Davos, 4 février 1936: L'assassinat de Wilhelm Gustloff par David Frankfurter

“Le Cas Gustloff”

Analyse et Commentaires par Gaston Fonjallaz

A la veille de l'ouverture des débats du procès Frankfurter à Coire il nous a paru intéressant d'examiner brièvement les principaux arguments avancés dans une excellente publication, intitulée « DER FALL GUSTLOFF »

Selon le Dictionnaire historique de la Suisse 26/07/2006 Gustloff, affaire
http://www.hls-dhs-dss.ch/textes/f/F17339.php

Le 4 février 1936 à Davos, l'étudiant juif David Frankfurter assassine Wilhelm Gustloff, chef de la section suisse du parti national-socialiste allemand (NSDAP), déclenchant ainsi l'affaire dite G. L'attentat eut une large résonance. Le NSDAP fit de Gustloff un martyre et prit prétexte de son assassinat pour inciter à la haine antisémite. La propagande allemande élabora la thèse d'une "complicité de la presse suisse haineuse", instigatrice de l'attentat. Le Conseil fédéral contesta une telle implication, mais décida d'appliquer plus strictement les lois sur la presse et interdit formellement les directions nationale et locales du NSDAP en Suisse. Il toléra cependant l'existence de l'organisation.

Bibliographie
-E. Ludwig, P. Chotjewitz, Der Mord in Davos (Le meurtre de Davos), 1986
-R. Lyssy, Die Konfrontation - Das Attentat von Davos, [film], 1974
-P.-T. Braunschweig, Ein politischer Mord, 1980
-Publ. CIE, 18, 232-237
Auteur: Ruedi Brassel-Moser / AN

No 1
Frankfurter, David
http://www.hls-dhs-dss.ch/textes/f/F27979.php
9.7.1909 à Daruvar (Autriche-Hongrie, auj. Croatie), 19.7.1982 à Tel-Aviv, isr., Austro-Hongrois, Israélien en 1948. Fils de Moritz, grand rabbin. F. grandit dans une famille juive orthodoxe très stricte. Il étudia la médecine à Vienne, Leipzig, Francfort et dès 1933 à Berne. Le 4 février 1936, il assassina à Davos Wilhelm Gustloff, chef des organisations nazies en Suisse. Le gouvernement national-socialiste utilisa cet acte à des fins de propagande antijuive et en profita pour porter de violentes attaques contre la Suisse. Le procès qui se tint à Coire eut un retentissement international. Reconnu coupable de meurtre le 14 décembre 1936, F. fut condamné à dix-huit ans de réclusion et à l'expulsion à vie. Gracié le 1er juin 1945 par le Grand Conseil grison, il partit aussitôt pour la Palestine. En Israël, il travailla au ministère de la Défense. Le Grand Conseil grison n'annula la sentence d'expulsion qu'en 1969.

Bibliographie -E. Ludwig, P. Chotjewitz, Der Mord in Davos, 1986 Auteur: Hermann Wichers / DVU


Saint Gustloff. Le Travail du 23 juin 36 ironise sur “l'ex-Russe blanc Gustloff, exécuté à Davos par une des innombrables victimes du terrorisme hitlérien, est en passe d'être cannonisé.” Pas un mot sur le fait que Gustloff a été victime du terrorisme léniniste, comme des millions de Russes dont une petite partie a pu trouver dans l'exil pour échapper à la terreur rouge déclenchée par le putsch d'octobre. Le quotidien dirigé par Léon Nicole, agent de Staline depuis le printemps 1932, fait la critique de la publication intitulée “Der Fall Gustloff” de Wolfang Diewerge. Evidemment, “Le Travail” oubliera le premier procès de Moscou, dit des 16, commencé le 18 août et qui s’achèvera le 24, les 16 accusés étant immédiatement exécutés. Léon Nicole ne fera pas son grand numéro d'indignation…

La propagande Nazie en Suisse. L’affaire Gustloff, 1936. Auteur: Matthieu Gillabert

En son honneur sera lancé le 5 mai 1937, le « Wilhelm Gustloff », un prestigieux paquebot de la “Kraft durch Freude”


Le procès Hausamann-Bodenmann

“On sait que le capitaine Hausamann, chef de service de la Société suisse des officiers, auteur de la fameuse lettre dans laquelle il traita de “bande” les journalistes de la presse socialiste et de la gauche bourgeoise en leur reprochant d'être “responsables” de l'attentat de Davos, a intenté un procès pour “diffamation” au Conseiller national Bodenmann, communiste, qui avait publié la lettre en question.

Hier a eu lieu, devant la 5e Chambre du Tribunal du district de Zurich, la première audience de ce procès. Bodenmann a déclaré qu'il n'avait pas un mot à retrancher à tout ce qu'il avait publié dans ses commentaires.

Le capitaine Hausamann a déclaré qu'il avait envoyé sa letrre à 32 personnalités, “patriotes convaincus”. Il contesta qu'un des lettres ait pu tomber entre les mains d'une autorité allemande. Mais M. le capitaine n'était pas du tout à l'aise. Il a dit qu'il aurait laissé certains “points”, s'il avait supposé que la lettre serait publiée. Mais il l'aurait tout de même écrite, affirme-t-il!

Après ces aveux de M. le capitaine, chef de presse de la SSO, on se demande comment il veut motiver le délit de “diffamation” dont il inculpe Bodenmann. Ce procès ne manquera certes pas d'intérêts.

“Le Travail” du 16 mai 1935

Le patron des nazis suisses d’origine allemande Wilhelm Gustloff (1895-1936) est assassiné à Davos par David Frankfurter, un étudiant juif, qui rêvait par ce geste de « réveiller son peuple ». En son honneur sera lancé le 5 mai 1937, le « Wilhelm Gustloff », un prestigieux paquebot de la « Kraft durch Freude » (la force par la joie), organisation de loisirs créée par le dirigeant national-socialiste Robert Ley afin de concilier la classe ouvrière. Le navire connaîtra une fin tragique : transportant plusieurs milliers de réfugiés de Prusse orientale fuyant la progression de l'Armée rouge, ainsi que des détenus des camps de concentration de Prusse orientale, il est torpillé par un sous-marin russe le 30 janvier 1945. Selon des études récentes, son naufrage provoqua la mort d'environ 9'343 personnes, ce qui en fait la plus grande catastrophe maritime de tous les temps.

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