En résumé:

[1] Blocher serait Un chef de bande?

[2] dans un président qu'on imagine difficilement en rassembleur. L'UDC recueille 25% des suffrages, elle n'est donc pas rassembleur!

[3] L'UDC, qui dessine déjà pour son leader charismatique l'auréole du martyr, ne peut que faire son miel de cette offensive, qui s'inscrit parfaitement dans ses schémas tactiques. Alors ceux qui calomnient l'UDC en la traitant de fasciste sont des imbéciles car ils font le jeu de ce parti! Critiquer une action tout en la faisant, l'art de la duplicité!

[4] on ne voit plus très bien comment les ouailles du président Ueli Maurer pourraient s'y montrer beaucoup plus nuisibles qu'elles ne le sont déjà dans la majorité. Les députés de l'UDC seraient nuisibles!

[5] sauver le système actuel de concordance boiteuse. Le journaliste ne supporte que le gouvernement soient composés de représentants de divers partis. Il prèfère le régime avec parti unique comme dans les états fascistes.

Arrêtons-là: D.S. Miéville EST UN VRAI FASCISTE.

Et le Temps fait ensuite l'apologie de Andreas Gross, l'homme qui veut faire tomber Christoph Blocher.


Christoph Blocher peut-il être président de la Confédération?

Christoph Blocher. [1] Un chef de bande peut-il être président de la Confédération? Photo: Keystone

POLEMIQUE. Beaucoup de Suisses risqueraient de ne pas se reconnaître [2] dans un président qu'on imagine difficilement en rassembleur. Faut-il alors le priver de cette fonction, la réflexion est lancée.

SUISSE Le Temps D.S. Miéville Lundi 27 août 2007

L'état de quasi-somnolence qui a caractérisé jusqu'ici la campagne pour les élections fédérales du 21 octobre prochain ne va pas durer. Avec la rentrée, le débat devrait rapidement prendre un rythme plus soutenu et un ton plus vif. On peut même s'attendre à ce que cette campagne pour l'élection au Conseil national et au Conseil des Etats soit plus disputée que jamais et fasse l'objet d'un volume d'animation médiatique encore jamais atteint.

Cette perspective a un côté paradoxal, puisqu'un très large consensus règne sur l'anticipation d'un large statu quo. A première vue, la composition du Parlement ne devrait pas connaître de changements majeurs et ses grands équilibres devraient rester les mêmes. La poussée, attendue, des Verts, ne sera pas suffisante pour modifier les rapports de force.

• Un martyr potentiel

Le fait que le résultat soit pratiquement couru d'avance promet d'encourager un phénomène dont on peut déjà observer les premiers signes. Faute de véritables enjeux en ce qui concerne la composition du parlement, le débat est en train de glisser sur un terrain parallèle.

A en juger par le climat ambiant et par ce qui paraît programmé dans les jours et les semaines à venir, la thématique de la campagne menace de se focaliser sur une question, à laquelle le scrutin du 21 octobre ne va apporter aucune réponse, «faut-il ou non expulser Christoph Blocher du Conseil fédéral?» [3] Livres, libelles, interventions et injonctions en tout genre vont rivaliser dans l'exhortation à exclure le tribun zurichois du collège gouvernemental, avec sa complicité objective et celle de son parti. L'UDC, qui dessine déjà pour son leader charismatique l'auréole du martyr, ne peut que faire son miel de cette offensive, qui s'inscrit parfaitement dans ses schémas tactiques. Elle lui permet de rassembler ses troupes autour du chef assiégé et de menacer les assiégeants des foudres d'une opposition apocalyptique s'ils parvenaient à leurs fins.

• Un opposant qui effraie

Christoph Blocher peut toutefois dormir sur ses deux oreilles. Il y a extrêmement peu de chances que ses adversaires, qui mêlent des préoccupations d'ordre moral, éthique ou civique à des calculs politiciens et à une réflexion politique sur la recherche d'une nouvelle forme de concordance, parviennent à convaincre plus qu'une honnête minorité du parlement. Pas parce que les autres partis gouvernementaux auraient peur du passage de l'UDC dans l'opposition - [4] on ne voit plus très bien comment les ouailles du président Ueli Maurer pourraient s'y montrer beaucoup plus nuisibles qu'elles ne le sont déjà dans la majorité - mais bien plutôt parce que ni le PS, quoi qu'il en dise, ni le PDC ni le PRD ne sont prêts à gouverner ensemble sur la base d'un programme minimal et qu'ils ont tout intérêt à sauver le système actuel de concordance boiteuse.

Ce sont les mêmes raisonnements que ceux qui ont conduit il y a quatre ans à l'éviction de Ruth Metzler qui militent aujourd'hui pour le maintien de Christoph Blocher.

• Un conseiller fédéral atypique

Ce dernier n'est pas pour autant à l'abri de toute menace, mais celle qui pourrait le guetter est d'une autre nature.

La polémique sur sa présence au Conseil fédéral se double d'une contestation tout aussi vive du fond comme de la forme de la campagne menée l'UDC, qui là aussi joue les victimes, alors que l'on peut imaginer qu'elle s'en félicite. Pour un parti qui fonde sa propagande électorale sur la provocation et la transgression, sinon des lois du moins de la plupart des codes de comportement et des échelles de valeurs généralement admises, c'est tout bénéfice que d'être attaqué et de pouvoir riposter. On risque fort d'être entraînés dans une sorte de spirale où les empoignades, les outrances et les dérapages en tous genres pourraient se multiplier, sans être exclusivement le fait de l'UDC, d'ici au 21 octobre. Il se trouve par ailleurs que Christoph Blocher participe très étroitement, beaucoup plus qu'aucun autre conseiller fédéral ne l'a jamais fait, aux campagnes de son parti, et que leurs images respectives sont intimement associées.

• Un chef de bande

Au lendemain des élections fédérales, l'image de Christoph Blocher, qui n'est déjà pas celle d'un homme d'Etat, risque de s'approcher encore plus de celle d'un chef de bande peu regardant sur les moyens.

Cela ne l'empêchera pas d'être réélu au Conseil fédéral le 12 décembre prochain mais cela nourrira une autre réflexion qui en est encore au stade de la discrète germination.

Un chef de bande peut-il être président de la Confédération, une fonction qui demande de dépasser les intérêts strictement partisans, de rassembler, de chercher le consensus, de compatir, de prendre de la hauteur et du recul, de représenter dignement et sans dérapages la Confédération à l'étranger?

Christoph Blocher promet (Le Matin du samedi 25 août) d'être «dangereux» s'il n'est pas réélu au Conseil fédéral, une décision qui serait - peut-être vaut-il la peine de le rappeler - tout à fait démocratique. L'auteur de ce genre de menace serait-il capable d'être le président de tous les Suisses? Certains ont parfois été vivement critiqués pour leur activité à la tête de leur département, mais aucun président de la Confédération n'a jamais, dans l'exercice de cette fonction, divisé le pays. On peut craindre Christoph Blocher ne le fasse et que nombre de Suisses ne se reconnaissent pas dans un tel président.

Certains pensent depuis plusieurs mois (LT du 21.11.2006) à la question de la présidence, d'autres ont commencé plus récemment à y réfléchir.

Ne pas réélire Christoph Blocher au Conseil fédéral menacerait le système en place. Le juger indigne de la présidence et en tirer les conséquences est une tout autre démarche, qui promet de faire l'objet d'intenses réflexions d'ici au 12 décembre.


Andreas Gross, l'homme qui veut faire tomber Christoph Blocher
Le socialiste zurichois publie cette semaine un ouvrage qui présentera un bilan impitoyable du conseiller fédéral UDC.
Le Temps I Politique suisse: Lundi 27 août 2007 Bernard Wuthrich, Berne

Andreas Gross, conseilller national (PS/ZH). (Keystone)

Faut-il déboulonner Christoph Blocher? Peut-on le réélire au Conseil fédéral le 12 décembre prochain, même si son parti demeure la première formation politique du pays aux élections du 21 octobre? Et si on le réélit, faut-il lui donner accès à la présidence de la Confédération, fonction que l'UDC zurichois devrait occuper en 2009? Ces questions vont occuper le devant de la scène ces prochaines semaines et ces prochains mois. A ce jour, à part les Verts, personne n'envisage sérieusement de ne pas reconduire le ministre UDC. Même si les socialistes, qui semblent trouver en Christoph Blocher un adversaire tellement profilé qu'il leur permet de mieux s'afficher comme force de résistance, hésitent. Tous? Non. Certains songent à le renvoyer du gouvernement. Le chef de file de ce mouvement est le conseiller national zurichois Andreas Gross. Il a réuni autour de lui plusieurs personnalités de gauche et d'ailleurs pour publier un livre commun consacré à Christoph Blocher. Cet ouvrage sort de presse vendredi, mais l'articulation est déjà connue: Andreas Gross et ses amis veulent démontrer que le chef de file de l'UDC méprise à tel point les institutions qu'il ne peut pas rester au Conseil fédéral.

Et Christoph Blocher président?
Ce livre militera donc ouvertement pour son éviction. Il n'est pas le seul à se poser la question. Un autre livre, signé François Cherix, sera prochainement publié; il ira dans la même direction. Et si, d'aventure, Christoph Blocher devait être réélu, d'autres se demandent s'il faut lui concéder la présidence de la Confédération. La question va se poser très rapidement, puisque, le 12 décembre, il devrait être désigné vice-président du Conseil fédéral et ainsi succéder en 2009 à Pascal Couchepin, qui sera président en 2008. Pour la première fois dans l'histoire de ce pays, une question apparaît: les Suisses se reconnaissent-ils dans leur président? En raison du tournus pratiqué jusqu'à maintenant, cette question ne s'est jamais posée. La situation change avec Christoph Blocher. Comment un homme qui a pareillement divisé la Suisse en deux camps peut-il accéder à la présidence de la Confédération, se demandent déjà certains. Le thème va animer les discussions politiques pré et postélectorales, et le livre d'Andreas Gross contribuera à les alimenter.

Retour