Journal de Genève, 17 juin 1932 «Le geste d'un fou vis-à-vis de M. Musy. Lorsqu'il quittait le Palais fédéral où il avait assisté aux Etats à la discussion sur le blé, un individu l'aborda. celui-ci prononça quelques paroles incohérentes, quelque chose comme: "J'en ai assez", puis braqua un revolver sur le conseiller fédéral. M. Musy put se garer et l'homme s'enfuit. Il fut appréhendé aussitôt et conduit au poste. Il s'agit d'un certain Schoch, ancien marchand de blé.
«Au Palais fédéral, on se montre douloureusement surpris de cet incident, qui, heureusement, n'a pas eu de suite, mais qui n'en montre pas moins à quoi un cerveau déséquilibré peut être conduit par les attaques auxquelle certains croient devoir se livrer à journée faite contre le chef des finances fédérales. Ces temps derniers, la presse socialiste s'est montrée particulièrement violente. C'est un avertissement qu'il serait bon de ne pas négliger.
Trouver un exalté, un "cerveau déséquilibré" pour liquider un adversaire, les services secrets bolchéviks et d'autres connaissent la musique. C'est même un classique: Jean Jaurès tué au bon moment par un fou qui sera libéré rapidement, Gurgolov tire le 6 mai 1932 contre le président Doumer, et l'attentat d'Ali Agça contre Jean-Paul II le 13 mai 1981, décidé à Moscou sans aucun doute. Dans ce cas-ci, cette tentative vise Jean-Marie Musy, un adversaire courageux et déterminé du Komintern, la bête noir de la gauche socialo-communiste, à 3 jours d'une émeute organisée à Zürich par la section suisse de l'Internationale communiste, le PCS: tout cela fait beaucoup pour une étrange coïncidence!