![]() |
Le cas Gustloff page 9 à 15 |
Page 9
meurtre. Pour atteindre son but, il créa des troupes -théâtrales dans lesquelles il tenait le plus souvent le rôle principal. On possède de nombreux textes de déclamations signées par lui. Pour compléter le tableau, ajoutons que Langhoff ne manquait pas une occasion de prêcher la révolte armée et que depuis 1928 il prit la parole à l'occasion de toutes les grèves. Nous passons sur d'autres détails et nous arrivons à un autre personnage qui a nom KONRAD HEIDEN et qui a publié un livre au titre prometteur de «Das Leben eines Diktators» (La vie d'un dictateur). Diewerge estime que cet ouvrage a exercé son influence dans un grand nombre de milieux en Suisse parce qu'il donne à première vue l'impression d'être rédigé scientifiquement. Heiden, en réalité, s'est contenté de ramasser toutes les calomnies et injures qu'il ai pu trouvé à l'adresse de Hitler. Un exemple est caractéristique. Dans un certain passage Konrad Heiden affirme que le futur chancelier était si paresseux (sic) que les membres de son parti furent obligés de le confier aux soins d'un officier chargé de lui apprendre à travailler (resic)! Tous les lecteurs impartiaux conviendront qu'il est vraiment extraordinaire qu'une telle paresse ait conduit Hitler au poste qu'il occupe!
Il est triste de le dire, mais il faut reconnaître que Diewerge a parfaitement raison quand il dit que n'AURAIT JAMAIS PARU, dans l'Allemagne du national-socialisme, un livre contenant de pareils mensonges et calomnies contre l'un des dirigeants de la Suisse.
Nous pourrions continuer à suivre l'auteur du «Cas Gustloff» dans son énumération de la littérature anti-allemande. Notre place étant limitée, nous nous contenterons de signaler encore un dernier écrit du genre. Il s'agit de «Das braune Netz» (Le filet brun) qui a paru en 1935 aux «Editions du Carrefour ». Le sous-titre de cet ouvrage, modèle de l'art juif de déformer la vérité, est le suivant: Comment les agents d'Hitler travaillent à l'étranger à la préparation de la guerre. Les auteurs de
Page 10
ce livre citent à chaque instant de nombreuses sources mais, quand on va au fond des choses, écrit Diewerge, on se rend compte que les auteurs cités sont les mêmes que ceux qui ont écrit «Das braune Neitz», Le procédé est fort simple.
Un mensonge est publié dans le «Pariser Tagblatt» et, grâce à une « citation », ce mensonge devient une réalité dans l'ouvrage en question. Les éditeurs n'ont même pas pris la peine de travailler consciencieusement. Sur plusieurs pages, ils donnent la LISTE SENSATIONNELLE des 590 propagandistes, agents, chefs de cellules et espions nazis à l'étranger. Il s'agit en réalité d'une copie de noms relevés sur les journaux du Parti à l'étranger. C'est ainsi que si dans un de ces journaux un chef régional signe un communiqué destiné aux membres de son parti, il figurera automatiquement sur la liste des espions! Ce procédé fait penser à la célèbre phrase du Dr Goebbels: Même s'il le voulait, le Juif ne pourrait pas dire la vérité.
Les détails concernant les organisations du parti national-socialiste en Suisse occupent naturellement une place d'honneur dans «Das braune Netz». Fait troublant, on trouve à la page 144-145 une photographie du poteau indicateur montrant le chemin à suivre pour parvenir à la maison de Gustloff. C'est le même chemin qui a été suivi par le meurtrier Frankfurter, conclut simplement Diewerge.
Les écrivains et journalistes interdits d'Allemagne ne sont pas les seuls à attiser les haines, Ce n'est pas à l'honneur de notre pays que l'on ait autorisé la publication, au nom de là LIBERTE, de n'importe quelle littérature où la pornographie s'allie à là politique dans un but facile à comprendre. Une partie de l'opinion publique a donc été sciemment préparée et entraînée à la haine. Un état d'esprit s'est créé, alimenté par des fonds recueillis par souscriptions publiques, soigneusement entretenu par de grands journaux. Parmi ceux-ci, n'omettons pas de citer la «National Zeitung», de Bâle, feuille à tout pu-
Page 11
blier contre le nom qu'elle porte, pourvu qu'il en résulte un obstacle aux idées nouvelles.
Diewerge exécute en quelques lignes l'ex-correspondant en Allemagne de la «National Zeitung», expulsé de Berlin et qui donna pendant des mois en Suisse des conférences blessantes pour un pays voisin, aux applaudissements d'une foule de gens enchantés de montrer, à distance, un courage civique fort sujet à caution. Courage de neutres, dira-t-on pour s'excuser! Triste tableau de moeurs où l'élément juif trouvera un aliment pour ses passions secrètes.
Après avoir assisté en 1935 à une manifestation militaire à Berlin, Behrens écrivait dans la National Zeitung (18. 3. 35), sous le titre « Zur Stimmung in Berlin », que la foule manifestant sa joie dans les rues ne représentait pas tout le peuple. « Les ouvriers, les petites gens, les prolétaires pensent autrement », parce qu'ils se rendent compte, écrit Behrens, qu'ils feront les frais de la prochaine guerre. Dans un autre article du même journal (22. 3. 35), ce correspondant traite les dirigeants allemands de « mauvais esprits» qui oppriment le peuple par la force.
Nous avons pu lire des remarques tout aussi déplaisantes lors de l'avènement du fascisme italien. L'histoire de ces sortes de campagnes se renouvelle avec le national-socialisme. Quant au nommé Behrens, il appartient à cette catégorie d'hommes qui prennent de singulières libertés avec la vérité. Diewerge rappelle fort à propos que l'expulsé d' Allemagne a été reconnu coupable de diffamation et condamné, sur plainte du Président de la «Presse Suisse Moyenne», à 100 francs d'amende, aux frais de la cause et à la publication du jugement «Bund» du 5.4.36).
Le danger allemand
La propagande ainsi développée visait plus loin. Il s'agissait de persuader les Suisses que leur devoir était de se défendre contre le «DANGER ALLEMAND ». Ce danger
Page 12
peut se résumer dans les trois faits suivants, qui sont consciencieusement examinés et réfutés dans le « Cas Gustloff ».:
1. Annexion de la Suisse allemande;
2. Passage des Allemands à travers la Suisse;
3. Conflits d'ordre confessionnel.
1. - La garantie de l'indépendance de notre pays a été donnée à maintes reprises par le Chancelier, et ceci même à la Chambre. D'autre part, Diewerge donne en clair les DECLARATIONS PRECISES faites à des journalistes suisses par le représentant de Hitler (6.1.34). Il ressort de ces déclarations que les bruits d'une prétendue et future annexion de la Suisse allemande au Troisième Reich sont le résultait d'une propagande anti-allemande. Nous ne sommes du reste pas les seuls à être menacés (!); on a répandu le bruit que les visées de l'Allemagne s'étendaient aussi à des parties de la Hollande, de la Belgique, du Danemark, etc. En réponse à ces rumeurs, les dirigeants du Reich ont tenu à affirmer solennellement qu'aucun Allemand digne de ce nom ne peut penser seulement un instant à toucher à l'indépendance d'un autre Etat.
Concernant la ligne de conduite fixée par le Parti aux Allemands résidant à l'étranger, le représentant du Chancelier affirme que de nombreuses circulaires interdisent à ceux-ci de se mêler de la politique intérieure du pays dont ils sont les hôtes.
En ce qui concerne enfin les organisations politiques similaires au national-socialisme allemand, l'homme politique n'est pas moins précis et catégorique. Son pays, dit-il, observe ce qui se passe à l'étranger et cherche à donner le bon exemple. Si cet exemple est suivi, il ne peut l'empêcher. Mais il tient à répéter que le Reich n'interviendra en aucune façon pour soutenir d'une manière ou d'une autre des organisations politiques autres que ses organisations nationales. Dans chaque peuple, l'Allemagne respecte avant tout sa propre existence.
Page 13
2. - Le passage des Allemands à travers la Suisse en cas de guerre est une question d'ordre militaire. L'auteur qualifie cette idée de stupide, car le Reich a beaucoup plus d'intérêt à savoir son flanc couvert par la neutralité suisse qu'à la formation d'un autre front de guerre. Cette considération est du reste vraie pour tous nos voisins. C'est à la Suisse de montrer qu'elle-même sera en état de défendre son territoire. Nous pensons que là est la clé du problème. Les discussions sur ce sujet ont toujours existé. Portées sur le terrain politique, elles excitent les esprits et sèment la panique.
Dans le même. ordre d'idées, une allusion de Diewerge au scandaleux service volontaire de renseignements FRENA est une constatation dont la Suisse n'a pas lieu de se glorifier. C'est nous qui l'affirmons et c'est bien du camp nationaliste suisse qu'est partie la réaction contre les mouchards et les traîtres. C'est nous qui protestons contre la délation couverte par des autorités de police. Que le modèle soit anglais, peu nous importe. Il est dans tous les cas indigne de notre tradition et contraire à nos moeurs. Soutenir la lâcheté d'un dénonciateur anonyme contre lequel on ne peut se défendre est le signe le plus évident de la décadence de nos institutions. Il est vrai que ces dernières se réclament de la démocratie. Si elles doivent user de pareils procédés, elles sont bien malades.
L'activité de la FRENA s'est étendue en Suisse romande. Diewerge n'en parle pas, mais il se demande comment elle peut se concilier avec la démocratie. Nous venons de le dire. Ajoutons que les crapules sont souvent touchées par la grâce démocratique. Ne voit-on pas les Fronts populaires déclarer qu'ils sauveront la démocratie? Ils sont en train de le démontrer en Espagne. En France aussi, sous la forme de violation du droit de propriété, grèves, occupations de fabriques et... discours de consolation. Ils rendent un fier service à ceux qui n'avaient pas encore compris ce qu'est une démocratie au XXe siècle.
Page 14
3. - Les questions religieuses devraient, selon Diewerge, servir de prétexte à une agitation anti-allemande. On en comprend facilement les motifs lorsqu'on pense qu'elle atteignait les milieux religieux, catholiques notamment, de notre pays en présentant le problème sous un jour tendancieusement exagéré.
Devant ces manifestations la presse allemande, dont le principal organe est interdit en Suisse, n'a pu faire entendre sa voix.
Nous savons en effet que le « Völkische Beobachter », journal du Chancelier Hitler, n'a plus accès sur notre territoire. Une interdiction semblable a frappé le «Reichsdeutsche», feuille d'informations pour les Allemands résidant en Suisse; cette mesure a été prise à la suite d'une interdiction frappant des journaux suisses semblables en Allemagne. Diewerge remarque cependant que les journaux allemands ne se sont jamais occupés de questions internes de notre pays. Pouvons-nous dire la même chose? Certes non. Nous continuons, sans vergogne, à nous mêler des questions internes d'un pays étranger. Nous glorifions un Karl von Ossietzky, traître à sa patrie. Bien mieux encore, 125 de nos PARLEMENTAIRES proposent d'attribuer le prix Nobel de la paix à un homme hors la loi. On voit qu'un Picot voisine un Nicole, un Gorgerat, un Rosselet ou un Oeri pour se mêler de ce qui NE NOUS REGARDE PAS. C'est là une nouvelle manifestation de la neutralité observée par des Suisses, pourtant si chatouilleux lorsqu'un étranger se permet d'émettre une opinion sur nos propres affaires.
La lutte contre le Reich
Gustloff devint, certes contre son gré, la cible de tous ceux qui entendaient atteindre l'Allemagne par le représentant du Fuhrer en Suisse.
La lutte contre l'homme se transforma en une lutte contre le Reich.
Page 15
Diewerge remarque que des milliers d'articles ont été écrits contre Gustloff, que des journaux suisses publièrent jour après jour une série ininterrompue d'articles haineux dans lesquels on n'épargnait même pas la famille de la future victime. Des placards et de gros titres réclamèrent l'expulsion du représentant du national-socialisme allemand. Son cas fut même soumis aux Chambres. En résumé, on s'est efforcé de créer de toutes pièces un cas Gustloff et, par ce moyen, d'atteindre indirectement le nouveau gouvernement du Reich.
La PRESSE a la plus grande part des responsabilités dans cette affaire. Ce qu'elle écrivit dépasse de nouveau les bornes de la neutralité, sinon des convenances. Les Juifs s'en mêlèrent et prirent position. Entre tant d'autres publications, la «Israeilitische Wochenblatt» (25. 10. 35) se distingua par des appels enflammés à la jeunesse juive, véritables provocations qu'une autorité énergique aurait dû arrêter.
Diewerger multiplie des citations qui sont toutes bien représentatives de l'état d'esprit qu'une habile propagande cherchait à créer. Le «Bund» publia, une résolution des jeunes libéraux. La «Berner Tagwacht» et bien d'autres exigèrent l'intervention du peuple à défaut de celle de l'Etat. La «National Zeitung» porta aux nues le CRIME POLITIQUE, ce qui n'étonne pas les gens au courant des faits. Le journal de Bâle appartient à la catégorie des individus pour qui l'Ordre Nouveau créé par les nationalistes est une horreur, un crime, une catastrophe. De la démocratie on parle constamment, mais avec défense pour un nationaliste d'user de la liberté qu'elle s'empresse, par ailleurs, de laisser à tous les politiciens de gauche, internationalistes semeurs de haine et de misères sociales.
Deux feuilles sont particulièrement haineuses. Le « Vorwärts» (20. I. 36) de Bâle somme les autorités fédérales d'agir, d'arrêter et juger Gustloff, accusé de compromettre l'indépendance de la Suisse. Le peuple suisse, peut-on lire, est dans sa grande majorité antifasciste; si les auto