dans l'alliance de l'Olivier] On a peu parlé de la commémoration du soulèvement ouvrier du 17 juin 1953 à Berlin. Il est pourtant nécessaire constamment que les gouvernements communistes soint loin de représenter les «masses ouvrières» et qu'ils sont obligés, parfois, de mitrailler les travailleurs pour rester au pouvoir. En Chine rouge, les purges et la campagne actuelle de «purification» se déroulent dans une atmosphère de frénésie.
Relations culturelles: «Libéralisation» à rebours. Moscou croit aux concerts
idéologiques. On le sait, du moins certains organes de la «grande presse», l'URSS se «libéralise». Le mouvement est, paraît-il, «irréversible»
L'écrivain Mihailov, en Yougoslavie, a fait comme s'il volait jouer le jeu de la «libéralisation du communisme» dans le pays que nos gauchistes présentent comme le plus avancés, justement, dans cette «libéralisation». Résultat: l'écrivain et ses amis se sont retrouvés en prison.
Le Bulletin du Centre national d'information No 152, août 1966, page 7
L'URSS
libéralisée. On a de plus en plus le droit d'applaudir Au XXIIIe Congrès du PCUS, Leonide Brejnev s'est occupé personnellement des artistes et intellectuels qui ne suivent pas, ou suivent imparfaitement les directives officielles. Après avoir affirmé avec force que «le parti communiste de l'Union soviétique a toujours pris de cessera à l'avenir de prendre soin du progrès de la littérature et de l'art» et ajouté qu'«il a orienté et continuera à orienter le travail des organisations et des établissements à vocation littéraire et artistique», le No 1 du PC a défini la situation des «artistes frondeurs» comme suit: «Malheureusement, il est encore des tâcherons de l'art qui, au lieu d'aider notre peuple, choississent pour spécialité de dénigrer notre régime, de calomnier notre peuple héroïque. Certes, on peut les compter sur les doigts [ndlr: Brejnev a des milliers de doigts!?! De plus la répression psychiatrique avec camisole chimique et lobotomie intimident tout en permettant de faire disparaître les dissidents!]
La «liberté pleine et entière» de l'artiste soviétique. G. Markov, secrétaire de l'Union des écrivains de l'URSS a déclaré devant le XXIIIe Congrès du PCUS dernier
Dressage politique de l'écrivain soviétique. Extrait du discours de G. Markov: «La complexité et les dificultés du processus littéraire font ressortir au premier plan la nécessité de procéder à l'éducation idéologique des hommes de lettres. Et il s'agit là, en premier lieu, de développer chez l'écrivain une conception du monde marxiste-léniniste. Malheureusement, durant ces dernières années, nous avons affaibli notre lutte pour la création de cette condition décisive pour l'activité de chaque travailleur de la littérature et de l'art.» [ndlr: «ces dernières années» montre que Markov déplore la fin de la terreur stalinienne!]
Tournées culturelles: Comment ils les voient
Il n'est pas sans intérêt de prendre connaissance de la manière dont les dirigeants communistes présentent, à l'occasion de leurs congrès politiques, le succès que des spectateurs des pays non communistes font aux troupes que délèguent à l'étranger les services soviétiques.
Le Bulletin du Centre national d'information No 152, août 1966, page 8
Economie soviétique: le premier semestre du nouveau Plan quinquennal par Lucien Laurat. Le nouveau Plan quinquennal, qui a pris son départ au début de cette année vient d'achever un dixième de sa course. [
] Les statisticiens soviétiques restent fidèles à leurs habitudes: ils ne publient que les données relativement favorables et mettent sous le bousseau tout ce qui serait susceptible de porter préjudice à la propagande. Il y a évidemment aussi des chiffres qu'ils taisent pour d'autres raisons: tout ce qui a trait à l'armement est secret d'Etat. Tout ce qui laisserait apparaître le niveau d'existence de la population sous un jour par trop défavorable est passé sous silence
Le Bulletin du Centre national d'information No 153, octobre 1966, page 1
«A toute vapeur à travers la boue» (Gorki) par Marc-E. Chantre. A propos du prochain cinquantenaire de l'Etat soviétique [ndlr: faux, lURSS a été fondée en 1924; le cinquantenaire commémore le coup d'état de Lénine contre un gouvernement et une Assemblée constituante, tous deux légitimes; «Octobre rouge»: une contre-révolution!], les «Nouvelles de Moscou» (24.9.1966) publient un article où, entre les chiffres habituellement cités par la propagande communiste sur les beautés du régime, on découvre un passage destiné à faire croire que le communisme soviétique n'a jamais utilisé, contre ses ennemis, les méthodes faisant actuellement fureur chez les rouges de Pékin. [
] «Etrillez-les pour qu'ils se souviennent du pouvoir soviétique.» L'hebdomadaire de la Tcheka définissait alors le but de la Terreur qui était «la destruction des idéologues et des guides ennemis du prolétariat». «Il faut surveiller chaque contre-révolutionnaire, dans les rues, dans les maisons, dans les lieux publics, dans les trains, dans les institutions soviétiques, toujours et partout, les saisir et les remettre entre les mains de la Tcheka», écrivait les «Izvestia» (1.10.1919) le bolchévik Miasnikov. En écho, Boukharine affirmait: « Dès maintenant, nous devons être tous des agents de la Tcheka»; un appel de parti publié dans le «Dielo Naroda» proclamait à sont tour: «En d'autres termes, tout le parti communiste doit se transformer en police politique. Toute la Russie doit devenir une immense Tcheka où l'on ne soit pas faire allusion à la pensée libre et indépendante.» § La répression de la liberté d'opinion fut sévère dès les premières heures du régime. Si sévère et si abjecte que, dans «Novaïa Jizn», Gorki traitait les bolcheviks de «fanatiques aveugles, aventuriers sans conscience», décrivait le bolchevisme comme une «calamité nationale» et le gouvernement de Lénine comme une «autocratie de sauvages». Alors que la dictature s'installe, il lance son fameux: «Lénine et ses acolytes se croient permis tous les crimes.» Connaissant bien Lénine, il le juge: «Lénine n'est pas un thaumaturge tout puissant, mais
Le Bulletin du Centre national d'information No 153, octobre 1966, page 2
«A toute vapeur à travers la boue» (Gorki) par Marc-E. Chantre. un prestidigateur cynique qui n'a cure ni de l'honneur, nie de la vie du prolétariat». Il lui voit «notamment l'amoralité indispensable à ce rôle (de chef) et le mépris du barine pour la vie des masses populaires». Et il aura ces mots terribles: «Vladimir Lénine ontroduit en Russie le régime socialiste selon la méthode de Netchaïev, à toute vapeur, à travers la boue»
[ndlr: en provoquant des flots de sang et de fleuves de larmes]
Le Bulletin du Centre national d'information No 153, octobre 1966, page 3
A propos du Vietnam: les socialistes premiers visés. Le PdT-POP fait un effort intense pour exploiter au mieux, en vue des prochaines élections, la campagne faite sur le thème de la guerre au Vietnam étant entendu qu'il présente, avec son réflexe de travestir les faits, l'agression communiste contre le Sud comme une opération de «libéralisation» et ceux qui y résistent comme des «impérialistes» ou des «valets des impérialistes».
A la Télévision romande: Des lettres sous le signe du pâté. Une nouvelle émission TV est née, elle s'appelle «En toutes lettres» et doit, si l'on en croit son auteur, intéresser «Monsieur Tout le Monde». Son premier numéro nous a présenté Jean Giono. Jusque là, rien à dire sinon qu'il est toujours agréable d'entendre parler de Giono. Ensuite, parce que cette émission n'est pas exempt de préoccupations politiques. Claude Mossé faisait une fleur à Francis Jeanson (à propos d'un livre sur Simone de Beauvoir) puis, plus carrément encore, à l'éditeur de pamphlets communistes Francis Maspero.
On finance le Parti du Travail. Chaque année, au moment de sa kermesse à Genève, le PdT s'adresse à des milieu fort éloignés du communisme pour obtenir des lots, un soutien publicitaire, etc. Lorsque nos amis font constater à certains qu'ils aident le PdT dans son travail révolutionnaire en lui accordant un appui même occasionnel, le réponse est souvent: «Mais il s'agit d'une kermesse qui n'a rien à voir avec la politique».
Chapeau! Le 8 octobre, le parti du Travail organise sa kermesse annuelle, baptisée grande kermesse populaire pour ne pas trop souligner le caractère politique de cette manifestation communiste.
Le Bulletin du Centre national d'information No 153, octobre 1966, page 4
De la subversion par Jean Brune [
] La haine, la peur, la terreur. D'abord de prêcheurs isolés parcourent les provinces et font halte dans les villages. Ceux-là sont les apôtres des temps nouveaux, chargés de commenter pour les foules les dogmes politiques révélés par les prophètes barbus du 19e siècle. Ils traduisent la philosophie de la lutte des classes en termes de gardiens de chèvres et de tâcherons. Ils font l'inventaire des petites rancunes, des secrètes amertumes, des mécontentements anodins, des blessures d'amour-propre, des jalousies et des impatiences que la vie quotidienne accumule sous tous les ciels. Puis, ayant minutieusement inventorié les débris abandonnés dans le coeur des hommes par tous les ressacs de vie, ils inscrivent des menues misères au passif de la France
de l'ennemi. Dans chaque homme, ces experts font naître une victime. Ils sèment la haine. Surgissent alors les petits commandos de tueurs. Ceux-là s'en prennent aux cadres naturels de la société, à ceux qui sont la quille et l'ancre. Ils tuent dans le but arrêté de faire des hommes des orphelins sociaux, privés de conseils et de guides et qu'il sera désormais plus facile de tromper et d'enrôler. Du même coup, ils égorgent les sceptiques: ceux qui sourient et ceux qui ricanent. Ils imposent ainsi l'idée d'une force occulte, omniprésente et implacable. Ils sèment la peur
[ndlr: il suffit d'ajouter le masque trompeur de l'ami du peuple, pour débusquer la stratégie des organisations communistes, de Lénine au Sentiment lumineux en passant par Ho Chi Minh, le FNL
: le double langage et la double terreur!].
Le Bulletin du Centre national d'information No 153, octobre 1966, page 5
Vietnam: le vietcong désavoué par Jean Brune. [
] le syndicat progressiste de la distorsion des informations entra en action pour nous expliquer que les chiffres électoraux fournis par le gouvernement sud-vietnamien étaient faux
A propos du cas de Mikhailov. C'est très exactement à cet égard que le cas Mihailov est intéressant. Cet homme, que l'accusation et la puissante machine de propagande officielle (relayée par certains chroniqueurs occidentaux soucieux de donner des gages au régime) s'efforcent de salir et discréditer, a eu le courage de se dresser contre la réalité communistes en opposition totale, souvent, avec les théories développées par la propagande ou encore les principes dans la Constitution des pays communistes. § Une phrase de Milhailov mérite d'être méditée, celle où il affirme qu'à la suite de ces persécutions, «il a perdu beaucoup
Le Bulletin du Centre national d'information No 153, octobre 1966, page 6
Djibouti et les communistes. Le 25 août 1966, de Gaulle commençait un voyage de charme destiné, en partie, à flatter le tiers-monde. Malheureusement, à Djibouti, des incidents sérieux ternissaient singulièrement un périple que d'aucuns imaginaient triomphal.
Afrique: mainmise chinoise confirmée. Un membre du Comité révolutionnaire du Mozambique, Frank Chiteji, représentant ce comité, vient de démissionner et fait des révélations très intéressantes sur la vraie situation des révolutionnaires au Mozambique.
Le Bulletin du Centre national d'information No 153, octobre 1966, page 7
Leur «Chine de l'espoir» Voici Caliban: rouge et «culturel». Certains communistes ou communisants notoires d'ici étaient revenus, ces dernières années, particulièrement triomphants de la Chine de Mao. D'autant plus triomphant que le gouvernement communiste chinois savait recevoir et réglait sans barguigner la lourde de ces beaux voyages exotiques. [
] La Chine était déjà un vaste camp de concentration pour les corps. Avec une logique rigoureusement communiste - mais avec trop de hâte pour ceux qui nous jouent actuellement la farce du «communisme libéral» - les dirigeants chinois veulent élever les barrières concentrationnairs jusqu'au niveau de l'esprit.
Un nouveau livre de Suzanne Labin: menaces chinoise sur l'Asie. Bien sûr, la menace communiste reste le fil conducteur. Mais autour, que d'incursions pénétrantes et captivantes, dans les moeurs et les coutumes, les préjugés, les écrasants problèmes religieux, raciaux, linguistiques et économiques de ces pays fameux
Le Bulletin du Centre national d'information No 153, octobre 1966, page 8
Economie soviétique: L'URSS est-elle un super-grand? par Lucien Laurat. En octobre 1965, Le Monde publiait un article intitulé Il n'y a qu'un «super-grand» dont l'auteur, René Dabernat, déclarait sans équivoque que la réputation de l'URSS comme super-grand No 2 était surfaite entre autres
Le Bulletin du Centre national d'information No 154, novembre 1966, page 1
Dix ans après: Les incompatibilités par Marc-E. Chantre. Suzanne Labin nous fait part avec son habituelle lucidité des réflexions qui lui viennent à l'esprit au moment du Xe anniversaire de l'insurrection nationale du peuple hongrois. On aura remarqué sans peine, en Suisse comme ailleurs, qu'il y avait loin de la ferveur dans le soutien de la cause des insurgés, en 1956, aux commentaires incertains qu'on a vus apparaître cette fois-ci dans certains milieux de la «grande information». Devant la répression communiste, voici 10 ans, des progressistes auxquels la presse nationale donnait généreusement la parole (car elle n'est hélas pas très ménagère de son affection pour ceux qui (se) trompent régulièrement sur la vraie nature du communisme). [
] Cette atmosphère de collaboration avec le communisme, si elle est loin d'emporter l'adhésion des milieux les plus larges de la population qui restent justement hostiles à l'oppression rouge, n'est pas sans influencer grandement certains hommes politiques ou certains commentateurs excessivement soucieux de se conformer à ce qu'ils croient être la dernière mode politique. Pour tous ceux-ci, la commémoration du Xe anniversaire venait rappeler mal à propos que les «offensives du sourire» les mieux agencées et la «libéralisation» à la manière totalitaire peuvent fort bien s'achever, si les «exigences supérieures de la révolution» le veulent, dans la répression et la guerre.
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Le Bulletin du Centre national d'information No 154, novembre 1966, page 2
Dix ans après: Les incompatibilités par Marc-E. Chantre. La deuxième thèse tend à légitimer, d'un point de vue dit «objectif», l'intervention soviétique. Devant l'insurrection, «l'URSS ne pouvait pas ne pas se sentir menacée». On remarquera tout d'abord combien cette thèse contredit la précédete, avancée par les mêmes. Car, ou bien la révolte hongroise n'avait aucun caractère anticommuniste, auquel cas la Hongrie restant dans l'orbite communiste, on ne voit pas en quoi elle aurait constitué une menace pour l'URSS? Ou bien elle avait ce caractère anticommuniste auquel cas l'URSS n'était pas menacée en tant que pays, mais bien en tant que garante de l'ordre communiste qu'elle impose dans les pays satellites. Accepter cette thèse reviendrait, du même coup, à reconnaître à l'URSS, sous prétexte de la solidarité des partis communistes, un droit d'intervention généralisé pour maintenir au pouvoir, dans n'importe quel pays, un gouvernement communiste aux prises avec la majorité populaire qu'il opprime.
«Champ libre» TV: la mémoire d'un révolutionnaire. Le récent «Champ libre» (lundi 17 octobre 1966) consacré par la Télévision romande à Jules Humbert-Droz, ancien fonctionnaire de l'Internationale communiste
[ndlr: du protestantisme à l'horreur du communisme par un ennemi du peuple soviétique, larbin de Staline malgré un rideau de brouillard visant à faire croire à un faux anti-conformisme, un comble! Evidemment, pas un mot sur le pacte germano-soviétique respecté par Staline qui mit le Komintern au service de Hitler, Humbert-Droz, Nicole y compris!]
Le Bulletin du Centre national d'information No 154, novembre 1966, page 3
Les communistes suisses entre eux: il y a des barons à l'extrême-gauche. Il semble bien, en étudiant les résolutions du IIIe congrès du Parti communiste suisse que cette formation dissidente du Parti du Travail, une fois de plus une nouvelle ligne politique. L'«Etincelle» (septembre 1966) commente ainsi le revirement du PCS envers les Chinois
[ndlr: ce Parti communiste suisse est la 3e mouture, en 2010, la 7e est «La Gauche» qui sera un nouvel échec programmé: toujours un troupeau de psychotique manipulé par une poignée de psychopathe!]
Que savez-vous de l'Asuco? Nous nous étions faits l'écho des difficultés rencontrées par «Suisse-URSS» et sa filiale commerciale ASUCO. [
] Ces temps derniers, l'ASUCO fait une campagne de propagande en Suisse romande, sans référence quelconque à la Société «Suisse-URSS»
«Objectivité» historique. Khrouchtchev: inconnu. La «libéralisation» du communisme soviétique ne développe pas les effets qu'en attendaient témérairement certains. On continue, en effet, en URSS, à épurer rétrospectivement les dirigeants qu'on encensait hier. Ainsi en est-il de Khrouchtchev dont le nom a totalement disparu de la nouvelle «Histoire du Parti communiste d'URSS» parue en septembre dernier. Si Khoruchtchev sort de cette «histoire». Trotski y fait sa rentrée, mais pour voir la liste de ses erreurs dûment dressée. Staline, lui, est mentionné de façon anodine comme si l'on pouvait taire le rôle dirigeant, durant plus d'un quart de siècle, d'un criminel de ce calibre.
Le Bulletin du Centre national d'information No 154, novembre 1966, page 4
Pour le dixième anniversaire de la révolution hongroise par Suzanne Labin. Grâce à la magie des chiffres, le 10e anniversaire de la révolution hongroise prend une résonance particulière et je m'en réjous. Mais en réalité, le souvenir de la révolution hongroise devrait être permanent. Si nous savions lire notre temps, la révolution hongroise constituerait une référence universelle. Elle devrait être aussi présente à tous les moments de nos réflexions et de nos émotions que le concept même de liberté, dont elle fut dans notre siècle la plus pure, la plus complète et la plus marquante. Comme toutes les révolutions authentiques, celle d'octobre 1956 en Hongrie fut d'abord un éclatement de vérité. Les combattants hongrois ont déchiré à jamais le mythe du caractère populaire et progressiste du communisme. C'est précisément parce qu'eux étaient le peuple, parce qu'eux étaient le progrès, qu'ils ont dû abattre un système qui, à l'antipode de l'image qu'il répand de lui-même, s'est avéré beaucoup plus oppressif, plus exploiteur, plus obscurantiste - plus incapable de surcroît - que tout autre système social connu depuis mille ans
Le Bulletin du Centre national d'information No 154, novembre 1966, page 5
Armes soviétiques: envois massifs. «Selon des sources bien informées à Moscou, disaient ces nouvelles, l'Indonésie devrait à l'URSS environ 4 milliards de francs pour l'équipement militaire et quelque 1,8 milliard pour l'aide économique. Il est bon de placer ces chiffres sous les yeux des «partisans de la paix», le montant des livraisons militaires soviétiques à l'Indonésie représentent plus du double de celui de l'aide économique: voilà qui illustre bien que si l'URSS est incapable d'exporter du blé, des denrées alimentaires ou des produits finis en suffisance, elle est, en revanche, en mesure de parsemer le globe de ses productions militaires.
Cuba: la «libération» des travailleurs. «L'encadrement des masses» se poursuit à Cuba. Cette fois-ci, se sont les syndicats qui sont entrés dans la dernière phase de l'asservissement au pouvoir communiste. De 1960 à 1962, de nombreux dirigeants syndicalistes avaient déjà été victimes d'arrestations et d'exécutions, afin de permettre aux communistes de prendre leurs places au sein de la Confédération des travailleurs cubains. Le 25 août dernier. le congrès de la Confédération s'est plié à la décision de la «commission d'organisation» de modifier les structures
§ Ces pratiques oppressives n'empêcheront pas les progressistes d'ici et d'ailleurs de considérer Cuba comme une «terre de liberté»
Moyen-Orient version chinoise. Le Moyen-Orient est devenu une zone où l'offensive de la subversion se fait de plus en plus menaçante. Si les Soviétiques semblent mettre l'accent sur les livraisons d'armes et les relations avec les groupes dirigeants, les Chinois, eux, s'efforcent de développer l'agitation et la propagande au sein des masses.
Le Bulletin du Centre national d'information No 154, novembre 1966, page 6
Trois mois de travail révolutionnaire: faits à méditer. Juin à Genève: session du Conseil mondial de la Paix. § De tant d'entreprises diverses, le communisme attend la neutralisation progressive de la volonté de résistance des hommes libres par le sentiment de l'inutilité de la lutte contre un adversaire multiforme et omniprésent. Il importe donc d'informer sans cesse nos concitoyens de la nature factice des «mouvements d'opinion» créés par le parti, entretenus par lui, pour établir un climat favorable au déclenchement du processus révolutionnaire. Il importe aussi d'empêcher que le communisme puisse prendre dans les filets d'une propagande camouflée des hommes, qui, sans ce subterfuge, n'accepteraient jamais de collaborer à l'instauration d'un régime d'oppression.
Le Bulletin du Centre national d'information No 154, novembre 1966, page 7
A Neuchâtel: le POP n'est pas sans aveu. Dans tous les pays, la question du «front populaire» est débattue. Cette simultanétité provient, justement, du fait que ce sont les communistes qui, pour des raisons tactiques visant à briser l'isolement qui les gêne et fait échec à leurs projets, ont pris l'initiative de mettre cette question à l'ordre du jour.
Economie soviétique par Lucien Laurat. Dans le système Liberman, on permet enfin au marché - dans les branches indiquées - de déterminer s'il y a profit ou non. Sans marché, il impossible de le savoir. [ndlr: Laurat a pourtant démontré que dans le régime soviétique qui a détruit le marché que l'état qui achète le blé aux kolkhozes le revend 10 fois son prix!]
Le Bulletin du Centre national d'information No 154, novembre 1966, page 8
Economie soviétique: Y a-t-il rapprochement ou «convergence» entre l'est et l'ouest? par Lucien Laurat. Depuis que les dirigeants soviétiques s'engagent plus résolument dans l'expérience dite de «libéralisation» en l'étendant à un nombre croissant d'entreprises, les voix se multiplient en Occident qui nous prédisent que ce cours nouveau aboutira à un rapprochement des deux systèmes économiques et par là-même à des convergences plus générales sur les plans politique et diplomatique. La «détente» y gagnera et la grande angoisse qui accable le monde sera appelée à se dissiper.
Le Bulletin du Centre national d'information No 155, décembre 1966, page 1
Le dragon dans le moteur par Marc-E. Chantre. Une mesure d'expulsion récemment prises contre F. N. Andersson, ressortissant suédois, animateur d'une officine communiste chinoise à Lausanne, Editeur de façade, cet émule des «gardes rouges» avait su cultiver, entre deux projets de chambardement, ceraines amitiés progressistes
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