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LE CAS GUSTLOFF
Le peuple allemand a fait d'imposantes funérailles au chef des organisations du national-socialisme en Suisse. Des milliers d'Allemands l'ont accompagné dans son dernier voyage à travers la mère-patrie.
Diewerge constate avec une certaine amertume que plusieurs journaux suisses ont cru devoir faire de l'ironie à ce sujet. Il leur semblait curieux que Wilhelm Gustloff, qui n'était connu avant l'attentat que par quelques milliers de personnes, fut devenu, du jour au lendemain, le héros de toute une nation. Cette ironie, déclare l'auteur, prouve une incompréhension complète de ce qu'il appelle le « cas » Gustloff, car toutes les caractéristiques d'un cas sont réunies dans le tragique événement. La mort a transformé la destinée de Gustloff, elle l'a fait devenir le champion et le réalisateur d'une idée. De son vivant il n'avait fait qu'accomplir son devoir à l'instar de nombreux Allemands résidant à l'étranger. Dans son pays, il n'était connu que des quelques personnes avec lesquelles son travail le mettait en relations. Il portait cependant en lui les mêmes passions et le même dynamisme qui créèrent et fixèrent les destinées de son peuple. Il en est de même dans la nature. Avant que jaillisse l'éclair précurseur de l'ouragan, les nuages s'assemblent lentement. La lueur aveuglante révèle tout à coup à l'homme; les forces irrésistibles et destructives.
Une nuée pleine de menaces assombrissait depuis longtemps non seulement l'activité des organisations nationales-socialistes en Suisse, mais aussi les relations entre les deux pays. La fusillade de Davos a brutalement illuminé
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les décors et fait apparaître les hommes qui travaillaient dans l'ombre.
Pour l'auteur, la chose est claire. Gustloff n'est pas la victime d'un égaré assoiffé de vengeance. Il est tombé en tant que chef et représentant du national-socialisme allemand à l'étranger. Son assassin a été mandaté par une force internationale.
Mais maintenant, constate Diewerge, sa personnalité servira à fortifier les énergies de ses compatriotes à l'étranger. Il ne faut pas parler d'un cas Frankfurter, mais bien d'un cas Gustloff. La nation allemande et son Chef ont honoré en lui une Idée, et son cas permettra de faire la vérité sur la campagne de haine déclanchée contre son pays. L'assassinat de Gustloff doit servir à montrer la distinction entre la pure volonté d'un idéaliste et les actes de haine de ses adversaires.
La Suisse et le IIIe Reich
Ce paragraphe est consacré aux réactions de l'opinion publique à la suite du crime. Les Allemands ont été étonnés et peinés des campagnes anti-allemandes qui prirent naissance à cette occasion. La plupart d'entre eux ne connaissaient notre pays que par le « Guillaume-Tell » de Schiller ou des récits de voyages. Il n'y a donc rien d'étonnant à ce qu'ils aient cru que leur pays pouvait compter en Suisse sur de solides et sincères amitiés, capables de les défendre. Cette opinion, constate l'auteur, était totalement erronée.
Pour Diewerge, les hommes qui exercent une influence néfaste sur notre opinion publique n'ont aucune ressemblance avec les fiers défenseurs de la liberté célébrés par Schiller. Ce sont ou bien des étrangers, ou bien des hommes endormis par plusieurs siècles de paix. Dans cette somnolence, ils se sont fait une telle conception démocratique de l'Etat qu'ils sont immédiatement hostiles à tous les événements politiques qui, chez leurs voisins, semblent exclure leur idéal. Ce sentiment s'exprime publi-
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quement chaque fois que des idées nouvelles paraissent menacer la paix intérieure ou l'existence des libertés établies.
Cette manière de faire nous rappelle les temps où le fascisme italien commençait à faire sentir le poids de son oeuvre de rénovation sociale. Se souvient-on des violentes campagnes déchaînées contre Mussolini, des pronostics prédisant une courte vie à l'Ordre nouveau? Une documentation fort éloquente pourrait s'établir seulement avec les articles publiés lors de l'avènement du fascisme en Italie. Cette même documentation a certainement été prise par nos soi-disant défenseurs de la démocratie, dès le moment où Hitler prit la tête du mouvement.
Pour l'auteur de la brochure que nous analysons, cet état d'esprit est le résultat d'une très habile propagande. Par les écrits et la parole on a fait croire à un grand nombre de nos compatriotes que le IIIe Reich songeait à annexer la Suisse, pour en faire une province dépendante du pouvoir central de Berlin. On a assisté chez nous aux mêmes réactions que celles qui purent être observées en Autriche où la question de l'Anschluss paraissait devoir prendre une tournure inquiétante. Il y a même des personnes qui croient que le gouvernement allemand entendait s'immiscer dans les affaires intérieures de notre pays.
Nous sommes parfaitement d'accord avec Diewerge lorsqu'il écrit que le Reich a reconnu la pleine souveraineté de la Suisse. Il rappelle avec raison que le Chancelier Hitler ou son représentant ont à maintes reprises déclaré officiellement que le national-socialisme n'était pas un article d'exportation. Les libertés démocratiques de la Suisse ne sont pas menacées, quoi qu'en disent les innombrables émigrés qui séjournent chez nous. Il n'y a personne d'assez orgueilleux en Allemagne pour oser prétendre imposer le nazisme en Suisse; personne non plus pour prétendre faire procéder à des réformes politiques sur le terrain cantonal. L'auteur conclut en démontrant que si certains mouvements de rénovation se sont parfois ins-
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pirés de l'Allemagne, ceci ne peut être reproché ni au Ille Reich, ni au national-socialisme.
Les émigrés conduisent le bal
Dans ce paragraphe, Diewerge rappelle la véritable invasion des émigrés allemands en Suisse et situe d'une façon sincère la position prise par notre pays pendant la guerre, Les sympathies de nos compatriotes penchaient nettement pour l'Entente. Mas c'est surtout depuis l'avènement de Hitler que commença une campagne systématiquement anti-allemande. Les émigrés réfugiés chez nous y apportèrent leur argent, se firent éditeurs, écrivains, acteurs, directeurs de théâtre, etc, Ils purent ainsi distiller leur haine à satiété, Une certaine presse et une abondante littérature se firent l'écho de sentiments qui n'auraient pas dû être les nôtres à l'égard du Ille Reich.
Pour l'auteur, ces campagnes sont inspirées par une tactique typiquement juive, Il rappelle un passage de «Mein Kampf» dans lequel Adolphe Hitler constate que les Juifs savent employer pour chaque pays les armes qui, du fait de la mentalité du peuple, leur permettent d'atteindre les meilleurs résultats. C'est ainsi, écrit Diewerge, que les émigrés ont fait passer la Suisse pour le dernier bastion de défense de la démocratie!
Le peu de sympathie qu'éveille le national-socialisme chez nous n'étonne pas outre mesure l'auteur du « Cas Gustloff ». Il constate simplement, et une fois de plus, que cette orientation politique est destinée à l'Allemagne et non pas à la Suisse. Il reconnaît que notre pays semble vouloir se contenter des cadres vieillis de la démocratie et il ne méconnaît pas les difficultés qu'un changement pourrait soulever du fait de la division tripartite du pays, Il signale aussi qu'une question raciste en Suisse éloignerait une foule de propriétaires d'immeubles et serait sensible pour nos banquiers.
Mais toutes les considérations sont, de l'avis de l'auteur et du nôtre, notablement insuffisantes pour permettre la
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propagation d'une honteuse campagne de provocation.
Un article lu dans la «Neue Basler Zeitung», du 7 février 1936, illustre dette situation. Après avoir souligné l'importance de la campagne anti-allemande depuis 1933, ce journal examine les résultats. Il arrive à la conclusion qu'une très grande partie de nos concitoyens croient faire oeuvre pie et patriotique en critiquant le IIIe Reich et en soutenant son boycott économique (!).
Une grande partie de la presse suisse a pris position dans les questions politiques, religieuses et sociales de la nouvelle Allemagne. L'interprétation donnée au livre du Chancelier Hitler, « Mein Kampf », a permis de se rendre compte de la mentalité d'un grand nombre de journalistes en face d'une politique nettement orientée contre les destructeurs de notre civilisation, notamment contre le communisme. Des journaux satiriques ont répandu sur le compte du Chancelier des légendes que des publications se chargèrent d'illustrer avec un sans-gêne qui devait certainement blesser les sentiments de nos voisins. Cette campagne systématique a été couronnée par la diffusion de livres particulièrement tendancieux, la plupart du temps d'inspiration communiste et qui ne font pas honneur à leurs auteurs. Dans sa brochure, Diewerge fait allusion à la campagne très souvent haineuse du « Nebelspalter» et aux livres du Professeur BANSE, qui sont destinés à « prouver» les intentions belliqueuses de l'Allemagne.
Remarquons simplement que, au lieu de rechercher quinze ans en arrière les causses du changement intervenu dans le Reich, cette presse, par parti-pris, n'a fait que critiquer sans raisonner.
La « littérature » des émigrés
La littérature des émigrés allemands exerce une profonde influence sur les milieux intellectuels de Suisse allemande. Diewerge estime que l'on ne reconnaît pas les nouvelles valeurs intellectuelles de son pays. Pour preuve, il cite les ouvrages qui sont exposés bien en vue par nos
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libraires. Tout d'abord toutes les oeuvres de MANN, GLAESER, etc. A côté de «Deutscher Bartholomäusnacht» (La St-Barthélemy allemande!) du Dr Otto Strasser, on trouve le: « Hitler» de Olden ou « Sein Kampf» de Irène Harand. Toujours d'après l'auteur, «Mein Kampf» et «Mythos», de Rosenberg, ne se trouvent que dans quelques grandes librairies et leur présentation ne frappe pas le regard des passants. Enfin, les librairies catholiques propagent des ouvrages traitant du conflit entre l'Etat allemand et l'Eglise.
Un livre pour lequel on a fait une grande publicité en Suisse est celui de LANGHOFF, intitulé « Die Moorsoldaten» (Les troupes noires).
Le battage fait autour de ce livre est la preuve des procédés employés pour tromper le public. La mise au point de Diewerge vient à son heure et jette un jour singulier sur l'activité de la propagande communiste.
Pour les partisans de Langhoff, ce dernier a été victime d'odieuse injustice. Il a toujours vécu en paisible citoyen et, de plus, c'était un artiste de valeur. Le nouveau gouvernement allemand l'a fait arrêter et condamner après un semblant de jugement. L'action de son livre se passe dans un camp de concentration et tous les personnages décrits sont des communistes convaincus. Langhoff lui-même laisse croire qu'il a été surpris par les événements, puisqu'il ne s'était jamais occupé de politique. C'est à peine s'il avertit son lecteur, qu'il avait parfois offert ses talents d'acteur à des « organisations ouvrières ».
Voici maintenant l'autre son de cloche. Langhoff fut un communiste de la pire espèce. En 1929, après l'interdiction des Fronts de Combat Rouges, ceux-ci se muèrent en section d'éducation ouvrière; notre communiste prit la direction de celle du district du Bas-Rhin. Non content de cela, il était encore l'un des dirigeants des organisations ouvrières et révolutionnaires d'Allemagne. Ce « paisible bourgeois» se distingua particulièrement en excitant ses jeunes compatriotes à la lutte de classe et au